Santé

Prise en charge intégrée des maladies de l’enfance

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ95-0971/ Noorani
Pendant un cours d’éducation sanitaire, un agent de santé se sert d’un tableau pour expliquer à un groupe de femmes qu’il est important de manger des légumes nutritifs pendant la grossesse. Bangladesh

Objectifs

D’ici à 2010, réduire d’au moins un tiers les taux de mortalité infantile et des enfants de moins de 5 ans en ayant à l’esprit une réduction de deux tiers de ces taux d’ici à 2015.

Défis

Chaque année, dans les pays en développement, près de 11 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent de maladies facilement évitables et traitables, telles que la déshydratation diarrhéique, les infections aiguës des voies respiratoires, la rougeole et le paludisme. Dans la moitié des cas, la maladie est compliquée par la malnutrition.

Si l’amélioration des traitements médicaux et un meilleur accès aux soins médicaux ont amélioré le sort des enfants dans de nombreuses régions du monde, dans d’autres régions, un nombre élevé d’enfants continuent à mourir inutilement. Beaucoup de ces enfants n’ont jamais été amenés en consultation dans un établissement médical – parce que les services n’existent pas, ou parce que les familles n’y ont pas accès, ou encore parce que les familles ou l’entourage de l’enfant n’ont pas su reconnaître les signes alarmant d’une maladie meurtrière. En Tanzanie, jusqu’à 40 pour cent des enfants qui ont perdu la vie n’avaient jamais été emmenés dans un centre de soins, ce taux atteignant même 74 pour cent en Bolivie.

Solutions

Puisque la majorité des décès d’enfants intervient à domicile et non pas dans un établissement de santé, la stratégie de la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PIME) vise à prévenir les décès en améliorant la santé de l’enfant dans le cadre communautaire. Cette stratégie porte sur trois grands thèmes : l’amélioration des compétences des agents sanitaires, le renforcement des systèmes de santé et l’amélioration des pratiques familiales et communautaires (prise en charge intégrée des maladies de l’enfant au niveau communautaire.

L’UNICEF et ses partenaires, notamment l’OMS, encourgent une prise en charge intégrée des maladies de l’enfant en accordant une assistance technique aux pays qui l’appliquent. Le but est notamment d’améliorer les compétences des agents sanitaires en termes de prise en charge des cas dans le cadre d’une étude théorique et de stages pratiques. Les maladies les plus courantes chez les enfants dans les pays en développement, notamment les infections aiguës des voies respiratoires (IRA), bénéficient d’une attention particulière.

L’UNICEF plaide aussi auprès des gouvernements pour qu’ils améliorent leurs systèmes de santé, notamment en s’assurant que les médicaments, les fournitures et les équipements essentiels sont disponibles. L’UNICEF les aide à acheter ces articles, par exemple le matériel nécessaire à la vaccination de routine, des suppléments en vitamine A, des moustiquaires traitées à l’insecticide dans les régions impaludées et des trousses de traitement du paludisme à domicile (médicaments antipaludiques préemballés).

L’UNICEF participe à l’amélioration de l’organisation, de la coordination et de la gestion des interventions de santé infantile ; au renforcement du suivi et de l’évaluation des services de santé ; et à la consolidation de la coordination entre les établissements de santé et les communautés.

Dans le cadre de sa collaboration avec les gouvernements et les communautés, l’UNICEF soutient les efforts visant à améliorer les pratiques familiales et communautaires. Se fondant sur les progrès scientifiques, l’UNICEF a identifié un certain nombre de pratiques qui jouent un rôle crucial dans la santé et le développement de l’enfant.

Au nombre de ces pratiques, on peut citer : l’allaitement maternel et l’alimentation complémentaire, l’hygiène (lavage des mains et élimination sans danger des matières fécales) et l’aide à la prévention du paludisme (grâce à l’utilisation systématique de moustiquaires traitées à l’insecticide, la prise en charge à domicile des épisodes fiévreux pas trop graves et la reconnaissance des symptômes de façon à pouvoir aiguiller immédiatement les cas à température élevée vers un établissement de santé).

Plus de 80 pays ont adopté avec succès la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant dans leurs systèmes de santé ; plus de 40 pays accordent une attention particulière à l’amélioration des pratiques familiales et communautaires estimant que c’est un bon moyen d’atteindre les enfants vulnérables.

« Nous savons que près de 90 pour cent des enfants qui perdent la vie chaque année meurent à la maison. La manière dont on s’occupe des enfants à la maison et dans leurs communautés a un impact décisif sur leurs chances de survie. Nous devons fournir aux parents et aux personnes qui élèvent des enfants les connaissances et les services essentiels qui peuvent sauver la vie de leurs enfants. » – Carol Bellamy, Directrice générale de l’UNICEF

L’UNICEF encourage ces pratiques auprès des gouvernements, des prestataires de santé et des dirigeants communautaires. Nous les aidons à réunir et examiner les informations dont nous disposons concernant les pratiques familiales, évaluer les priorités et établir des groupes de travail avec d’autres partenaires et organisations non gouvernementales (ONG) pour mobiliser un soutien et s’attaquer aux problèmes identifiés.

Dans les districts et les communautés, l’UNICEF aide les dirigeants à évaluer les ressources existantes, choisir les secteurs dans lesquels des activités communautaires peuvent être introduites ou améliorées, et à impliquer les groupes locaux, tels que les ONG et les groupes de mères, dans la promotion des pratiques les plus essentielles et la formation des communautés à la prévention et à la prise en charge des maladies courantes comme l’anémie et la diarrhée.

Au Tamil Nadu, en Inde, l’UNICEF a soutenu le Tamil Nadu Science Forum, une organisation non gouvernementale, qui travaille avec près de 500 villages. Le programme a constitué des comités sanitaires dans les villages, dans chaque cas avec l’aide d’un activiste local qui avait suivi une formation spéciale. Ceux-ci font passer leurs messages grâce à des programmes culturels, des réunions villageoises et des visites aux familles, et en organisant des réunions thématiques et des séances individuelles avec les mères. Le succès du programme a été confirmé par une augmentation de 21,4 pour cent du nombre d’enfants ayant un poids « normal ».

Les résultats de la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant par la communauté à Madagascar, où l’UNICEF a travaillé avec le ministère de la Santé afin de créer une structure nationale susceptible de coordonner les soins de santé communautaires, sont frappants. Cette approche a été adoptée dans 26 des 111 districts du pays, couvrant ainsi 252 800  personnes. Dans ces zones, l’allaitement exclusivement au sein est passé de 22 à 58,5 pour cent ; 78 pour cent de l’ensemble des ménages ont commencé à utiliser des moustiquaires et la couverture vaccinale a fait un bon en avant, passant de 31 à 97 pour cent.

Partenariats et initiatives mondiaux

L’UNICEF a coopéré étroitement avec l’OMS et d’autres partenaires à la mise en œuvre de la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant, et en particulier de son volet communautaire, et il contribue à l’initiative de l’OMS de lutte contre le paludisme (Roll Back Malaria initiative) en s’appuyant sur des actions communautaires pour informer les populations sur la prévention du paludisme et distribuer des moustiquaires et des trousses de traitement à domicile.


 

 

Fiches de synthèse

Qu'est-ce que la PIME ? (pop-up)

Quelles sont les 16 pratiques familiales clés ? (pop-up)

Nos partenaires

Le Groupe de travail interorganisations sur la PIME communautaire  réunit divers partenaires, y compris des donateurs bilatéraux, des organismes internationaux et des ONG, qui apportent une assistance technique aux pays ayant décidé d’améliorer la santé de leurs enfants  en s’adressant aux communautés.
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