Pakistan

Au Pakistan, les familles déplacées par les nouvelles inondations font face à un avenir incertain

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2011/Zaidi
Rajab, 10 ans, et son père Mubarak, 37 ans, ont récupéré un coffre de leur maison inondée dans le district de Badhin, province du Sindh, Pakistan.

Par David Youngmeyer

BADIN DISTRICT, SINDH, Pakistan, 15 septembre 2011 – Mubarak, 37 ans, et son fils Rajab, 10 ans, se frayent un chemin dans les eaux de crue sales qui leur arrivent à la taille. Ils essayent d’extraire quelque chose des eaux profondes et boueuses, mais de loin on ne sait pas encore ce que c’est. Tandis qu’ils se rapprochent du bord et que l’eau devient de moins en moins profonde, un gros coffre en bois fait surface.

Un déplacement difficile à vivre

Mubarak se tient debout dans l’eau qui lui arrive jusqu’aux genoux. Il explique qu’ils ont récupéré le coffre de leur maison endommagée par l’inondation. Il montre du doigt l’endroit où ils se trouvaient quelques moments plus tôt, où l’eau est sans doute contaminée par les animaux de ferme morts et les déchets animaux et humains, entre autres. Le coffre ira dans leur nouvelle maison, dit-il. Leur « maison » n’est autre qu’une tente sur le côté de la route, dans le camp de Badin, dans le district de Badin, sévèrement touché par l’inondation, dans la province sud du Sindh.

La tente est un abri rudimentaire, mais au moins elle offre une certaine protection contre les inondations. La famille fait partie des plus de 78 000 personnes – dont plus de 63 000 femmes et enfants – qui vivent dans les camps du district de Badin. Plus de 730 000 personnes, dont 360 000 enfants, vivent dans des camps à travers le Sindh, que ce soit dans des tentes le long des routes, dans des écoles ou des bâtiments publics. Certaines personnes refusent de quitter leur maison inondée et campent sur des petits pans de terre sèche à proximité, parfois isolés du monde extérieur.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2011/Zaidi
Rajab, 10 ans, aide son père à nettoyer le coffre couvert de boue récupéré dans les eaux de crue, dans le district de Badhin, province du Sindh, Pakistan.

« Il existe de nombreux problèmes »

Mubarak raconte que lui, sa femme et ses huit enfants, vivent sous la tente depuis un mois. Ils ne savent pas quand ils pourront retourner chez eux à cause de l’engorgement important des sols. Des mois entiers seront peut être nécessaires avant de pouvoir rétablir un semblant de normalité dans leur vie.

« Notre plus grande préoccupation est le manque de nourriture pour les enfants, dit Mubarak. En temps normal, notre famille gagne de l’argent grâce à la collecte de papier destiné au recyclage, mais les inondations ont mis fin à nos activités et nous ne disposons d’aucun revenu. Nous sommes obligés d’acheter de la nourriture à crédit dans les magasins locaux ».

« Un autre problème, c’est le manque d’eau potable. Il existe de nombreux problèmes », explique-t-il.

L’UNICEF fournit de l’eau

L’UNICEF assure déjà l’approvisionnement en eau dans certaines parties du district de Badin. Les opérations d’approvisionnement régulier en eau salubre ont été multipliées pour atteindre un plus grand nombre d’enfants et de familles affectés.

Mubarak est soulagé qu’aucun de ses enfants, dont le plus jeune est âgé de 7 ans, ne soit tombé malade à cause de la situation d’urgence, mais il ne sait pas combien de temps encore ils seront déplacés.

Encore debout dans les eaux de crue, Mubarak et Rajab utilisent l’eau pour laver une couche épaisse de boue restée sur le coffre. Ils sourient, réjouis de leur petit exploit. Une fois que le coffre aura séché, la famille aura au moins un petit souvenir de leur maison tandis qu’ils continuent à subir les effets de cette catastrophe.


 

 

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