Afghanistan

Alors que se déroule la Journée internationale de sensibilisation aux mines, l’Afghanistan reste confronté au problème des mines terrestres

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Un représentant du Programme de lutte antimines pour l’Afghanistan de l’ONU fait un cours à des écoliers sur les dangers posés par les mines.

KABOUL, Afghanistan, 4 avril 2008 – Les mines terrestres ont tué ou blessé plus de 70 000 Afghans au cours des deux dernières décennies et, chaque année, elles continuent de faire des centaines de victimes de plus.

Alors que les Nations Unies commémorent aujourd’hui la seconde Journée internationale de sensibilisation aux mines et pour l’assistance à la lutte antimines, qui se déroule chaque année, les Afghans s’efforcent de mener une vie normale malgré les millions de mines toujours enterrées dans leur pays.  

« Chaque mois, 60 personnes en moyenne sont victimes de mines terrestres ou de munitions non explosées, » explique le directeur des programmes du Centre de lutte antimines de l’ONU en Afghanistan, le Dr Reza Mohammed. « Certaines sont tuées. Certaines survivent mais elles restent estropiées. »

Un obstacle au développement

Pendant trente ans de guerre, des mines terrestres ont été posées dans tout le pays, en quantités bien trop importantes pour qu’elles puissent être répertoriées.

« Il s’agit ici de personnes qui sont retournées [chez elles] après avoir connu la vie de réfugié pendant des années et d’agriculteurs qui veulent cultiver leurs terres, » explique le Dr Reza. « Mêmes les ministères du gouvernement, par exemple le Ministère des transports publics, s’ils veulent construire des routes, ou le Ministère de l’énergie, s’il veut amener l’électricité dans une ville, font des erreurs et ne détectent pas les mines. Ceci constitue un obstacle au développement ou même à la reconstruction de l’Afghanistan. » 

L’ONU soutient des programmes de sensibilisation aux mines dans l’ensemble du pays et plus de 8 500 personnes travaillent pour son programme de déminage. Mais c’est un travail difficile et dangereux. Selon le Dr Reza, plus de 860 démineurs ont été tués ou estropiés depuis 1989, année durant laquelle a débuté le programme.

Initiative pour la santé dans les écoles

La menace permanente que posent les mines est spécialement préoccupante pour les parents.

« Les enfants, curieux comme ils le sont, veulent jouer, toucher et explorer, » affirme Roshan Khadivi, d’UNICEF Afghanistan. « Cela peut être fatal dans un environnement miné de toutes parts. »

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ07-1246/Rich
Rahmatuallah, 14 ans, se tient assis en tenant ses béquilles dans un centre de réinsertion et de rééducation pour les enfants victimes de la guerre soutenu par l’UNICEF, dans la ville de Kandahar, au sud du pays.

L’UNICEF et ses partenaires ont développé un programme appelé Initiative pour la santé dans les écoles afin d’aider les Afghans à éviter les situations pouvant mettre leur vie en péril. Le programme informe et mobilise les communautés afin de les aider à déterminer les lieux sûrs où peuvent jouer les enfants. Jusqu’à présent, l’Initiative a établi 46 zones de jeux exemptes de risques dans les parties du pays où ont été posées un grand nombre de mines, dont 10 dans le sud où se poursuivent de violents conflits.

Le Centre de lutte antimines de l’ONU espère débarrasser l’Afghanistan de 70% de ses mines terrestres et de ses munitions non explosées d’ici 2010 et de la totalité d’ici
2013.

Selon l’ONU, les mines terrestres et les munitions non explosées concernent au moins 78 pays et blessent ou tuent chaque année dans le monde entre 15 000 à 20 000 personnes.


 

 

Audio (en anglais)

Mars 2008 : Roshan Khadivi, de l’UNICEF, explique comment l’Initiative pour la santé dans les écoles offre aux enfants afghans des zones où ils peuvent jouer en toute sécurité
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Le Dr Mohammed Reza, du Programme de lutte antimines pour l'Afghanistan de l’ONU, s’entretient du problème constant que posent les mines terrestres dans le pays.
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