Thaïlande

Des ateliers organisés par l’UNICEF sur la grippe aviaire à l’intention des médias thaïlandais

Image de l'UNICEF
© UNICEF Thailand/2007/Jirathun
Lors d’une visite de terrain sur un marché aux animaux à Chiang Mai, en Thaïlande, des journalistes membres d’un atelier de formation organisé par l’UNICEF sur la grippe aviaire interrogent un marchand de poulets.

Par Nattha Keenapan

CHIANG MAI, Thaïlande, 5 février 2007 – Lorsque Arntai Khaikharnfa, un journaliste local, a été désigné pour assister à un atelier sur la grippe aviaire ici, il n’était pas particulièrement enthousiaste.

La grippe aviaire ne l’avait jamais vraiment intéressé et ni lui, ni aucun de ses collègues n’avait enquêté sur le sujet—et pourtant, le virus a maintenant gagné plus de 45 pays, faisant 164 victimes, dont 17 en Thaïlande.

« Avant l’atelier, H5N1, ça ne voulait rien dire pour moi, », affirme M. Khaikharnfa, en évoquant le terme scientifique du virus. « Ca ne m’intéressait pas vraiment et je n’accordais pas d’attention particulière à sa propagation. Je me rends compte maintenant que je me trompais ».

M. Khaikharnfa, né à Myanmar, était l’un des 14 journalistes participant à cette formation de trois jours sur la grippe aviaire, organisée par l’UNICEF avec l’aide financière du Gouvernement japonais. L’atelier avait pour but d’expliquer à ces journalistes comment informer sur la grippe aviaire en étant le plus précis et le plus objectif possible. 

Dans le cadre de son intervention face à la propagation rapide de la grippe aviaire, l’UNICEF a soutenu d’autres ateliers similaires touchant plus de 250 journalistes dans les pays asiatiques jugés à haut risque, notamment l’Indonésie, la République populaire démocratique du Laos, la Mongolie,  Myanmar, la Thaïlande et le Viet Nam.

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Des journalistes thaïlandais membres d’un atelier sur la grippe aviaire interrogent un ouvrier migrant qui travaille dans un abattoir de poulets à Chiang Mai.

Premier rapport sur la grippe aviaire

Mr. Khaikharnfa dit qu’il a pris conscience du danger toujours présent d’une flambée de grippe aviaire dans les villages thaïlandais de l’ethnie Shan. Plusieurs centaines d’ouvriers migrants Shan, réfugiés et résidents permanents, vivent dans la province de Chiang Mai et dans d’autres provinces voisines. Plus de la moitié d’entre eux élèvent des poulets chez eux.

« Je ne crois pas que les villageois savent comment se protéger contre la grippe aviaire. Beaucoup ont du mal à avoir accès aux grands médias – et encore plus à comprendre les informations en thaïlandais », constate M . Khaikharnfa. Il a écrit aujourd’hui son tout premier article sur la propagation de la grippe aviaire et sur ce que les villages peuvent faire pour se protéger ».

L’article sera publié par l’Agence d’information Shan Herald dans son magazine mensuel, publié en shan et dans la langue du Myanmar, et lu dans quelque 3 000 foyers à travers tout le pays.

Influence de la radio à l’échelle de la communauté

Avant l’atelier de l’UNICEF, « nous ne savions pas où trouver les informations sur la grippe aviaire ni vers qui se tourner, parce qu’il n’y a pas assez de coordination entre les autorités provinciales et les médias locaux », affirme M. Pichit Pongjirangkan, producteur du programme de radio Chiang Mai, une émission qui a beaucoup de succès. M. Pongjirangkan a lui-même participé aux formations des médias.

« Je croyais que la grippe aviaire ne nous concernait pas, car les flambées survenaient presque toujours dans d’autres provinces », ajoute-t-il.

Selon M. Pongjirangkan, les informations pratiques pour se protéger de la grippe aviaire parviennent rarement aux radios situées dans des zones reculées. En conséquence, « il faut absolument mobiliser des animateurs connus pour communiquer avec notre public, », déclare Nongluk Puttawong, animatrice de la Radio Communautaire de Mae Chaem. La plupart des auditeurs de cette station sont des villageois qui vivent dans des régions difficiles d’accès et ils élèvent presque tous des poulets chez eux.

« Les radios locales ont une grande influence sur les villageois, » continue l’animatrice. « Il arrive même qu’ils emmènent leur poste de radio dans les rizières et surtout ils font confiance à ce qu’ils entendent sur l’antenne. Si nous trouvons le bon message et savons entrer en contact avec eux, nous pouvons changer leur attitude et protéger ainsi la communauté de la grippe aviaire. »


 

 

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