Thaïlande

À la conférence d’Asie et du Pacifique sur l’enregistrement des enfants à la naissance, l’engagement a été pris d’atteindre chaque enfant

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En Thaïlande, lors d’une campagne pour l’enregistrement des enfants à la naissance, un officier de l’état-civil procède à des enregistrements.

Par Shantha Bloemen et Rob McBride

BANGKOK, Thaïlande, 17 mars 2006 – Dans les contreforts reculés des montagnes du nord de la Thaïlande, des milliers de personnes, dont un bon nombre d’enfants, se sont réunies récemment lors d’un forum sur les droits de l’homme, afin de revendiquer leur droit fondamental à une identité.

Han et Porn Naisor ont amené leur fils Vichien, âgé de 6 ans. « Nous voulons qu’il ait les mêmes droits que qui que ce soit en Thaïlande », a déclaré son père. « Mais jusqu’à présent nous n’avons rien qui nous permette de prouver qu’il existe ». Il s’agit d’un problème endémique dans toute la région d’Asie et du Pacifique, où des dizaines de millions d’enfants ayant atteint l’âge de cinq ans ne figurent pas sur les registres d’état-civil.

« Comment atteindre chaque enfant, comment atteindre chaque famille, ceci constitue pour nous une grave préoccupation », a dit la Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Mme Rima Salah.

« Avant tout, l’enfant a le droit d’être enregistré et reconnu ; sans cela, toute une série de prérogatives liées à la citoyenneté lui échappent », a ajouté Jim Emerson, Directeur exécutif de Plan International. «  C’est une question de droits et de prérogatives ».

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© UNICEF EAPRO/2006/Bloemen
À la Conférence d’Asie et du Pacifique sur l’enregistrement des naissances: Rima Salah, Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Bishal Rana délégué de la jeunesse du Népal, Carmelita Ericta du gouvernement philippin et Myrna Evora de Plan International.

Il est possible d’obtenir des résultats tangibles

À la recherche de solutions, des responsables de l’état-civil, des organisations non gouvernementales et des jeunes issus de 22 pays d’Asie et du Pacifique se sont réunis ici cette semaine pour la 4ème Conférence régionale d’Asie et du Pacifique sur l’enregistrement universel des naissances. Cette conférence régionale sur l’enregistrement à la naissance, organisée par l’UNICEF et Plan International, était la première à accueillir des représentants de pays tels que les Kiribati, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Îles Salomon et Vanuatu.

Au cours de cette réunion de quatre jours, les délégués ont partagé leurs expériences concernant toute une série d’actions pour parvenir à l’enregistrement universel à la naissance, depuis la réforme de la loi jusqu’aux campagnes de sensibilisation de la population. Les participants ont convenu qu’en associant des campagnes de sensibilisation, un enregistrement mobile des naissances et une amélioration de la législation, on pouvait obtenir des résultats tangibles. Par exemple :

  • En Inde, une campagne nationale, lancée en 2003, a permis de délivrer dans tout le pays environ 30 millions de certificats de naissance, en une seule année.
  • Au Cambodge, où les registres d’état-civil ont été entièrement détruits par les Khmers rouges, une campagne nationale, qui s’est poursuivie l’an dernier sur une période de 10 mois, a fait passer la population enregistrée de moins de 5 pour cent à plus de 70 pour cent.
  • En Afghanistan, un autre pays ravagé par des dizaines d’années de guerre, grâce à des actions en vue de l’enregistrement et à des campagnes de vaccination, 1,8 million d’enfants ont été inscrits en 2004 sur les registres d’état-civil.
  • En Papouasie-Nouvelle-Guinée, où l’éloignement, le terrain montagneux et des infrastructures réduites ont gêné l’enregistrement, une campagne nationale et un accroissement du nombre des lieux d’enregistrement ont permis un accroissement du taux de couverture, qui est passé de 3 pour cent à 25 pour cent.
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Cette petite thaïlandaise dispose à présent d’un certificat de naissance qui constitue la preuve de son âge, de l’identité de ses parents, de son ethnie et de sa nationalité.

Engagement d’arriver à l’enregistrement universel des naissances

Bishal Rana, représentant d’une organisation des droits de l’enfant du Népal, a rappelé aux délégués que le travail de jeunes militants était aussi déterminant que celui des adultes.

« Dans mon pays, un bon nombre de parents ne comprennent pas qu’il est important de procéder à l’enregistrement de leurs enfants. Mais nous, les jeunes, nous pouvons avoir accès aux communautés et les mobiliser, alors que d’autres ne le peuvent pas », a dit Bishal.

Des délégués ont également évoqué l’importance primordiale de l’enregistrement en temps de crise, comme lors du tsunami et du séisme en Asie du sud. L’expérience a montré que dans de telles situations l’enregistrement à la naissance pouvait protéger les enfants de l’exploitation et faciliter leur accès aux services d’urgence. Mais l’expérience des situations d’urgence a également enseigné qu’il fallait simplifier sans retard les procédures d’enregistrement, afin que davantage d’enfants et de familles puissent en profiter.

La conférence de Bangkok s’est achevée sur l’engagement de parvenir à l’enregistrement universel des enfants à la naissance d’ici 2015, afin d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement. Les officiers d’état-civil sont tombés d’accord sur la constitution d’un réseau qui va poursuivre le dialogue entamé lors de la conférence, ce qui va contribuer à la réalisation de cet engagement.

« Lorsque je vous regarde tous, je dis que nous allons atteindre notre objectif », a dit Mme Salah, de l’UNICEF, aux délégués, à la fin de la conférence. « Prenons l’engagement d’enregistrer tous nos enfants. Tous ».


 

 

Vidéo (en anglais)

17 mars 2006 :
Le correspondant de l’UNICEF, Rob McBride, rend compte de la 4ème Conférence régionale d’Asie et du Pacifique sur l’enregistrement universel des naissances.

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