En bref : Niger

Au Niger, l'UNICEF a pour objectif de faire de la nutrition une priorité nationale

Image de l'UNICEF
© UNICEF Niger/ 2011/Mistycki
À Kollo, le Centre de récupération nutritionnelle ambulatoire accueille les enfants atteints de malnutrition sévère.

Par Véronique Mistycki

Kollo, Niger, 17 novembre 2011 – Au dispensaire intégré de Kollo, au sud du Niger, quelques femmes tenant leurs bébés amaigris font la queue devant le Centre de récupération nutritionnelle ambulatoire pour malnutrition sévère (CRENAS). Zelika Marou a quatre enfants. Aujourd'hui, elle a amené sa fille de 11 mois, Fati Hama, pour sa consultation hebdomadaire.

« Je suis venue au dispensaire parce que mon bébé avait la fièvre et la diarrhée mais on m'a dit qu'elle était aussi atteinte de malnutrition », explique-t-elle. Fati Hama a commencé son traitement il y a six semaines et, aujourd'hui,  c'est son dernier rendez-vous. « Regardez là », dit Zeliak Marou en tenant fièrement sa fillette. « Maintenant, elle a vraiment l'air d'être en bonne santé ! »

Un problème chronique

Même en dehors des périodes de crise, la malnutrition reste au Niger un problème de santé majeur.

« On est seulement en octobre et nous avons déjà admis deux fois plus d'enfants atteints de malnutrition avec des complications que durant toute l'année 2010 », dit le Dr Sadou Moussa, Chef des services médicaux du dispensaire intégré de Kollo. « C'est à la fois un bon et mauvais signe : cela montre que davantage de familles ont recours aux prestations de santé et que nous sommes mieux équipés pour détecter la malnutrition et nous occuper des enfants ».

Pour faire face à l'importante crise alimentaire et nutritionnelle de 2010, l'UNICEF et ses partenaires ont épaulé le développement de nouveaux centres pour le traitement de la malnutrition dans les dispensaires existants. Cela a permis non seulement d'offrir un traitement aux enfants dans un contexte de crise mais également d'intégrer les problèmes de nutrition au coeur du système de santé existant. À Kollo, un nouveau bâtiment a été construit pour abriter le Centre de récupération nutritionnelle intensive (CRENI) et des médicaments et divers approvisionnements ont été mis à disposition pour garantir la qualité des soins.

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Zelika Marou a amené sa fillette de 11 mois pour sa dernière consultation au Centre de récupération nutritionnelle de Kollo.

En outre, une partie du personnel médical a reçu une formation pour améliorer ses connaissances dans la gestion des maladies infantiles, l'accent ayant été mis sur la détection et le traitement de la  malnutrition. Cette dernière est souvent liée aux autres maladies infantiles évitables comme le paludisme, les infections respiratoires et la diarrhée et il est essentiel que le personnel médical comprenne l'éventail des problèmes de santé qui peuvent toucher les enfants afin de pouvoir offrir des soins de qualité.

Nécessité d'un plus ample soutien

 Aissa Hamadou travaille au dispensaire intégré de Kollo. Voici quelques mois, elle a suivi la formation sur la gestion des maladies infantiles. « À présent, je sais mieux comment détecter la malnutrition et je m'assure que tous les bébés qui viennent au dispensaire subissent un examen correct », dit-elle. « Je suis aussi devenue meilleure pour m'entretenir avec les familles sur les questions de santé et d'hygiène mais aussi sur la manière correcte de nourrir leurs enfants ».

Grâce à un personnel mieux formé, les dispensaires sont à présent capables d'offrir des séances d'information sur la santé aux familles dont les enfants sont soignés pour malnutrition, cela en privilégiant la nutrition et l'hygiène. Au dispensaire de Kollo, la qualité des soins s'est beaucoup accrue ainsi que dans de nombreux autres centres de santé du pays. Cependant, un soutien plus vigoureux sera nécessaire pour satisfaire la demande croissante.

Faire de la nutrition un priorité

« Nous sommes à présent capables de traiter chaque jour bien plus d'enfants », dit le Dr Moussa. « Nous espérons que, à l'avenir, nous pourrons nous développer davantage pour accueillir nos patients dans de meilleures conditions ».
 
Bien que d'importants progrès aient été réalisés, les crises alimentaire et nutritionnelle récurrentes ont fait qu'il est difficile d'investir à grande échelle dans les activités de prévention et la malnutrition va probablement rester au Niger un problème chronique pendant un certain temps. Pour s'assurer que la malnutrition reste à l'ordre du jour, l'UNICEF s'est mobilisé pour faire de la malnutrition une priorité nationale  et pour bâtir un consensus national autour de stratégies fondamentales de lutte contre la malnutrition. Renforcer les capacités des dispensaires et améliorer les compétences du personnel médical est une composante essentielle de cet effort.    


 

 

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