Haïti – Pays en crise

Haïti : atteindre les enfants pour les vacciner

Image de l'UNICEF
© UNICEF 2004/Haiti/Delvigne-Jean
Environ 1,3 million d’enfants sont vaccinés en Haïti cet été.

Par Thierry Delvigne-Jean

Port-au-Prince, 25 juin 2004  « Voilà le coeur de la campagne de vaccination en Haïti, » dit Enrique Cuevas, Chargé de la vaccination à l’UNICEF, alors que nous entrons dans un entrepôt faiblement éclairé. La fraîcheur de la chambre froide offre un agréable contraste avec la chaleur de cette journée d’été.

La pièce est pleine de boîtes de tailles et de formes diverses. « La totalité des vaccins de la campagne se trouve ici ; des vaccins anti-rougeole et anti-polio, de la vitamine A, des seringues, du savon… Nous avons ici des vaccins contre la diphtérie et le tétanos, qui viennent d’arriver ce matin »,  dit-il en désignant une pile de boîtes, près de l’entrée.

M. Cuevas est responsable de l’organisation et la coordination de la campagne nationale en Haïti, dont la couverture vaccinale est la plus faible de l’hémisphère occidental. Actuellement, environ la moitié des enfants haïtiens ne bénéficie pas d’une vaccination de routine contre les maladies évitables.

La campagne a commencé en avril dernier dans la région frontalière entre Haïti et la République dominicaine. Cet été, plus de 1,3 million d’enfants de moins de 5 ans seront vaccinés contre la polio et la rougeole et recevront un complément de vitamine A. En outre, 250 000 femmes seront vaccinées contre le tétanos.

« Il faut nous assurer que nous atteignons les zones les plus reculées du pays, et que les vaccins arrivent au bon moment là où c’est nécessaire, », dit M. Cuevas.

Aujourd’hui, il supervise la première phase de la campagne à Port-au-Prince. Il n’existe pas d’endroit exclu du périmètre : depuis les rues chaudes et populeuses de Cité Soleil, l’un des quartiers les plus pauvres de Port-au-Prince, jusqu’aux rues à forte pente de Petionville aux lisières de la ville, plus de 1 200 agents, par équipe de deux, font du porte à porte – se rendant dans chaque maison – afin de vacciner les enfants contre la polio.

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© UNICEF 2004/Haiti/Delvigne-Jean
Un agent de santé inscrit un signe à la craie sur une maison, indiquant qu’un enfant vient d’y être vacciné.

« Le succès de la campagne dépend de la logistique, » explique Cuevas. « Chaque détail a son importance : depuis la vérification du bon état des vaccins à leur arrivée et de leur passage sans retard en douane, jusqu’à l’embauche et la formation des agents qui effectuent la vaccination, l’approvisionnement en nourriture et en eau des équipes, et l’impression des cartes de vaccination …. »

Les défis à relever sont nombreux. Le récent conflit politique a sévèrement endommagé l’infrastructure sanitaire, déjà en mauvais état. On a limité dans le pays les actions de vaccination de routine en raison de l’insécurité, de la diminution des stocks de vaccins et de la dégradation de la chaîne du froid – le système frigorifique nécessaire aux vaccins – dans les zones les plus touchées.

Des données rassemblées dans la région frontalière au cours de la première phase de vaccination ont révélé que 37 pour cent des enfants de moins de 11 mois n’avaient jamais été vaccinés auparavant.

Aucun effort n’a été épargné pour faire connaître cette campagne de vaccination. Une armée de crieurs publics s’est répandue dans les rues, sur les marchés et les lieux public, dans tout le pays. Par centaines, des affiches ont été apposées et des banderoles installées dans les villes et les villages, et 1,9 million de tracts ont été distribués dans les églises, les écoles et les hôpitaux.

Pour les enfants, qui n’ont bien sûr aucune idée de la logistique qu’implique une campagne de cette ampleur, ces vaccins, susceptibles d’éviter des maladies mortelles, représentent la chance de grandir en bonne santé.


 

 

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Atteindre les enfants haïtiens

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