Mozambique

Les efforts déployés au Mozambique pour éduquer sur le VIH protègent femmes enceintes et enfants

BEIRA, Mozambique, 9 juin 2011 – Une nouvelle journée d’intense activité commence au dispensaire de Munhava, un quartier surpeuplé de Beira, la deuxième ville du Mozambique.

VIDÉO (en anglais) : Un reportage de l’UNICEF sur les efforts déployés au Mozambique pour encourager les mères à connaître leur statut concernant le virus aussitôt que possible afin de mettre fin aux nouvelles infections par le VIH qui touchent les nouveau-nés et les enfants.  Regarder dans RealPlayer

 

Devant un public captif de mères assises en rang sur de longs bancs de pierre, Isabella Domingo, une mère de trois enfants âgée de 28 ans, entame ce qu’elle espère être une conversation pédagogique sur le sujet de l’utilité des tests précoces pour le VIH/SIDA.

Les importants progrès du dépistage du VIH

Isabella commence par une leçon générale sur l’importance de se maintenir en bonne santé et de protéger contre le paludisme avant d’aborder le sujet plus délicat du VIH. Elle a elle-même découvert qu’elle était séropositive quand elle est venue au dispensaire alors qu’elle était enceinte de son deuxième enfant.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Isabella Domingo (deuxième à partir de la gauche), une mère de trois enfants séropositive fait partie d’un groupe de soutien de Beira au Mozambique qui aide les femmes enceintes et les mères qui vivent avec le VIH.

« Quand mon test s’est révélé positif, mon mari m’a accusée d’avoir introduit la maladie dans la famille. Il a refusé d’être testé et, quelque temps après, nous nous sommes séparés », raconte Isabelle à son auditoire de femmes.

Le Mozambique a fait d’importants progrès pour aider les mères à se faire tester pour  VIH. Si une femme se révèle séropositive et à la suite de ce diagnostic prend les médicaments nécessaires, il y a une forte probabilité que l’enfant à naître ne souffrira pas du VIH.

À Beira – où le taux de prévalence du VIH est beaucoup plus élevé que la moyenne nationale d’environ 11 pour cent, et où on estime qu’une femme enceinte sur trois est séropositive – il s’agit d’un progrès capital dans les efforts faits au niveau mondial pour éliminer les nouvelles infections par le VIH parmi les nouveau-nés et les enfants. Actuellement au Mozambique, un enfant âgé de moins de cinq ans sur 10 mourra du SIDA, presque toujours après avoir été infecté par le VIH à la naissance.

Plus de 900 établissements sanitaires, pratiquement tous les dispensaires qui offrent à la population des soins élémentaires, sont désormais équipés pour administrer ces tests cruciaux. Mais la dure réalité de la stigmatisation et de l’ignorance empêche encore un grand nombre de femmes de suivre le programme de manière complète, et beaucoup l’abandonnent pour des raisons de stress et par peur des conséquences sociales.

L’éducation au VIH

Teresa Antonia Fernando, une infirmière qui travaille à ce dispensaire depuis plus de trois ans, voit en moyenne 20 femmes enceintes par jour pour leur fournir des soins prénatals qui comprennent un test pour le VIH.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Teresa Antonia Fernando, une infirmière du dispensaire de Munhava à Beira au Mozambique, discute la procédure du test pour le VIH avec une femme enceinte.

Elle croit qu’un grand nombre de ces femmes ont peur et ne comprennent pas ce qu’est le VIH et comment il peut être traité. « Il est rare qu’une femme refuse d’être testée, mais si le test est positif, beaucoup ne reviennent tout simplement pas, explique-t-elle. Elles iront à un autre dispensaire pour recevoir des soins prénatals, et cette fois refuserons le test ».

Isabella, qui s’occupe maintenant elle-même de ses trois enfants, est une forte femme ; après le départ de son mari, elle a décidé qu’elle ferait tout ce qui était possible pour assurer que son enfant à naître soit séronégatif, et elle a mis toute son énergie à comprendre ce qu’était le VIH et les conséquences physiques qu’il aurait pour elle et pour la santé de son futur enfant. « Je savais très peu de choses sur mon corps et la science du virus », raconte-t-elle. « Je sais maintenant que si vous vivez sainement vous pouvez vivre longtemps, mais beaucoup de gens ne comprennent toujours pas ça et préfèrent utiliser la médecine traditionnelle ».

Isabella et quelques autres femmes séropositives ont décidé qu’elles devaient aussi faire plus pour s’entraider. Elles ont formé Kupulumussana (« Nous nous sauverons les unes les autres »), un groupe de soutien aux mères qui est épaulé par l’UNICEF.

Le groupe compte maintenant 37 membres actifs qui offrent chaque jour leurs services bénévolement et expliquent aux mères enceintes ce qu’est le VIH et pourquoi il est crucial de prendre des médicaments. Ces femmes donnent aussi des conseils à ces mères pendant leur grossesse et jusqu’à ce que leur enfant ait atteint l’âge de 18 mois et qu’elles connaissent leur statut final.

Les groupes de soutien

Le ministère de la Santé, en collaboration avec des partenaires comme l’UNICEF, travaille maintenant à recenser les groupes de soutien et à leur fournir des outils et une formation plus efficaces ; ce programme est crucial au moment où le Mozambique s’apprête à mettre en oeuvre les nouvelles directives de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui exigent par exemple de s’assurer qu’un enfant exposé au VIH continue à bénéficier d’un traitement prophylactique aussi longtemps qu’il est nourri au sein par sa mère.

Isabella regarde vers l’avenir ; ses expériences l’ont motivée à retourner à l’école et à ses longues journées au dispensaire elle ajoute des cours du soir. Et en plus elle est en train de terminer ses études secondaires. Son rêve est de continuer à aider les gens comme infirmière ou comme enseignante.

Recevant un traitement antirétroviral depuis 2005, Isabella rêve également qu’un jour il y aura un remède au SIDA.


 

 

Campagne contre le SIDA

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(« Les Femmes donnent la vie 2010 ») Site Web de la conférence

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