Tchad

Le nouveau programme vise à stopper la transmission de la polio au Tchad

Par Cheryl Uys-Allie

N’DJAMENA, Tchad, le 23 septembre 2011 – Le combat du Tchad pour l’éradication de la polio est désormais une urgence nationale dans la mesure où le nombre de cas de polio recensés a dépassé les 90 cette année.

VIDÉO : Cheryl Uys-Allie, de l’UNICEF, fait le point sur le renforcement des capacités du Tchad dans le cadre de la lutte contre la polio grâce au programme STOP, qui déploie des volontaires pour fournir un appui vital au développement, à la mise en oeuvre et à l’évaluation des campagnes de vaccination sur le terrain.  Regarder dans RealPlayer

 

Un rapport récent du Conseil indépendant de surveillance de l’ Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite s’inquiète de la capacité du Tchad, comme d’autres pays affectés, à respecter l’objectif global d’éradication de la polio d’ici à 2012 à moins que des mesures efficaces soient rapidement mises en pratique.

Le renforcement des capacités

Face à cette nette augmentation du nombre de cas de polio, le gouvernement du pays, les institutions partenaires et les donateurs renforcent leur appui technique et leur mobilisation sociale afin de lutter contre les cas d’infection. 

Le programme STOP s’inscrit dans cette stratégie de déploiement de bénévoles pour appuyer les pays dans leurs efforts d’éradication de la polio.

STOP fait partie de la Division mondiale de la vaccination des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis. Les CDC, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF et le Rotary International sont partenaires. Ils ont tous le même objectif : débarrasser le monde de la polio.

« Si nous nous concentrons sur l’éradication de la polio plus que sur les autres maladies, c’est parce que l’on peut éradiquer la polio », explique Jeffrey Bates, spécialiste UNICEF de la communication pour l’appui aux programmes. « Nous avons les moyens, les technologies et l’opportunité d’y mettre fin à jamais ».

Des défis majeurs

La pauvreté généralisée et les conflits passés au Tchad ont contribué à la faiblesse du système de santé. C’est pourquoi le pays dispose d’une couverture de vaccination basse qui figure parmi les taux les plus élevés d’enfants non vaccinés dans le monde. Les volontaires STOP fournissent donc un appui vital au développement, à la mise en oeuvre et à l’évaluation des campagnes de vaccination sur le terrain. Ils aident également à dépasser certaines barrières culturelles qui empêchent les gens de faire vacciner leurs enfants.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video/2011
Des mères tchadiennes attendent pour faire vacciner leurs enfants contre la polio.

« Les volontaires STOP doivent être avant tout compétents sur un plan technique, avec suffisamment de maturité pour travailler dans un environnement qui présente de nombreux défis », explique Jeffrey Bates. « Il faut également qu’ils soient suffisamment flexibles et robustes pour travailler dans des situations très difficiles sur le terrain ».

La motivation est essentielle

Pour les volontaires STOP, une journée moyenne débute tôt le matin à 7h00 et s’achève lorsque le travail demandé a été effectué. Les conditions sont rudes, notamment la chaleur. On demande souvent aux volontaires de voyager dans des régions isolées du pays où ils passent des mois à travailler en échange de récompenses qui ne sont pas mesurées en termes financiers.

Raabi Diouf est volontaire STOP, elle vient du Sénégal et travaille pour l’éradication de la polio au Tchad. Lors d’une mission récente, elle a voyagé depuis la capitale, N’Djamena, jusqu’à Moundou dans le sud.

Au fur et à mesure qu’elle s’éloignait de N’Djamena, les routes fraîchement goudronnées laissaient place à des routes poussiéreuses et incertaines. Après avoir traversé de nombreux villages, elle est finalement arrivée dans l’un des derniers endroits au monde où la polio continue de paralyser les enfants. 

« Pour rejoindre STOP il faut être très motivé », explique-t-elle. « Il faut vraiment y croire parce que ça n’est pas toujours facile de travailler sur le terrain ».

Image de l'UNICEF
© UNICEF video/2011
Les volontaires STOP savent que 100 pour cent des enfants qui n’ont pas été vaccinés sont exposés à la polio, et que le seul moyen d’éradiquer la polio est de faire vacciner tous les enfants.

Dépasser les peurs

Les peurs, les rumeurs et les mythes se sont répandus aussi rapidement que le virus contre lequel lutte la campagne. Les volontaires se retrouvent souvent face à des problèmes très complexes sur le terrain. Raabi a rencontré une mère qui croyait que son bébé avait contracté la polio à cause du vaccin. Les volontaires sont censés aider les membres des communautés à comprendre les bienfaits de la vaccination tout en les aidant à surmonter leurs inquiétudes. Pour ainsi faire, une méthode cruciale consiste à travailler en lien étroit avec les responsables des communautés dont dépend l’efficacité des campagnes de vaccination communautaires.

Pour débarrasser le Tchad et le monde de la polio, l’implication de parties prenantes internes et externes, sera nécessaire. Sur le terrain, face à la polio au quotidien, Raabi Diouf est incroyablement positive.

« Je suis optimiste parce qu’il y a des pays qui sont parvenus, en unissant leurs forces, à mettre fin à la polio », explique-t-elle. « Je pense qu’ici, si nous faisons pareil, nous pourrons réussir à éradiquer la polio ».


 

 

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