Afghanistan

Le conflit compromet l’accès des organisations humanitaires aux enfants en Afghanistan

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2008/Sahil
La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés Radhika Coomaraswamy (à gauche) et le Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF Louis-Georges Arsenault effectuent ensemble une tournée de cinq jours en Afghanistan.

KABOUL, Afghanistan, 8 juillet 2008 – La semaine dernière, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés Radhika Coomaraswamy et le Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF Louis-Georges Arsenault ont achevé une tournée de cinq jours en Afghanistan.

L’objectif de la mission consistait à inaugurer le système de surveillance des graves violations des droits des enfants affectés par le conflit armé dans le pays. Au cours d’une conférence de presse donnée à la fin de la visite, la délégation a instamment demandé à toutes les parties au conflit de cesser de recruter des enfants dans les rangs de leurs forces armées et a fermement condamné l’utilisation d’enfants comme kamikazes. 

La délégation s’est rendue à Kaboul, Jalalabad et Gardez. Elle a rencontré le Président de l’Afghanistan Hamid Karzai et d’autres ministres du gouvernement ainsi que des responsables de la Force internationale d'assistance à la sécurité, placée sous le commandement de l’OTAN, de l’Opération Enduring Freedom et d’autres encore.

M. Arsenault était le Représentant de l’UNICEF en Afghanistan de 1998 à 2001. C’était sa première visite dans le pays depuis sept ans.

L’accès des organisations humanitaires

M. Arsenault a insisté sur la nécessité de lutter contre la restriction de l’accès des organismes humanitaires à plusieurs régions, notamment dans le sud et dans l’est du pays. Il a demandé à toutes les parties au conflit de permettre aux organismes humanitaires d’intervenir.

« Nous devons avoir accès aux enfants partout dans le pays, c’est le principe le plus fondamental », a déclaré M. Arsenault.

La détention d’enfants dans des installations militaires parce qu’ils étaient soupçonnés de s’être associés à des groupes armés était un autre grave sujet de préoccupation.

« La société civile afghane est particulièrement concernée par ce qu’on a appelé le ‘système Bacha-bazi’ », a dit de son côté Mme  Coomaraswamy. « Cette pratique, qui consiste à associer de jeunes garçons à des dirigeants militaires, doit être éliminée car elle enfreint le droit humanitaire international ».

Progrès en matière d’éducation

L’un des succès en Afghanistan a été obtenu dans le domaine de l’éducation car un nombre élevé d’enfants est scolarisé.

Mais en dépit des succès enregistrés en 2007, on a constaté 228 attaques contre des écoles, qui ont fait 75 morts et 111 blessés. Dans les six premiers mois de l’année, il y avait eu 85 attaques de plus contre des écoles et 10 personnes de plus avaient été tuées et 4 autres blessées. M. Arsenault a qualifié cette évolution de « tendance très inquiétante ».

En septembre 2007, près de 200 écoles dans cinq provinces avaient dû être fermées en raison de menaces à leur sécurité. En mars 2008, plus de six millions d’enfants allaient à l’école dans le reste du pays.

L’UNICEF soutient les écoles « formelles » mais aussi les écoles communautaires qui permettent d’atteindre les enfants vivant dans les zones les plus isolées du pays.

« Jours de tranquillité »

L’Afghanistan est l’un des quatre pays du monde où le virus de la polio menace la population et la plupart des cas surviennent dans les zones où le niveau de violence est élevé.

Dans le contexte de l’organisation d’une Journée nationale de paix le 21 septembre, M. Arsenault a lancé un appel à la création de « Jours de tranquillité », demandant à toutes les parties au conflit de respecter une trêve de manière à ce que les enfants des régions touchées par le conflit puissent être vaccinés contre la polio.

De nombreux organismes humanitaires qui travaillent dans ces zones ne peuvent surveiller directement les projets en cours et doivent compter sur des tiers pour la vérification des activités humanitaires. Dans le sud de l’Afghanistan, l’UNICEF a forgé un partenariat avec huit organisations non gouvernementales pour la surveillance des activités auxquelles contribue l’UNICEF et pour l’aide à la distribution des fournitures d’urgence.


 

 

Audio (en anglais)

Le Directeur du Bureau des programmes d’urgence de l’UNICEF Louis-Georges Arsenault, parle de sa première visite en Afghanistan depuis 2001.
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