Timor-Leste

L’UNICEF créé des espaces adaptés aux enfants du Timor qui sont toujours déplacés à la suite des troubles

Image de l'UNICEF
© UNICEF Timor-Leste/2007/See
Une fille lit un livre offert par l’UNICEF dans un espace adapté aux enfants à Obrigado Barracks, Dili.

Par Bridgette See

DILI, Timor-Leste, 5 juillet 2007 – Depuis aujourd’hui plus d’un an, Zaquel Pinto, 13 ans, et ses cousins vivent à Obrigado Barracks, un camp pour personnes déplacées érigé sur un parking. Ils ont fui leur domicile en mai 2006, suite à une recrudescence de la violence dans la capitale.

Le parking, qui se trouve à Dili en face des bâtiments des Nations Unies, avait été transformé en un camp pouvant accueillir 7 000 personnes à l’apogée de la crise. Aujourd’hui, environ 800 d’entre elles se trouvent encore ici et des portes en contre-plaqué, des lits et des placards récupérés dans leurs anciens domiciles se sont ajoutés à leurs tentes. Le nombre de Timorais toujours déplacés par la violence est estimé à 100 000,  30 000 d’entre eux se trouvant à Dili même.   

« Cet endroit est vraiment devenu un foyer, une communauté… Mais ce n’est pas par choix, explique Maria Filomena Belo qui fait partie de l’équipe de la protection de l’enfance de l’UNICEF qui vit dans le camp. Beaucoup d’entre eux ont essayé de retourner à leur ancien domicile ou de déménager mais ils sont retournés au bout de quelques semaines parce qu’ils se sentaient menacés.»

Les enfants affectés par la violence

A la suite des troubles de l’an dernier, le Timor-Leste s’est divisé entre les parties est et ouest du pays. Les soldats se sont enfuis dans les montagnes avec des armes où ils restent une menace pour la sécurité, laissant de nombreux Timorais dans l’incertitude quant à l’avenir.

Les enfants n’ont pas été épargnés par la violence. Parce que sa famille venait de l’est, Zaquel a été pris à parti par ses propres camarades de classe et presque failli avoir  l’estomac percé par un coup de couteau alors que, l’an dernier, il essayait de se rendre à l’école.

« Alors qu’il étaient sur le point de me donner un coup de couteau, une femme les a apostrophés et je me suis débrouillé pour m’échapper, se souvient Zaquel. Mais quelqu’un a réussi à m’atteindre à l’estomac avec un crayon et a déchiré ma chemise.»

Aujourd’hui, il fréquente une école dans un quartier considéré comme une zone protégée pour les personnes venant de l’est.

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© UNICEF Timor-Leste/2007/See
Des enfants en train de jouer près d’une tente dans le camp pour personnes déplacées d’Obrigado Barracks, un ancien parking.

«Nous aimons vraiment cet endroit»

Le calme a été rétabli à Dili mais des actes de violence sporadique s’y produisent toujours. A cause des conditions de logement exiguës dans les camps, la maltraitance physique et la violence sexuelle peuvent s’y produire, particulièrement à l’encontre des femmes et des filles.

Pour permettre de réduire ce sentiment d’incertitude et pour protéger les enfants timorais de la détresse psychologique, des équipes de protection de l’enfance ont été mises en place dans des camps tels que ceux d’Obrigado Barracks. Des espaces adaptés aux enfants ont été installés et les enfants ont reçu des équipements de sport et de loisirs. L’UNICEF a offert 161 trousses de loisirs (celles-ci contenant des accessoires comme des ballons de foot, des cordes à sauter et des ballons de volley), 116 boîtes de jeux de construction en bois et 500 marionnettes pour aider les enfants à oublier leur situation stressante.

Récemment, au camp d’Obrigado Barracks, un groupe d’enfants s’est rassemblé à l’ombre d’un grand arbre, dans un espace adapté aux enfants où ils sont surveillés par l’équipe de protection de l’enfance. « Nous aimons vraiment beaucoup cet endroit parce que nous pouvons jouer au volley-ball, chanter et aussi lire des livres », affirme Vitoria Da Costa, 11 ans.

Francisca Amaral, 10 ans, est d’accord. « Nous ne pensons pas tellement à ce qui se passe à l’extérieur quand nous venons ici pour jouer » déclare-t-elle.



 

 

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