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La musique africaine place le paludisme sous les feux de la rampe

Image de l'UNICEF
© UNICEF Senegal/2005/Delvigne-Jean
Youssou N’Dour, Ambassadeur de l’UNICEF à la conférence de presse Faire reculer le paludisme.

DAKAR, Sénégal, 11 mars 2005 – Le paludisme tue un enfant en Afrique toutes les 30 secondes. Youssou N’Dour, le musicien sénégalais et Ambassadeur de l’UNICEF, lauréat de la Grammy Award, a rappelé aux journalistes  la tragédie quotidienne que le paludisme fait vivre à l’Afrique.

« Savez-vous qu’il y a chaque jour un tsunami en Afrique ? » a demandé Youssou N’Dour à la conférence de presse qui a précédé le concert de ce week-end d’AFRICA LIVE : Faire reculer le paludisme.

« Trois mille enfants meurent chaque jour du paludisme en Afrique », a-t-il déclaré. « Lorsque j’ai appris l’effet meurtrier qu’avait le paludisme sur les enfants de moins de cinq ans et sur les femmes enceintes, …j’ai compris que nous devions vraiment faire quelque chose ».

Et c’est ce qu’il a fait. Aujourd’hui, les rues de Dakar vivent au rythme des tamtams et dans l’enthousiasme, car la ville est prête pour l’événement musical de deux jours, organisé par Youssou N’Dour, et qui réunit de très grandes vedettes. N’Dour va partager la scène avec des vedettes africaines de tout premier ordre telles que Baaba Maal, Salif Keita, Orchestre Baobab et Angélique Kidjo.

AFRICA LIVE, qui a lieu les 12 et 13 mars, a pour but d’attirer l’attention du public sur cette maladie. Transmise par des moustiques, elle tue plus d’enfants en Afrique que tout autre maladie.

Le manque d’information des populations africaines constitue une grande partie du problème. Il serait possible d’éviter neuf décès dus au paludisme sur 10. Nombreux sont ceux qui ignorent la gravité de la maladie. « Les gens ne prennent pas le paludisme au sérieux », indique Youssou N’Dour. « Un homme peut vous dire qu’il a une crise de paludisme … et qu’il vous verra demain. Mais il ne sait pas qu’il peut mourir aujourd’hui ».

Le concert, qu’écouteront des millions de gens, va aussi mettre l’accent sur les méthodes de prévention telles que l’usage de moustiquaires traitées à l’insecticide. Pour la réussite de cet évènement, un impressionnant plateau de vedettes et de donateurs se trouve réuni.

« Nous voyons dans la musique un divertissement, mais nous comprenons que la musique a aussi un pouvoir », déclare Youssou N’Dour. « C’est pourquoi beaucoup de grands artistes sont ici à Dakar. Nous avons la chance d’offrir l’un des plus grands spectacles d’Afrique. Il faut que les gens prennent le paludisme au sérieux et ce concert a pour but de faire passer ce message ».

Youssou N’Dour a évoqué le rôle important que jouent les artistes dans la sensibilisation du public. « Je me rappelle avoir vu Angélique Kidjo sur scène. Au milieu du concert, elle s’est arrêtée et elle a parlé aux spectateurs de ce qu’elle avait vécu en travaillant avec l’UNICEF. J’ai vu que les spectateurs commençaient à pleurer », raconte Youssou N’Dour. « Voilà le pouvoir et l’impact que peuvent avoir les artistes ».

« Si mon continent est malade, je me sens malade », déclare l’ambassadrice de l’UNICEF Angélique Kidjo. « Il y a tant de choses à faire en Afrique, tant de travail à faire contre le paludisme. Je suis très fière de participer à ce concert ».

Les principaux « sponsors » d’AFRICA LIVE sont Sumitomo Chemical, Exxon Mobil Corporation et la Fondation pour les Nations Unies. L’UNICEF, en tant que membre de l’initiative mondiale Faire reculer le paludisme, est également un « sponsor ».

« Nous allons vaincre le paludisme dans la présente génération » déclare Kathy Bushkin, vice-présidente de la Fondation pour les Nations Unies. « Nous disposons des ressources, nous possédons la technologie et nous avons la volonté et l’engagement politique. Cette fois, l’Afrique peut rester solidaire – non en tant que victime, mais en tant que vainqueur ».

Et Youssou N’Dour a eu ces mots : « La musique peut accélérer le rythme de notre lutte contre le paludisme. Bien des gens pensent pauvreté à propos de l’Afrique. Mais j’estime que nous sommes riches sur le plan culturel, et il est sage d’utiliser cette véritable richesse pour parler de nos problèmes. Ce concert est un moyen de parler au monde ».


 

 

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