Thaïlande

Des enfants thaïlandais dévoilent l’ostracisme dont sont victimes les personnes qui vivent avec le VIH

Image de l'UNICEF: Thailand, HIV/AIDS
© UNICEF Thailand/2007/Thomas
Des enfants thaïlandais qui vivent avec le VIH ou le SIDA jouent une pièce de théâtre où ils expriment leurs espoirs, leurs craintes et leurs rêves.

Par Nattha Keenapan

CHIANG MAI, Thaïlande, 10 juillet 2007 – Sur une scène de l’Art Museum (Musée des Beaux-Arts) de l’Université Chiang Mai, des enfants se sont masqués afin de jouer une pièce intitulée « Qui suis-je ? Qu’est-ce que je fais ici ? » Il n’y avait plus de place assise pour voir cette pièce, qui exprime les espoirs, les craintes et les rêves des jeunes acteurs, des enfants thaïlandais qui vivent avec le VIH ou le SIDA.

« Allons-nous oser ôter nos masques ? » a demandé l’un de ces enfants à ses 24 camarades qui sont sur scène comme lui. « Ne savez-vous pas ce que les gens vont nous faire lorsqu’ils sauront qui nous sommes – ce que nous avons ? Nous ne vivons pas avec une maladie horrible, nous vivons dans un monde horrible. »

Ce spectacle était le huitième exécuté par ces enfants et il marquait le premier anniversaire du montage de la pièce en Thaïlande. « Qui suis-je ? Qu’est-ce que je fais ici ? » s’inscrit dans le cadre d’un projet en cours visant à favoriser les activités créatrices de quelque 400 enfants thaïlandais, âgés de 10 à 16 ans, qui vivent avec le VIH ou le SIDA

Utiliser les arts pour instaurer la confiance

Le projet, qui bénéficie du soutien de l’UNICEF, a été lancé en 2003 et il est géré par le We Understand Group (le Groupe Nous comprenons), une organisation non gouvernementale. Ce programme a recours au dessin, à la peinture, à la photographie et à l’art dramatique pour donner confiance aux enfants et les aider à surmonter la discrimination dont ils sont victimes dans leur vie quotidienne.

« Dans cette société, les gens ne comprennent pas encore suffisamment le VIH/SIDA », déclare la Coordonnatrice du projet pour We Understand, Chutima Saisengjan.  « Les enfants thaïlandais qui vivent avec le VIH ou le SIDA souffrent encore beaucoup d’une discrimination qui est due à ce manque de compréhension. Pour lutter contre cela, nous nous sommes aperçus qu’on pouvait avoir recours aux arts. »

Mme Saisengjan a constaté des changements frappants dans le comportement des enfants au fur et à mesure de l’avancement du projet. L’attitude des jeunes acteurs à la fin de la pièce montre qu’ils prennent confiance en eux. Lors des premiers spectacles, un bon nombre d’enfants n’avaient guère envie d’enlever leur masque, alors qu’à présent ils le font sans hésitation et restent face aux spectateurs, prêts à répondre à toutes les questions posées.

« Je pense que je m’aime davantage qu’auparavant », déclare Aom, 15 ans. « Avant, je ne voulais même pas me réveiller, je ne voulais rencontrer personne. Mais à présent je peux voir ce que je vaux. Je suis encouragé chaque fois que le public applaudit. »

La dernière représentation

En mai 2006, les enfants ont joué à Bangkok devant Nane Annan et d’autres hauts fonctionnaires et personnalités importantes. Mme Annan a été tellement émue par la prestation qu’elle a fait en sorte qu’un film de la pièce soit projeté lors de la XVIème Conférence internationale sur le SIDA, à Toronto, l’an dernier. Outre cette pièce, on a vu à la conférence un autre film intitulé « La mer a un secret », qui fait intervenir les enfants et présente le travail artistique des enfants.

Ce mois-ci, les enfants vont jouer une dernière fois la pièce devant le Premier ministre de Thaïlande, le Général Surayud Julanont, lors de la Conférence nationale sur le SIDA, à Bangkok. L’an prochain, le projet va prendre de l’ampleur et toucher 90 enfants de plus, dans tout le pays.

« Ils ont prouvé qu’ils en sont capables », déclare Panda Thapanangkun, le professeur d’art dramatique des enfants. Le VIH/SIDA n’empêche pas d’apprendre. Au contraire, les pressions qu’ils subissent dans la vie les incitent à communiquer avec le monde. »


 

 

Campagne contre le SIDA

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