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| © UNICEF Tunisie/2011/Dhayi |
| Sabeela, 28 ans, et son bébé Mosab, à la maternité de l’hôpital de Ben Guerdane au sud de la Tunisie. L’UNICEF et les autorités de santé tunisiennes s’assurent que les bébés nés de familles migrantes sont enregistrés officiellement. |
Par Ban Dhayi
RAS JDIR, Tunisie, 19 avril 2011 – Sabeela, 28 ans, a pris un risque en fuyant les affrontements de Libye. Étant à un stade avancé de sa grossesse, cette Nigérienne craignait d’accoucher pendant le voyage en bus de sept heures permettant de rejoindre Ras Jdir, au sud de la Tunisie, depuis Tripoli.
« J’ai prié sur tout le trajet jusqu’au camp de Shousha et je demandais aux gens présents dans le bus de prier pour nous », se souvient-elle. « J’avais tellement peur pour mon bébé en pensant à l’avenir incertain qui l’attendait ».
Les soins à la maternité
Toutes ses préoccupations se sont envolées en arrivant au camp de transit de Shousha à Ras Jdir, où elle savait qu’elle aurait accès à des infrastructures médicales et à des soins adaptés lorsque viendrait le moment d’accoucher.
Quelques jours plus tard, le 8 avril, Sabeela a accouché d’un petit garçon, Mosab, à l’hôpital local de Ben Guerdane. Il pesait 3,5 kg. « Que demander de mieux ? » s’exclame Sabeela, allongée dans un lit à la maternité de l’hôpital.
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| © UNICEF Tunisie/2011/Dhayi |
| Emen Methni, psychologue de l’UNICEF, félicite Umaima, 25 ans, pour la naissance sans complications de son bébé Yaseen à l’hôpital de Ben Guerdane au sud de la Tunisie. Umaima avait fui les violences en Libye. |
Non seulement Mosab est en bonne santé, mais mieux encore, il a un certificat de naissance officiel. Ce document crucial est le résultat d’un processus d’enregistrement rendu possible grâce aux efforts conjoints de l’UNICEF et des autorités sanitaires tunisiennes.
Umaima, 25 ans, fait aussi partie de ces jeunes filles qui ont fui la Libye et accouché à l’hôpital. Elle est arrivée au camp de transit géré par les Émirats arabes unis à Ras Jdir quatre jours avant d’accoucher. Elle souffrait d’hypertension et devait accoucher en urgence par césarienne.
Umaima ouvre lentement les yeux à l’hôpital en se réveillant de son anesthésie générale. L’infirmière vient alors déposer le nouveau-né dans un berceau près de son lit. Il pèse presque 3 kg.
« Vous avez accouché d’un beau petit garçon, quel prénom allez-vous lui donner ? », demande l’infirmière. « Yaseen », répond Umaima, fatiguée mais souriante.
Yaseen a également reçu un certificat de naissance, qui permettra maintenant de faciliter le rapatriement de toute la famille au Soudan, leur pays d’origine, dès que le médecin autorisera Umaima à voyager.
Une première étape pour le respect des droits
L’enregistrement d’une naissance constitue la première reconnaissance juridique de l’existence d’un enfant et une étape vitale pour le respect de ses droits. Il permet de connaître son âge, et donc de protéger l’enfant contre le travail des enfants, l’adoption illégale, le service militaire des mineurs, la traite et le mariage forcé.
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| © UNICEF Tunisie/2011/Dhayi |
| Mounera Zagrooba, assistante sociale au Ministère de la santé tunisien, remet des copies des certificats de naissance émis par l’hôpital de Ben Guerdane à un travailleur social de l’UNICEF. |
Dans le cadre des situations d’urgence, les certificats de naissance constituent également un outil précieux pour le suivi des enfants séparés de leur famille ou non accompagnés.
Ne pas être enregistré, c’est ne pas être compté. « La mise en place d’un système d’enregistrement des naissances fondamental pour les nouveau-nés réfugiés représente l’un des engagements principaux pour les enfants dans les situations d’urgence », explique Hela Skhiri, responsable de la protection de l’enfance pour l’UNICEF à Tunis.
« Cela nous permettra aussi de respecter nos engagements internationaux, en particulier la Convention relative aux réfugiés et la Convention relative aux droits de l’enfant ».
Mosab et Yaseen font partie des 14 nouveau-nés ayant reçu des certificats de naissance à l’hôpital de Ben Guerdane depuis que les camps de transit ont commencé à se remplir à la frontière entre la Tunisie et la Libye. Ce bout de papier d’une valeur inestimable leur permettra de prendre un bon départ dans la vie.
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