Timor-Leste

Un centre de jeunes contribue à la propagation de messages de paix à Dili, Timor Leste

Image de l'UNICEF: Timor’s culture is not war but peace
© UNICEF Timor-Leste/2006/Francis
Un garçon écrit « La culture de Timor ce n’est pas la guerre mais la paix » sur les murs du séminaire de Saint Joseph le Mineur à Dili, la capitale du Timor Leste.

Par Joanna Francis

DILI, Timor Leste, 2 novembre 2006 – Elio Da Costa, 14 ans, s’est reculé de quelques pas afin d’examiner son œuvre, puis il s’est rapproché afin de porter la touche finale. Il était occupé à peindre des messages de paix et de non violence sur les murs du séminaire de Saint Joseph le Mineur, ici, dans la capitale du Timor Leste.

Le mur est à côté du camp où Elio a vécu avec sa famille ces six derniers mois. Il s’agit  d’une famille parmi des milliers d’autres à Dili dont la maison a été saccagée lors de la récente crise.

La plupart des écoles de Dili ont été réouvertes aux élèves en septembre, mais Elio n’est pas retourné en classe car il avait trop peur. Il ne se sentait guère en sécurité du fait des tensions et des guerres de gangs dans la ville – des conséquences de l’agitation qui avait éclaté en avril et mai – ce qui l’avait forcé, lui et d’autres enfants, à éviter l’école.
Ne pouvant se consacrer à des activités scolaires, Elio s’est mis à fréquenter le Forum Comunicações Juventude (FCJ), une organisation non gouvernementale locale financée par l’UNICEF.

Sensibiliser les enfants des rues

Le FCJ est situé en face du camp où Elio habite et qui accueille des personnes déplacées à cause de la violence. Ce centre procure aux enfants vivant et travaillant dans les rues de Dili un abri, des loisirs et une éducation informelle, ainsi que des services d’information et de réunification des familles.

Depuis le début de la crise actuelle, la localisation de ce centre a permis de voir son importance. En effet, il se trouve près du cimetière de Santa Cruz, où des gangs de jeunes s’affrontent souvent pour des règlements de comptes. Les gangs utilisent parfois les terrains du centre pour se cacher et se reposer pendant ou après les bagarres.

Image de l'UNICEF: Children line up along the wall of the St. Joseph Minor Seminary to paint messages of peace and non-violence.
© UNICEF Timor-Leste/2006/Francis
Des enfants sont alignés le long du mur du séminaire de Saint Joseph le Mineur pour peindre des messages de paix et de non violence. Ces messages sont facilement visibles pour les piétons et depuis les voitures qui passent par là.

« Des jeunes créent des problèmes et lancent des pierres », a dit Cipriano Oliveira, le Directeur du FCJ. « Nous en avons peur mais nous voulons les approcher. Eux aussi ont peur ou se méfient de nous ».

Depuis 2001, l’UNICEF apporte son appui au programme de sensibilisation du FCJ, qui propose aux enfants des rues de visiter le centre. Ce programme vise à les protéger contre la violence, les brutalités, la négligence et l’exploitation possibles – des objectifs encore plus essentiels maintenant que beaucoup de jeunes ont été manipulés pour participer aux combats de rue.

Des alternatives positives

C’est pourquoi l’équipe du FCJ a récemment eu l’idée de peindre des messages de paix et de non violence sur les murs entourant le centre – les mêmes murs derrière lesquels les jeunes se cachaient en lançant des pierres sur d’autres jeunes.

L’idée était d’inciter les enfants des rues à agir de façon positive et de les aider à comprendre que le FCJ est un lieu de paix et de réconciliation, non de violence et de division. C’était également l’occasion de s’assurer que des jeunes comme Elio ne rallieraient pas les groupes impliqués dans les actes de violence autour de Dili.

En octobre, le centre a fourni aux jeunes de la peinture et des pinceaux et a invité ceux qui vivaient dans le camp voisin et aux alentours à participer à cette action. En une seule journée, les murs ont été couverts de messages tels que « Arrêtons la violence » et « La culture de Timor ce n’est pas la guerre mais la paix ».

« J’espère que les gens voient ces messages et vont arrêter de se battre », a dit Elio.

« Petit à petit, nous devons faire participer ces jeunes et leur offrir des alternatives à la violence, et nous pouvons lentement instaurer la confiance et la paix », a ajouté M. Oliveira. « Puis ils peuvent persuader leurs amis de venir dans notre centre et d’y avoir des activités pacifiques ».

Bridgette See a également participé à cet article.


 

 

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