Timor-Leste

Au Timor-Leste, dans la première campagne à l’échelle du pays contre le VIH/SIDA, on dit aux jeunes : « Il est temps d’en parler »

Image de l'UNICEF: Timor-Leste, HIV/AIDS campaign
© UNICEF Timor-Leste/2007/See
Un groupe de jeunes, coiffés de la casquette jaune de la campagne, s’occupent du lancement à Dili de la campagne appuyée par l’UNICEF « Il est temps d’en parler ».

Par Bridgette See

DILI, Timor-Leste, 21 août 2007 – Au Timor-Leste, les éducateurs utilisent des noms de code pour désigner des parties du corps dans le cadre de leurs programmes éducatifs. Ils disent qu’ils sont ainsi moins maladroits lorsqu’ils parlent de la reproduction sexuelle et du VIH avec les jeunes.

« Au début, il y en avait, parmi les jeunes, qui étaient furieux. Ils trouvaient immoral, disaient-ils, d’employer certains mots en public », a raconté Domingos dos Santos, de l’ONG locale Fundasaun Timor Harii. Lui et sa collègue, Amelia Carlos, forment des jeunes à éduquer leurs pairs dans le domaine du VIH – une activité qui bénéficie de l’appui de l’UNICEF.

Mme Carlos a fait remarquer qu’à chaque session seuls de rares jeunes avaient conscience des maladies sexuellement transmissibles. « Lorsque nous montrons des maquettes d’organes génitaux, ils sont terriblement timides. Les filles se cachent le visage dans leurs mains, alors que les garçons ont tendance à lancer quelques plaisanteries », a-t-elle dit.

« Il est temps d’en parler »

Le Timor-Leste ne peut pas éviter plus longtemps de parler du VIH. Sur une île de moins d’un million d’habitants, les cas identifiés de VIH peuvent n’être que la partie émergée de l’iceberg. Actuellement, le dépistage du VIH est limité à trois centres dans la capitale, Dili, aussi n’est-il pas largement accessible à la plupart des gens.

Pour la première fois, une campagne audacieuse, dirigée par le Ministère de la santé, exhorte les jeunes à s’informer sur le VIH/SIDA et, ce qui est plus important, à prendre des mesures préventives. Sous le slogan, « Il est temps d’en parler », cette campagne des pouvoirs publics appuyée par l’UNICEF entre à présent dans son troisième mois, après avoir été lancée sur le plan national en juin. Les 13 districts du pays ont commencé des sessions de formation, des défilés, des programmes de sensibilisation et des actions sur le terrain.

« L’UNICEF considère cette campagne comme une action très importante pour briser le silence sur le VIH et le SIDA », a dit Bridget Job-Johnson, la spécialiste du VIH/SIDA de l’UNICEF Timor-Leste. « Dans le monde entier, l’expérience indique que les jeunes sont particulièrement vulnérables face au VIH. »

Une participation active des jeunes

Rosario (son nom a été modifié), 27 ans, fait partie des nombreux jeunes participant activement à cette campagne. Il a découvert l’an dernier sa séropositivité. À présent, il fait partie, en tant que bénévole, de ceux qui travaillent à cette campagne et il veut partager toute l’information possible afin de prévenir les autres contre le risque du VIH.

« Il y en a tant parmi nous qui ne sont pas bien informés sur le VIH/SIDA et qui sont effrayés », a-t-il dit. « Je veux encourager ceux qui sont séropositifs à suivre un traitement, à s’informer, à éviter d’avoir un comportement sexuel à risque et de partager les seringues. »

Dans le cadre de cette campagne, on a appris à 80 « maîtres formateurs » l’animation d’ateliers sur le VIH réunissant plus de 1 500 bénévoles pour la campagne, lesquels vont transmettre à leur tour les informations à 40 000 jeunes se trouvant dans leurs communautés.

Grâce aux efforts en cours des pouvoirs publics et de leurs partenaires, des mesures de prévention essentielles sont en train d’être prises au Timor-Leste, alors que la campagne d’information contribue à briser le silence sur le VIH/SIDA.


 

 

Campagne contre le SIDA

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