NEW YORK, États-Unis, 26 mars 2012 – le tic-tac d’une bombe à retardement menace le Sahel.
Avril marque le début de la période de soudure dans la région. Au sahel, une région aride qui s’étire sur huit pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, la pluie ne tombe qu’une fois par an.
| VIDÉO : 26 mars 2012 – Le reportage du correspondant de l’UNICEF, Patrice Brizard sur les préparatifs pour gérer la crise alimentaire et nutritionnelle au Sahel. Regarder dans RealPlayer |
Mais l’année dernière il n’a pas plu assez, et maintenant une crise est imminente.
Une urgence pointe à l’horizon
Dix millions de personnes sont déjà menacées par l’insécurité alimentaire.
« Nous estimons qu’en 2012, plus d’un million d’enfants souffriront de malnutrition sévère aigüe », explique le Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du centre, David Gressly. « Il est primordial de comprendre que la malnutrition peut tuer ».
Beaucoup de désastres naturels frappent sans prévenir. Mais au Sahel c’est différent. L’urgence qui pointe à l’horizon, est le résultat de la montée des prix des denrées alimentaires, des mauvaises récoltes et de la profonde fragilité de la vie dans la région.
| VIDÉO : regardez le message d'intérêt général appelant les donateurs à aider d'urgence les enfants du Sahel affectés par la crise. Regarder dans RealPlayer |
Quand elles ne peuvent prospérer suffisamment pour s'alimenter par elles-mêmes, les familles vendent leur bétail. Ce faisant elles sont plus vulnérables quand survient la « saison de la faim ».
Se préparer à la crise
Cependant une crise prévisible est une crise pour laquelle on doit se préparer.
L'UNICEF a commencé à s’y préparer l’année dernière ; achetant et expédiant de grandes quantités d’aliments thérapeutiques et de médicaments, engageant des personnels supplémentaires, et aidant les gouvernements dans leurs préparatifs.
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| © UNICEF/NYHQ2011-2207/Esteve |
| À l’entrepôt de l’UNICEf à N’Djamena au Tchad, des employés préparent la distribution de cartons d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi. |
« La crise débutera vraiment d’avril à juin. Nous nous mettons donc dès maintenant en position d’y répondre quand elle se produira », déclare David Gressly.
« Fondamentalement nous prévoyons trois phases », continue-t-il. « La phase d’intervention, d’action d’urgence, pour gérer la malnutrition croissante dans les huit pays concernés. Deuxièmement, mettre en place des filets de sécurité dans chacun de ces pays, comme cela a déjà été le cas au Niger pour prendre en compte la malnutrition que nous connaissons cette année et qui se continuera probablement dans les prochaines années. Et, troisièmement répondre à la nature chronique du problème, en accroissant la future résilience face à cette menace récurrente et en commençant à résoudre certains des facteurs sous-jacents de la malnutrition ».
Au fil de ces différentes étapes, l’UNICEF s’attache non seulement à donner de la nourriture aux enfants, mais également à leur procurer les soins médicaux et thérapeutiques appropriés à leur état, afin que la crise ne compromette pas leur développement à long terme.
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