Tunisie

De jeunes Tunisiens interviennent pour aider les milliers de migrants qui fuient la Libye

Image de l'UNICEF
© UNICEF Tunisie/2011/Ramoneda
Ibtihel, 16 ans (au milieu), et Oussama, 18 ans (à droite), des lycéens tunisiens, distribuent de la nourriture à des migrants en fuite à Ras Jdir, à la frontière entre la Tunisie et la Libye.

Par Najwa Mekki

RAS JDIR, Tunisie, 7 mars 2011 – Alors que la Libye s’enfonce dans la violence, les frontières du pays sont submergées par les migrants en fuite. Au cours des deux dernières semaines, plus de 100 000 personnes ont franchi la frontière entre la Libye et la Tunisie pour retourner vers leurs pays d'origine.  

Dès leur arrivée à la frontière, à Ras Jdir, les migrants sont reçus dans une zone de transit où des bénévoles, le Croissant-Rouge tunisien et d'autres personnes leur remettent de la nourriture, de l'eau et des couvertures. Ils sont ensuite emmenés par autocar dans un camp à 7 kilomètres de là où ils peuvent rester jusqu'à ce qu'ils soient envoyés chez eux. 
Environ 15 000 personnes se trouvent actuellement dans le camp, principalement des travailleurs migrants venus du Bangladesh. Pour assurer la sécurité des familles qui traversent la frontière, l'UNICEF travaille en coordination avec les autorités locales et divers partenaires pour leur offrir conseils, assistance et aide psychosociale.

L'esprit de solidarité

Ibtihel, 16 ans, et Oussama, 18 ans, font partie des lycéens de Zarzis, au sud-est de la Tunisie, qui ont apporté leur aide en distribuant de la nourriture. Avec des camarades, ils ont lancé une opération de collecte de fonds. La réponse a été bien plus importante qu'ils ne l'espéraient.

« Quand les gens ont appris pour qui nous achetions toute cette nourriture, ils ont commencé à nous en donner davantage gratuitement », dit Oussama. 

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Une famille de migrants du Bangladesh – deux grands-parents, la belle-fille et trois enfants – assis à l'intérieur d'une maison, à Ras Jdir, en Tunisie, après avoir fui la Libye.

L'esprit de solidarité dont ont fait preuve les Tunisiens depuis le début de la crise à la frontière a été impressionnante. Les bénévoles, les jeunes comme les plus âgés, ont joué un rôle crucial pour apporter une aide de première nécessité aux migrants, beaucoup d'entre eux étant arrivés après des journées passées sans eau et sans nourriture.

« Nous ne pouvons tout simplement pas rester assis et regarder pendant que les autres autour de nous souffrent », dit Ibtihel. « Notre devoir, c'est de les aider ». 

Avenir incertain

Zennat, 10 ans, est arrivée à Ras Jdir il y a deux jours avec ses grands-parents, ses parents, son frère cadet et sa soeur, un bébé. Ils ont quitté la ville libyenne de Ben Oulid pour le Bangladesh lorsque l'entreprise où son père travaillait depuis 12 ans a fermé et lorsque la situation s'est dégradée.

Le parcours, qui prend habituellement deux heures, en a pris six et leur voiture a été arrêtée à de nombreux points de contrôle. Comme dans le cas de beaucoup d'autres, la carte SIM et la carte mémoire du téléphone mobile familial ont été confisquées.  

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Une migrante somalienne assise dans une tente avec son bébé dans un camp de Ras Jdir, en Tunisie, après avoir fui avec sa famille les troubles en Libye.

Abu Mohammed, originaire de Somalie, est confronté à un avenir encore plus incertain. Il s'était rendu en Libye en 2009 pour chercher du travail. Quand les troubles ont débuté, il a décidé de gagner un endroit sûr avec sa famille et son fils âgé de six mois. 

« J'ai 24 ans et, dans mon pays, je n'ai jamais vu un gouvernement », dit-il. « Je ne peux pas retourner en Somalie mais je ne sais pas vraiment où aller ».

Appel de fonds

Bien que l'afflux quotidien dans le camp ait diminué – il est passé d'une moyenne de 10 000 à 2000 personnes – il est difficile d’évaluer complètement la situation. En Libye, l'accès à l'information est limité et l'UNICEF s'inquiète de l'impact des violences actuelles sur les femmes et les enfants.

Une équipe composée de 14 personnes spécialisées dans les interventions d'urgence est prête à se déployer en Libye aussitôt que les conditions de sécurité s'amélioreront. L'UNICEF est également aussi en train de contacter des partenaires en Libye dont le Croissant-Rouge libyen.


 

 

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