En bref : Niger

Un jeune garçon se bat pour remarcher de nouveau, après avoir contracté la polio

Image de l'UNICEF
© UNICEF Niger/2006
Sanoussi, 4 ans , marchait et courait comme les autres enfants. Il a dû recommencer à ramper depuis qu'i a contracté la poliomyélite. Il faut beaucoup d'argent pour fournir aux enfants comme lui des services de rééducation.

Par Marlene Barger et Natalie Fol

Depuis janvier 2006, le Niger n'est plus un pays endémique pour la polio. Les campagnes massives de vaccination contre la polio continuent afin de consolider ce résultat et mettre un terme aux importations de la maladie depuis le Nigeria voisin. Mais en plus de la vaccination, les enfants qui ont déjà contracté la polio, comme Sanoussi, ont besoin de services de rééducation. 

MARADI, Niger, 10 mars 2006 – Sanoussi, quatre ans, était en parfaite santé et actif, jusqu'au jour où,  soudainement, il n'a plus été capable de bouger ses jambes.

« Il aimait courir et jouer avec ses amis, » raconte son père. « Et un jour il a été terrassé par une forte fièvre. Au centre de santé, l'infirmière a examiné ses jambes et a ensuite appelé des collègues pour l'examiner. » Les résultats des tests  ont confirmé leurs pires craintes : Sanoussi avait contracté la polio.

Sanoussi, ses parents et sept enfants vivent dans le village minuscule de Dan Takobo, situé dans la région de Maradi du Niger, à moins de 20 kilomètres de la frontière nigériane.

Cette région à forte migrations, enregistre la plupart des cas de polio du Niger. Pourtant il n'y a actuellement aucun service de réadaptation ou d'intégration sociale dans la région pour les enfants atteints par la polio.

Des côuts élevés

Le diagnostic sur l'état de Sanoussi lui laissait peu d'espoir de remarcher un jour. Ses jambes, autrefois actives, étaient flasques, déformées par la polio et devenues totalement inutiles.

Aujourd'hui, un an après avoir être infecté par la polio, des cals épais se sont formés sous les genoux de Sanoussi qui, pour se déplacer, a dû apprendre à ramper au lieu de marcher.

« Commencer la rééducation dans les six premiers mois du diagnostic est crucial, » déclare Boubacar Kandagomni, le physiothérapeute de PRAHN, une organisation non-gouvernementale qui s'occupe des personnes souffrant d'infirmité au Niger. « Quand des enfants atteints de poliomyélite commencent leur traitement, peu après le début de la maladie, les effets handicapants peuvent être réduits au minimum et même surmontés. »

Malheureusement, Sanoussi n'a pas bénéficié assez tôt du traitement dont il avait désespérément besoin. Dans les régions du Niger, les services de rééducation ne sont simplement pas disponibles. Même quand ils sont présents, le coût des soins est au delà de la portée de beaucoup de familles.

L'espoir de remarcher un jour

« Sanoussi aime être avec les enfants son âge, » explique son père. « Quand ils sortent pour jouer dans les rues, il rampe après eux pour les suivre. »

Sanoussi n'est pas satisfait de simplement ramper. Son père décrit comment le petit garçon lutte pour se hisser sur ses jambes affaiblies dans une position debout . « Il demande souvent à sa mère et à moi-même de l'aider à se lever. Je pense que c'est comme un jeu pour lui. »

L'heure tourne pour Sanoussi et presque 170 autres jeunes victimes de la poliomyélite. « Les retards pris dans le traitement de la maladie ont augmenté les coûts nécessaires à leur  rééducation, avec des résultats moindres, » explique Boubacar Kandagomni. L'UNICEF Niger recherche 269 000 dollars E.-U. pour aider à financer des programmes médicaux pour le traitement de la maladie et la rééducation des enfants qui en ont besoin.

Les années de campagnes de vaccination, organisées partout dans le pays par le gouvernement et les partenaires de l'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite, ont permis de retirer le Niger de la liste des pays polio-endémiques. Les 10 cas de polio recensés en 2005 avaient été importés depuis le Nigéria voisin.

Sanoussi faisiat partie des 25 enfants à avoir contracté la maladie en 2004. Et même si la Polio a disparu du Niger, son histoire est bien triste, à moins qu'il puisse bénéficier de la rééducation et du traitement dont il a besoin.


 

 

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