Darfour (Soudan/Tchad) - Région en crise

 

Dans le Nord Darfour, des crues subites détruisent les logements et risquent de contaminer l’eau potable

Image de l'UNICEF
© UNICEF Sudan/2005/ Townsend
Des crues subites sont intervenues dans le mois le plus humide qu’on ait enregistré depuis 1944 dans le Nord Darfour.

Par Dorn Townsend

EL FASHER, région du Darfour, Soudan, 24 août 2005 – Des pluies torrentielles ont entraîné de graves inondations dans cette ville de 400 000 habitants et dans le camp voisin d’Abu Shouk, ouvert pour les réfugiés qui se sont enfuis de chez eux en raison du conflit en cours dans le Darfour. Les flots ont détruit des centaines de logements et rendu l’eau dont on dispose à El Fasher en grande partie insalubre.

La pluie a commencé le 13 août, tôt le matin ; elle a duré six heures, les précipitations atteignant plus de 25 mm. Peu de temps après que la pluie ait cessé, une crue subite (évaluée à 2 000 litres par seconde pendant plusieurs heures) a dévalé du lit de la rivière, généralement à sec, balayant les structures de protection contre les inondations, qui étaient insuffisantes.

« L’eau a commencé à débouler dans le wadi [lit de la rivière] au milieu de la matinée. Le wadi a grossi et grossi jusqu’à ce qu’il déborde du ravin et alors il a inondé le camp », a raconté Mohammed Fatah, un résident d’Abu Shouk. « Vers midi, nous avions de l’eau jusqu’aux chevilles et ma maison était inondée ».

L’eau a emporté des infrastructures hydroélectriques, privant d’électricité les pompes à eau de la ville d’El Fasher et endommageant gravement les tuyaux du système d’approvisionnement en eau et d’égouts.

La réparation des dégâts

Plus de 2 200 personnes ont perdu leur logement (660 familles du camp pour personnes déplacées dans leur propre pays d’Abu Shouk et 118 familles vivant dans un ravin voisin). L’inondation a également causé des dégâts à 16 « espaces pour enfants » (des installations bénéficiant de l’aide de l’UNICEF, qui offrent aux enfants un endroit où ils peuvent jouer en toute sécurité), six écoles, cinq pompes à eau et un bon nombre de latrines essentielles à un bon assainissement.

Bien que la crainte d’un retour des pluies et des inondations demeure, peu de familles ont décidé d’aller ailleurs.

L’UNICEF est en train d’organiser un effort concerté afin de rétablir les services de base pour ceux qui ont été affectés par les inondations et d’empêcher une flambée épidémique. Depuis les inondations, l’UNICEF a effectué les actions suivantes en matière  d’assistance : 

  • Remise en place de tuyaux à Abu Shouk et reprise de l’approvisionnement en eau en reliant les trous de sonde à des pompes.
  • Contrôle quotidien de la qualité de l’eau. Il n’a pas été constaté de contamination bactérienne.
  • Reconstruction de 156 latrines et de 88 lieux de bains.
  • Location de cinq camions citernes afin de fournir davantage d’eau.
  • Réparation des écoles et des espaces pour enfants endommagés.
  • Fourniture d’une formation pour le développement de l’hygiène dans le cadre d’un porte-à-porte quotidien.
  • Distribution de jerrycans, de savon, de bâches et de moustiquaires.

Les inondations ont aggravé un problème persistant : la pénurie d’eau potable à El Fasher.

Conseils en matière d’eau

« La situation dans les camps s’est stabilisée, mais, pour la population d’El Fasher, il y a des risques concernant l’eau potable », a déclaré Caesar Hall, Responsable de l’UNICEF, pour le Nord Darfour, de l’Eau et de l’assainissement environnemental. « Les inondations ont causé des dégâts au niveau de la station de pompage de la ville et nous estimons que l’essentiel de l’eau est insalubre à El Fasher ».

L’eau actuellement disponible dans la ville ne passe pas par les systèmes existants de traitement par chloration et sédimentation. L’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé ont émis un avis destiné aux résidents d’El Fasher. Ces deux organisations déploient chaque jour du personnel dans les hôpitaux et sur des douzaines de points d’eau afin d’apprendre aux résidents la prévention des maladies et l’extrême importance de javelliser et de faire bouillir l’eau potable.

La pénurie d’eau à El Fasher est un problème sur lequel l’UNICEF travaille depuis des mois. En coopération avec les pouvoirs publics, l’UNICEF a installé des pompes à eau aux alentours de la ville.

L’UNICEF travaille également avec la Darfur Water Corporation (Société des eaux du Darfour), un organisme public soudanais, afin d’élaborer une stratégie globale qui réponde aux besoins en eau à long terme de cette ville qui grandit. Bien que cet effort ait été interrompu par les inondations, il va se poursuivre jusqu’à ce que chacun dans la population dispose d’eau salubre.


 

 

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