Afghanistan

En dépit de conditions difficiles, les efforts entrepris à travers l’Afghanistan pour vacciner les enfants manifestent des signes de succès.

Une infrastructure médiocre, un terrain difficile et un conflit qui se poursuit rendent les efforts de vaccination en Afghanistan ardus, mais non impossibles.  Regarder dans RealPlayer

 

Par Rajat Madhok

En dépit de conditions difficiles, les efforts entrepris à travers l’Afghanistan pour vacciner les enfants manifestent des signes de succès.

KABOUL, Afghanistan, 7 mai 2013 – Akram, 4 ans, a dû endurer à nouveau un retour pénible de l’hôpital des enfants, un trajet que le jeune garçon a fait plusieurs fois au cours des deux dernières semaines en compagnie de sa mère, Zarghona. Akram a été diagnostiqué comme souffrant de la rougeole, et la maladie l’a affaibli  et lui a donné une forte fièvre. Il est fatigué et n’a plus d’appétit.

Après quelques jours passés à l`hôpital, Akram est revenu à la maison où il a été placé en quarantaine. La rougeole est une maladie extrêmement contagieuse et pourrait facilement se transmettre à ses frères et sœurs. Comme des milliers d’enfants, il a contracté la maladie parce qu’il n’avait pas été vacciné auparavant.

« Je n’ai pas fait très attention quand les agents sanitaires sont venus et m’ont parlé de l’importance de la vaccination, dit Zarghona. Maintenant, je suis très triste de voir mon enfant souffrir. » Elle a juré de faire vacciner les frères et sœurs d’Akram contre la rougeole et d’autres maladies dès que possible.

Nombreux enfants à risque, nombreux obstacles

Akram a de la chance– les médecins ont détecté la maladie précocement et avoir accès à cet hôpital de Kaboul a permis de le mettre sur la voie de la guérison. Mais tous les enfants d’Afghanistan n’ont pas autant de chance. Chaque jour, des enfants sont exposés au risque de contracter des maladies qui peuvent être prévenues, et un grand nombre d’entre eux meurent de la rougeole, de la tuberculose, du tétanos, de la diphtérie, de la polio, de l’hépatite B, de la grippe hémophile de type B ou de la coqueluche. La plupart ont moins d’un an.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Video
Akram, quatre ans, est traité contre la rougeole dans un hôpital de Kaboul. Sa mère raconte qu’elle n’a pas compris l’importance de faire vacciner son enfant jusqu’à ce qu’il tombe malade.

En 2012, près de 2 600 enfants ont été diagnostiqués en Afghanistan comme atteints de la rougeole, tous auraient pu résister au virus s’ils avaient été vaccinés.

La vaccination des enfants rencontre de nombreux obstacles à travers le pays : une infrastructure sanitaire fragile, un relief et un terrain difficiles et un conflit persistant ont tous contribué à entraver les efforts de vaccination. Une plus grande compréhension de la part du public de l’importance de la vaccination et de son caractère parfaitement sûr est aussi une nécessité.

En collaboration avec le Ministère de la santé publique et d’autres partenaires, l’UNICEF lutte contre ces difficultés en organisant une campagne énergique pour atteindre les enfants les plus vulnérables des districts les moins accessibles. Les vaccinations de routine destinées à fournir une couverture vaccinale aussi complète que possible ont été accompagnées d’interventions renforcées comme la Semaine mondiale de la vaccination qui été organisée cette année du 24 au 30 avril.

Élargir les services d’information et de vaccination

Ces efforts renouvelés ont contribué à des progrès réels dans l’amélioration des programmes de vaccination contre les maladies évitables, y compris la polio. Grâce au soutien de l’UNICEF et d’autres partenaires, le Ministère de la santé publique à élargi ses services d’information et de vaccination en augmentant le nombre des centres de vaccination qui sont passés de 870 en 2004 à 1 368 en 2012. Environ 2 700 membres du personnel soignant travaillent dans les services de vaccination à travers l’ensemble du pays.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Video
En dépit d’une infrastructure sanitaire fragile et d’un conflit qui se poursuit, l’Afghanistan fait d’importants progrès dans la lutte contre la rougeole et pour sauver des enfants comme Akram, 4 ans, d’une maladie mortelle mais évitable.

Ces résultats sont prometteurs. Le nombre d’enfants ayant contracté la rougeole est passé de 1 117 cas confirmés pour le premier trimestre de 2012 à 123 pour le premier trimestre de 2 013, une baisse considérable.

La vaccination de routine, clé du succès

La Représentante adjointe de l’UNICEF, Vidhya Ganesh, souligne que la vaccination et le soutien à apporter à la mise en place d’un solide système de soins primaires font partie du programme prioritaire de l’UNICEF. Parlant de la Semaine mondiale de la vaccination, elle explique, « de telles campagnes mondiales renforcent nos efforts pour atteindre jusqu’au tout dernier enfant et nous assurer qu’il ou elle est vacciné, mais notre succès repose sur la vaccination de routine des enfants d’Afghanistan. »

De retour à la maison après une longue journée à l’hôpital, Zarghona s’efforce de mettre Akram, son fils de quatre ans, au lit. « J’ai fait une grosse erreur en ne faisant pas vacciner mon enfant. Mon fils et moi nous avons beaucoup souffert, dit-elle. Je conseille vivement aux parents de ne pas faire l’erreur que j’ai faite. »


 

 

Photographie : immunisation

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