Tunisie

Des familles de plus en plus nombreuses se réfugient à la frontière tuniso-libyenne pour échapper aux violences qui continuent en Libye

Par Najwa Mekki

RAS JDIR, Tunisie, 14 mars 2011 – Saïda, 6 ans, a vu ses meilleures amies pour la dernière fois avant le début des troubles qui agitent la Libye ; elles n’ont certainement pas la moindre idée que Saïda et ses parents se trouvent aujourd’hui dans un camp à Ras Jdir, à la frontière tuniso-libyenne.

VIDÉO (en anglais) : 10 mars 2011 – Un reportage de l’UNICEF sur le nombre croissant de familles qui traversent la frontière de la Tunisie pour échapper à la crise en Libye.  Regarder dans RealPlayer

 

Malheureusement, Saïda n’est pas complètement étrangère à une vie de migrante ; elle avait à peine huit mois quand sa mère Samia et son père Saïd ont quitté l’Éthiopie - où ils s’étaient installés pour fuir la violence en Somalie – pour s’établir au Soudan.

Deux ans plus tard, la famille prenait à nouveau la route, cette fois pour se diriger vers la Libye. « Nous avions entendu dire qu’on pouvait de là prendre un bateau pour l’Europe, alors nous avons décidé d’essayer, pour chercher à donner un meilleur avenir à nos enfants », explique Samia.

Mais le bateau pour l’Europe n’est jamais arrivé ; depuis, la famille avait commencé à faire sa vie en Libye, jusqu’à ce que la peur et la violence les poussent à nouveau à plier bagage il y a quelques jours.

Des enfants vulnérables

Bien que le nombre quotidien de nouvelles arrivées à Ras Jdir soit resté relativement bas au cours des derniers jours – une moyenne de 2000 personnes comparée à 10 000 au début de la crise – les familles arrivent en plus grand nombre ; elles sont à présent 160 avec 70 enfants. 

Image de l'UNICEF
© UNICEF Tunisia/2011/Ramoneda
Dans le camp de Ras Jdir en Tunisie, Munir qui a tout juste deux mois et sa tante Warda reçoivent de l’aide des travailleurs sociaux de l’UNICEF pendant un examen médical.

Saïda voudrait aller en Europe et vivre quelque part au bord de la mer ; pour le moment elle passe ses journées dans ce camp où la majorité des enfants ont moins de cinq ans.

Munir, qui a juste deux mois, est aussi dans le camp ; sa mère est morte quatre jours après sa naissance prématurée. Il est entré dans le camp il y a quatre jours avec sa tante Warda, son père et quatre autres membres de sa famille.

L’UNICEF a mis en place une équipe de travailleurs sociaux et de psychologues à la frontière afin d’offrir aux familles et aux enfants les conseils et l’assistance dont ils ont besoin. Munir a été amené à un pédiatre travaillant sur place dès son arrivée et a maintenant été transféré dans un hôpital local où il se trouve dans un état jugé stable. 

Approvisionnements supplémentaires

L’UNICEF et l’ONG Save the children sont en train de former une équipe de psychologues supplémentaire afin de disposer d’un nombre de spécialistes suffisant pour assurer un service 24 heures sur 24. L’UNICEF accélère aussi la livraison d’approvisionnements pour faire face à toute augmentation des besoins et pour fournir une aide humanitaire en Libye même quand l’organisation aura reçu l’autorisation d’y entrer. Ces fournitures sont destinées à couvrir les besoins dans les domaines de l’hygiène, de la santé, de l’assainissement ainsi que de la protection et du développement de la petite enfance.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Video
Le camp de Ras Jdir à la frontière tuniso-libyenne abrite plus de 160 familles qui avec leurs 70 enfants s’y sont réfugiées pour trouver de l’aide.

Par ailleurs, des efforts continuent pour aider les près de 135 000 migrants qui ont traversé la frontière tuniso-libyenne à retourner dans leur pays d’origine. Tous les Égyptiens du camp sont maintenant rentrés dans leur pays et des opérations de rapatriement sont en cours pour les quelque 11 000 Bangladeshis du camp.

Mais pour les autres nationalités qui étaient en Libye pour échapper à un conflit dans leur pays – comme les Somaliens et les Érythréens – les épreuves sont loin d’être terminées ; tant que d’autres pays n’accepteront pas de les accueillir, ils seront condamnés à rester dans ce camp – au moins pour le moment.


 

 

Recherche