Turquie

En Turquie, les enseignants apprennent comment mieux travailler avec leurs élèves réfugiés syriens

Image de l'UNICEF
© UNICEF Turkey/2013
Une session de formation pour les enseignants syriens s’est récemment tenue à Iskenderun, un quartier de la province de Hatay, dans le cadre du projet de l’UNICEF et de l’Union européenne visant à aider les enfants syriens vivant en Turquie.

Par Tulay Guler

Des enseignants bénévoles syriens – hommes et femmes de tout âge – participent à une session de formation des enseignants afin d’apprendre à travailler le mieux possible avec leurs élèves dans les camps de réfugiés syriens de Turquie.

ISKENDERUN, Turquie, le 11 juillet 2013 – Dans une grande salle de formation, une instructrice demande à un groupe de 200 personnes de prendre un pois chiche dans leur main et d’imaginer qu’il s’agit d’un arbre.

Elle leur demande ensuite de dessiner leur arbre imaginaire sur des feuilles de papier noires. Tous les participants – des enseignants bénévoles syriens, hommes et femmes, plus ou moins âgés – s’attèlent à cette tâche avec enthousiasme en utilisant les stylos de couleur mis à disposition sur les tables.

En accrochant les dessins aux murs apparaît une forêt colorée, composée d’arbres de toutes les formes et toutes les tailles – une forêt d’espoir issue de l’imagination d’un groupe de professeurs vivant dans des conditions très difficiles depuis très longtemps.

Une motivation renouvelée

Cette scène s’est déroulée lors d’une session de formation récente pour les professeurs syriens retenus à Iskenderun, un quartier de la province de Hatay, dans le cadre d’un projet entre l’UNICEF et l’Union européenne pour soutenir les enfants syriens vivant en Turquie.

Les participants, venant des camps de réfugiés syriens de la région, ont marqué une pause dans leur routine quotidienne pour venir apprendre comment mieux travailler avec les enfants qui ont subi les traumatismes multiples des conflits, de la violence et du déplacement. 

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© UNICEF Turkey/2013
Zeynep Turkmen Sandavuc, assistant social et animateur de la session de formation, a affirmé : « il faut maintenir leur motivation dans cet environnement de crise, afin qu’ils puissent aider les enfants qui en ont besoin ».

 « Nous sommes heureux d’être perçus comme des partenaires de la solution, plutôt que simplement comme des personnes dans le besoin », affirme Belkis, 28 ans, enseignante bénévole syrienne de maternelle qui vit avec sa famille dans le camp de Yayladagi 1.

« Honnêtement, notre motivation était presque épuisée », affirme-t-elle. « Cette formation a permis un regain d’énergie, et nous sommes à nouveau motivés ».

Zeynep Turkmen Sandavuc, assistant social et animateur de la session de formation, offre une description frappante de l’importance de la formation des enseignants. « Lorsque l’on embarque à bord d’un avion, on nous dit qu’en cas de dépressurisation, il faut d’abord mettre son propre masque à oxygène avant d’aider les enfants avec les leurs. C’est parce qu’on ne peut aider les autres qu’à condition de survivre soi-même. La situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui nos enseignants est similaire. Leur  motivation doit être maintenue dans cet environnement de crise afin qu’ils puissent aider les enfants qui en ont besoin ».

Sauver l’avenir

Environ 1 500 enseignants syriens travaillent dans les camps de syriens réfugiés en Turquie. Certains ont quitté leur pays il y a deux ans; d’autres ne sont là que depuis quelques mois. Tous disent la même chose : peu importe la difficulté de la situation dans laquelle nous sommes, le fait d’enseigner aux enfants et de les aider nous maintient alertes.

S’adressant aux participants, Ayman Abu-Laban, Représentant de l’UNICEF en Turquie, a souligné l’importance de leur travail. « En enseignant à ces enfants, vous leur apportez non seulement quelque chose d’aussi important que de la nourriture ou un abri, mais vous aidez également à sauver l’avenir de votre pays ».


 

 

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