Côte d'Ivoire

La deuxième phase d’une campagne anti-polio massive s’efforce d’atteindre chaque enfant

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Sur la lagune d’Abi, dans le sud-est de la Côte d'Ivoire, des vaccinateurs arrêtent un bateau qui passe afin d’administrer un vaccin oral anti-polio aux nourrissons.

Par Sarah Crowe

ABIDJAN, Côte d’Ivoire, 12 avril 2005 – Sur une grande lagune en dehors de la capitale, appelée autrefois le Paris de l’Afrique, deux bateaux de bois pleins de monde se retrouvent quelques instants bord à bord – le temps de faire passer plusieurs bébés d’un bateau à l’autre.

Des jeunes femmes, dans l’un des bateaux, portant des gilets de sauvetage oranges, déposent quelques gouttes dans chaque petite bouche.

Les mères des bébés, sur l’autre bateau, sont très heureuses. Leurs nourrissons viennent d’être vaccinés contre la polio – un petit geste positif, un sur des millions, accompli dans le cadre d’une campagne anti-polio massive visant à s’assurer que chaque enfant est bien immunisé.

En Côte d’Ivoire seulement, qui est en proie à une crise politique majeure, 27 000 vaccinateurs ont été déployés dans le pays afin d’atteindre plus de cinq millions d’enfants de moins de cinq ans, dans la phase la plus récente de la campagne anti-polio.

« En 2003, nous n’avions pas de cas de polio en Côte d’Ivoire, mais il y a eu 17 cas confirmés l’an dernier.  Nous n’avons pas été en mesure d’empêcher le virus de réapparaître dans le pays en raison du conflit, et les cas enregistrés étaient tous importés », a déclaré le Dr Jeremie Ipo, directeur de la Santé du département d’Adiake, en Côte d’Ivoire.

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Un enfant reçoit un vaccin oral anti-polio à bord d’un bateau.

Cette flambée de polio fait courir un risque à tous les voisins de la Côte d’Ivoire. À la frontière avec le Ghana, constituée par le fleuve Tano, qui sépare les deux pays, des bénévoles contrôlent et vaccinent un flux ininterrompu d’enfants dans une chaleur et une humidité étouffantes. Le Ghana ne s’est libéré de la polio que depuis un peu plus d’an. Même si ce pays a maintenu un bon système de vaccination de routine, il court lui aussi un risque. L’ethnie des Aowins est installée à la fois en Côte d’Ivoire et au Ghana, avec des passages fréquents de la frontière.

« Ces gens appartiennent au même peuple. Ils parlent la même langue, ils se marient entre eux, certains prennent leur petit déjeuner dans un pays et rentrent se coucher dans l’autre », observe le Dr Tanimola Akanda, consultant de l’OMS, à propos de la frontière avec le Ghana et de son incidence sur la campagne anti-polio. « Ceci fait qu’une campagne transfrontière est cruciale. Mais la stratégie d’éradication de la polio n’est pas compliquée. Environ 90 % des bénévoles auxquels nous avons recours pour ces campagnes, ne sont pas des agents de santé. La formation se limite à montrer comment verser les gouttes de vaccin –  c’est très économique ».

Les campagnes en Côte d’Ivoire et au Ghana se situent dans le cadre d’une vaccination de masse, d’une côte à l’autre de Afrique, menée dans 23 pays. Au cours de la première phase de ces campagnes, en février de cette année, environ 90 millions d’enfants ont été vaccinés. Lors de la phase de « ratissage » actuelle, on espère atteindre 100 millions d’enfants. Plusieurs phases supplémentaires sont programmées pour cette année.

Pour ce qui est de la vaccination, la Côte d’Ivoire était considérée autrefois comme un pays modèle dans une région politiquement instable. Avant la crise politique et la tentative de coup d’état de septembre 2002, on était parvenu dans certaines zones du pays à un taux de couverture de vaccination intégrale et de routine de 90 pour cent. Mais les agents sanitaires se sont enfuis, des millions d’enfants ont alors été négligés et les systèmes de santé se sont pratiquement effondrés.

L’Union européenne soutient l’UNICEF dans ses efforts de renforcement de l’infrastructure sanitaire, en particulier dans les zones les plus touchées par les troubles politiques. La campagne anti-polio est un élément essentiel dans la remise sur pied de systèmes de santé démantelés et dans l’amélioration des taux de survie infantile.


 

 

Vidéo (en anglais)

9-10 avril 2005:
Sarah Crowe, correspondante de l’UNICEF, décrit le travail des équipes de vaccination en Côte d'Ivoire.

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