Santé

Paludisme

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© UNICEF/HQ 99-0454/ Pirozzi
Une infirmière montre comment imprégner d’insecticide une moustiquaire pour prévenir le paludisme, Rwanda.

Toutes les 30 secondes, un enfant meut du paludisme quelque part dans le monde. Chaque année, cette maladie contamine de 350 à 500 millions de personnes et en tue un million, surtout des enfants en Afrique. C’est en Afrique qu’on enregistre quatre-vingt dix pour cent des décès dus au paludisme, et cette maladie est responsable d’environ un cinquième de la mortalité infantile. Le paludisme est également un facteur important d’anémie chez les enfants – affectant gravement la croissance et le développement. Une infection paludéenne entraîne une anémie grave chez la femme enceinte et d’autres maladies chez la mère ; c’est en outre un facteur d’insuffisance pondérale à la naissance  – une des causes majeures de mortalité chez le nourrisson, ainsi que d’une croissance et d’un développement insuffisants.

Le paludisme a de graves conséquences économiques en Afrique. Il ralentit la croissance et le développement économique et perpétue le cercle vicieux de la pauvreté. C’est vraiment une maladie de la pauvreté ; elle touche principalement les pauvres qui vivent généralement dans des zones rurales où le paludisme existe à l’état endémique, dans des logements mal construits qui n’offrent que peu ou pas de protection contre les moustiques.

Le paludisme peut être évité et soigné, et on a développé pour cela des moyens efficaces, préventifs et curatifs.

Le fait de dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide peut faire diminuer de 20 pour cent la mortalité infantile globale. On a démontré que ces moustiquaires, lorsqu’elles sont utilisées constamment et correctement, peuvent sauver la vie de six enfants par an sur mille enfants dormant sous une moustiquaire.

Un accès rapide à un traitement efficace permet de réduire plus encore le nombre de décès. Un traitement préventif intermittent du paludisme durant la grossesse peut diminuer de façon significative le taux d’insuffisance pondérale à la naissance et celui d’anémie maternelle.

Malheureusement, de nombreux enfants, notamment en Afrique, continuent à mourir du paludisme dans la mesure où ils ne dorment pas sous des moustiquaires imprégnées d’insecticide et où ils sont dans l’impossibilité d’accéder à un traitement qui sauve la vie dans les 24 heures suivant les premiers symptômes. D’après les statistiques les plus récentes sur l’usage des moustiquaires imprégnées d’insecticide dans les ménages, en Afrique, les taux de couverture sont faibles et n’atteignent qu’environ 5 pour cent. Cependant, de récents efforts en vue d’augmenter la couverture ont contribué à des progrès significatifs dans plusieurs pays.

Les parasites porteurs de paludisme faisant preuve d’une résistance de plus en plus grande à la chloroquine et à la sulphadoxine-pyriméthamine – qui étaient auparavant les traitements antipaludiques les plus largement utilisés – soixante-huit pays ont été ainsi amenés à modifier leurs protocoles de traitement nationaux afin d’y introduire les nouvelles polythérapies à base d’artémisinine ou ACT (artemisinin-based combination therapies) qui sont très efficaces.

Des indices tendent à démontrer de plus en plus clairement que lorsque paludisme et VIH (PDF en anglais) sévissent en même temps, il y a interaction entre les infections. Le paludisme aggrave le VIH en accroissant la charge virale chez les adultes et les femmes enceintes ; il est possible qu’il accélère la progression vers le SIDA et qu’il augmente le risque de transmission du VIH d’adulte à adulte et de la mère à l’enfant. Chez les adultes avec un faible taux de cellules CD4 et chez les femmes enceintes touchées par le VIH, le paludisme semble être plus grave.

Objectifs

Conformément aux Objectifs du Millénaire pour le développement, à la Déclaration d’Abuja (PDF en anglais) visant à Faire reculer le paludisme (en anglais) en Afrique, aux objectifs du document intitulé « Un Monde digne des enfants » adopté à l’issue de la Session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants et aux mises à jour contenues dans le Plan stratégique 2005-2015 Faire reculer le paludisme (en anglais), l’UNICEF s’efforce de contribuer à atteindre les objectifs suivants :

D’ici 2010, en particulier dans les deux quintiles économiques les plus faibles :

  • protection de 80 pour cent des personnes risquant de contracter le paludisme, grâce à des méthodes de contrôle appropriées locales telles que les moustiquaires imprégnées d’insecticide, et le cas échéant, à la pulvérisation résiduelle intérieure et, dans certains contextes, d’autres mesures d’ordre environnemental et biologique ;
  • diagnostic et traitement de 80 pour cent des personnes atteintes de paludisme avec des médicaments antipaludiques, par exemple la polythérapie à base d’artémisinine ou ACT, dans le jour qui suit l’apparition des symptômes ;
  • dans les zones où la transmission est stable, traitement préventif intermittent du paludisme ou IPTp de 80 pour cent des femmes enceintes ;
  • diminution de 50 pour cent, par rapport à 2000, du fardeau que constitue le paludisme.

D’ici 2015 :

  • recul de 75 pour cent par rapport à 2005 de la morbidité et de la mortalité dues au paludisme, non seulement au niveau des agrégats nationaux mais en particulier dans les groupes les plus pauvres de tous les pays touchés ;
  • réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement relatifs au paludisme, non seulement au niveau des agrégats nationaux mais aussi dans les groupes les plus pauvres de tous les pays touchés ;
  • existence d’une couverture universelle et équitable, avec des interventions efficaces.

En quoi consiste l’aide de l’UNICEF ?

L’UNICEF est un partenaire fondateur, avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Banque mondiale (en anglais), de l’initiative Faire reculer le paludisme, un partenariat mondial créé en 1998 dans le but de réduire de moitié d’ici 2010 le fardeau du paludisme dans le monde.

Reconnaissant que le paludisme est l’un des principaux facteurs de mortalité infantile en Afrique, la prévention et la lutte contre cette infection font partie intégrante de l’ensemble minimum des interventions de l’UNICEF à forte incidence sur la survie maternelle et infantile. La programmation intégrée de ce type utilise des systèmes existants avec un recours relativement élevé par des groupes cibles. Il s’agit notamment du Programme élargi de vaccination (Expanded Program on Immunization – EPI), de la Prise en charge intégrée des maladies du nouveau-né et de l’enfant ( Management of Neonatal and Childhood Illness – IMNCI), de journées de santé de l’enfant pour les enfants de moins de cinq ans et de soins anténatals (ANC) pour les femmes enceintes.

Les moustiquaires imprégnées d’insecticide

L’UNICEF est le plus gros acheteur et fournisseur de moustiquaires imprégnées d’insecticide (ITN) dans le monde et en 2006 l’organisation a acheté plus de 24 millions de moustiquaires.

Les gros efforts, effectués récemment, en vue d’accroître le volume des ITN mises à disposition en Afrique ont donné des résultats impressionnants. De remarquables progrès ont déjà été enregistrés dans le taux de couverture de certains pays. C’est ainsi qu’au Togo, le taux de couverture est passé de 2 pour cent à 54 pour cent en seulement 5 ans (enquête 2000 du MICS et résultats préliminaires de l’enquête 2005 du Center for Disease Control/Ministry of Health – CDC/MOH). Depuis peu, un certain nombre d’autres pays, notamment le Kenya, le Rwanda et le Malawi, ont augmenté notablement le volume d’ITN distribuées et on s’attend à ce qu’ils se rapprochent de façon nette des objectifs d’Abuja pour la couverture en matière d’ITN.

Avec ses partenaires, l’UNICEF distribue les ITN en ayant recours aux services sanitaires habituels et à des démarches de campagne. L’UNICEF coopère avec les ministères de la santé, des organisations non gouvernementales (ONG) ainsi qu’avec des agents sanitaires de communauté et de village afin de créer des systèmes locaux de distribution.

Traitement préventif intermittent

Le traitement préventif intermittent consiste à administrer aux femmes enceintes au moins deux doses d’un médicament antipaludique, actuellement la sulphadoxine-pyriméthamine (SP), à chaque consultation anténatale programmée après le premier trimestre de la grossesse, qu’elles présentent ou non des symptômes de paludisme. Il a été établi que ce traitement préventif réduit considérablement le risque d’anémie chez la mère, ainsi que l’insuffisance pondérale à la naissance.

Le partenariat de l’UNICEF avec l’initiative Pour une grossesse à moindre risque (en anglais) et sa participation à des services de soins anténatals nationaux contribue à assurer aux femmes et à leurs nouveau-nés un accès à des services de qualité dans le domaine des soins anténatals et de l’hygiène en matière de reproduction, notamment le traitement préventif intermittent contre le paludisme et les moustiquaires imprégnées d’insecticide.

Des études montrent que le traitement préventif intermittent des nouveau-nés (IPTi) peut permettre de réduire l’anémie et le paludisme clinique chez les nourrissons et pourrait être prochainement administré dans le cadre des consultations de vaccination systématique. L’UNICEF est membre du Consortium IPTi, qui mène actuellement des recherches sur la faisabilité de cette intervention supplémentaire en Afrique.

Traitement antipaludique efficace

Pour un enfant atteint de paludisme, attendre ne serait-ce que six heures, avant d’être traité, peut être mortel. Grâce à des programmes de survie intégrés, l’UNICEF accorde son aide aux gouvernements et à des partenaires pour le traitement du paludisme en ayant recours à des ACT nouveaux et très efficaces dans des centres de santé  fixes et en développant le traitement du paludisme à domicile dans le cadre de l’IMNCI. L’UNICEF travaille avec les gouvernements et les communautés en vue d’améliorer et de promouvoir la prise en charge rapide et efficace des cas de paludisme et de veiller à ce que des enfants aient accès à des médicaments dans les 24 heures suivant l’apparition de la maladie.

L’UNICEF participe également à l’achat et à la fourniture des ACT. En 2006, les services des achats de l’UNICEF ont fourni 7,3 millions de doses d’ACT pour le traitement du paludisme en Éthiopie, dont 3,9 millions ont déjà été distribuées par le système de santé publique.

Paludisme et VIH

L’UNICEF et ses partenaires aident à une meilleure communication sur l’aggravation du danger du paludisme chez les personnes touchées par le VIH et sur la nécessité de développer la prévention et le traitement, y compris en fournissant des ITN dans le cadre des soins habituels prodigués aux personnes séropositives, notamment aux femmes enceintes. Des expériences récentes amènent à penser que la prophylaxie par le cotrimoxazole pour toutes les personnes séropositives, dans un ensemble de soins de base et avec l’administration d’ITN, peut permettre de diminuer la mortalité et la morbidité et de retarder le besoin d’une thérapie antirétrovirale.

Partenariats mondiaux pour la prévention et la lutte antipaludique

L’UNICEF joue un rôle clé dans les partenariats mondiaux, régionaux et nationaux contre le paludisme.

L’UNICEF a participé à la fondation et est un membre clef du partenariat Roll Back Malaria – RBM (Faire reculer le paludisme), qui réunit notamment des gouvernements de pays touchés par cette maladie, des représentants du secteur privé, des organismes de recherche, des organisations non gouvernementales. En outre, l’organisation renforce ses partenariats antipaludiques avec la Banque mondiale, l’Initiative du Président des États-Unis contre le paludisme, le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, Malaria No More (Plus de paludisme) et UNITAID (Facilité internationale d’achat de médicaments).

Le 25 avril 2000, des chefs d’État ou des hauts représentants de 44 pays africains touchés par le paludisme se sont réunis à Abuja, Nigéria, à l’occasion du premier Sommet jamais organisé sur le paludisme. La Journée africaine du paludisme est fêtée chaque année le 25 avril afin d’attirer l’attention du monde sur les défis à relever et les réponses apportées. Le thème pour la Journée africaine du paludisme 2007 est Leadership et partenariat pour obtenir des résultats, l’accent étant mis sur la nécessité de travailler en partenariat pour inverser la tendance à la progression du paludisme et pour avoir une incidence appréciable sur les pays où cette maladie existe à l’état endémique.

On estime qu’environ 3 milliards de dollars US sont nécessaires chaque année à la prévention et à la lutte contre le paludisme au niveau mondial (Rapport mondial sur le paludisme). Parmi les donateurs, on compte le Fonds mondial, la Banque mondiale, des organisations bilatérales telles que USAID; des organisations spécialisées des Nations Unies, des ONG internationales, des fondations, de grosses sociétés multinationales et de très riches particuliers. Il existe d’autres sources de financement, notamment les affectations budgétaires nationales et l’incorporation des besoins de lutte contre le paludisme dans les Documents nationaux de stratégie pour la réduction de la pauvreté (PRSP), les approches sectorielles (SWA) et les ensembles de mesures essentielles en matière sanitaire. Grâce à plusieurs initiatives clés, des ressources significatives pour la prévention et la lutte contre le paludisme ont été dégagées au cours de ces dernières années.

L’UNICEF appuie les efforts de sensibilisation et de création de partenariats en consacrant ses propres ressources et son expérience afin de s’assurer que les femmes et les enfants soient prioritaires dans le développement et le financement national et international. L’UNICEF a conclu récemment un partenariat avec Malaria No More (en anglais), une organisation cadre qui joue un rôle d’échange pour les dons effectuées par des personnes et des organismes privés dans le but de fournir une moustiquaire imprégnée d’insecticide à toute famille qui en a besoin dans l’Afrique subsaharienne.

L’UNICEF est associé avec le Fonds mondial et l’OMS afin d’accéder au financement d’UNITAID pour l’aide aux achats de médicaments antipaludiques, notamment les ACT.

Ce nouveau mécanisme de financement, lancé à la conférence de Paris sur les sources innovantes du financement du développement, va mobiliser chaque année jusqu’à 600 millions de dollars US par le biais d’une taxe internationale sur les billets d’avion pour l’achat de médicaments permettant de traiter le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme.

L’UNICEF est également partenaire de l’Initiative du Président des États-Unis contre le paludisme (en anglais, PMI), créée en juin 2005 et qui doit augmenter le financement de la prévention et du traitement contre le paludisme de plus de 1,2 milliard de dollars US sur cinq ans.


 

 

Brochure contre le paludisme

Le paludisme, une infection parasitaire qui fait plus d’un million de morts dans le monde chaque année, handicape la croissance économique de l’Afrique et perpétue le cercle vicieux de la pauvreté. En Afrique subsaharienne, le paludisme touche principalement les jeunes enfants, dont 3000 meurent chaque année – ce qui représente environ 20 pour cent de tous les décès d’enfants. Le paludisme : une cause majeure de mortalité infantile et de pauvreté en Afrique" publié par l’UNICEF en janvier 2004, comprend des études de cas et une représentation graphique du paludisme endémique, présentant les grandes lignes de l’action que l’UNICEF et ses partenaires doivent mener pour maîtriser le paludisme en Afrique.

 

Quoi de neuf ?

Le Paludisme et les enfants: Couverture du progrès dans les interventions, UNICEF, 2009 (en anglais). Voir aussi le rapport de 2007

Le Rapport mondial sur le paludisme 2005, initiative pour Faire reculer le Paludisme. Ce rapport met à jour et complète le Rapport sur le paludisme en Afrique 2003 (en anglais).

Notes techniques sur le paludisme

Sept notes techniques de l’UNICEF sur le paludisme, visant à faciliter la mise en œuvre des programmes à l’échelle des pays, sont proposées à la rubrique Documents techniques et directifs:

  •  Approche de mise en œuvre du paludisme
  •  Ensemble d’interventions dans le domaine de la santé infantile
  •  Ensemble d’interventions dans le domaine de la santé en matière de reproduction
  •  Politique de traitement du paludisme 
  •  Moustiquaires imprégnées d’insecticide 
  •  Paludisme et VIH/SIDA 
  •  Suivi et évaluation 

Articles et données connexes

Une liste d’article, de documents évalués par des comités d’experts et de données connexes se trouve à la rubrique Ressources
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