Analyse de politiques et partenariats pour les droits des enfants

Les débats du sommet sur les OMD en quête d'un progrès pour tous, y compris les plus vulnérables

La journée finale est consacrée à la santé maternelle, à l'eau et à l'assainissement

Par Tim Ledwith

NEW YORK, États-Unis, 22 septembre 2010 – Le sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le développement de l'ONU s'est achevé en s'attachant particulièrement à viser les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables afin de réaliser les OMD d'ici 2015, leur date d'échéance. Lors du dernier volet de cette réunion de trois jours, l'UNICEF a participé à des débats spéciaux sur trois secteurs essentiels des cibles des OMD : la santé maternelle, l'eau et l'assainissement et l'éducation.

VIDÉO (en anglais) : 22 septembre 2010 – le reportage de la correspondante de l'UNICEF, Chris Niles, sur les sujets mis au premier plan lors de la troisième et dernière journée du sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le développement de New York.

 

Le débat consacré à la santé maternelle s'est déroulé la nuit dernière au siège de l'UNICEF. Organisé par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), il rassemblait un groupe de dirigeants et de spécialistes et était consacré à l'organisation de l'accélération des progrès vers les OMD 5. 

Entre autres cibles, cet objectif requiert la réduction de la mortalité maternelle et la mise en place de l'accès universel à la santé procréative.

Obtenir des résultats

Depuis 1990, la mortalité maternelle a été réduite dans le monde de plus d'un tiers bien qu'environ 1000 femmes continuent chaque jour de mourir à la suite de complications liées à la grossesse et à l'accouchement – la plupart se trouvant en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. 

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2010-1909/Markisz
Le Directeur général de l'UNICEF Anthony Lake (à gauche) s'exprime lors d'un débat animé par l'UNICEF sur la santé maternelle. Parmi les intervenants, sur l'estrade, figuraient des experts et des responsables des Gouvernements béninois, éthiopiens et népalais, du Fonds des Nations Unies pour la population, de l'Organisation mondiale de la Santé, de la Banque mondiale et d'ONUSIDA.

Bien que la vaste majorité de ces décès soient évitables, on n’est pas sur la bonne voie pour atteindre l’OMD 5, selon les tendances actuelles. Un effort mondial organisé sera nécessaire pour y parvenir. La priorité qu’il est impératif d’accorder à une démarche fondée sur l'équité pour la santé maternelle a occupé le devant de la scène lors du débat.

« Pendant des années, nous avons cru qu'il était simplement trop cher de sauver les vies des femmes dans la plupart des endroits défavorisés, » a expliqué le Directeur général de l'UNICEF, Anthony Lake. Faisant référence aux conclusions du récent rapport de l'UNICEF « Progrès pour les enfants », il a ajouté : « En concentrant nos efforts sur le développement à grande échelle d'actions concrètes qui touchent les femmes les plus pauvres et les plus marginalisées, nous pourrons atteindre les OMD 5 plus rapidement, de façon plus économique et avec plus d'équité. » 

La secrétaire à la Santé de l'Inde, Sujatha Rao, a également insisté sur la nécessité d'atteindre les femmes marginalisées avec une prise en charge dans le domaine de la santé maternelle et reproductive. « Celles qui sont les plus sinistrées sont aussi les plus pauvres et les plus défavorisées et en Inde, cela représente une vaste population. Par conséquent, l'équité est absolument ce qu'il y a de plus indispensable si nous voulons obtenir une société stable. » 

 « Nous devons aboutir à des résultats, » a affirmé le Dr Margaret Chan, Directrice générale de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). « Nous devons toucher les plus pauvres parmi les pauvres et les femmes et les enfants qui sont les plus difficiles à atteindre. »

Actions dans le domaine de la santé maternelle

Dans ce but, le FNUAP, l'UNICEF, l'OMS et la Banque mondiale ont uni leurs forces au sein de l'alliance « H 4+ » - à laquelle s'est jointe ultérieurement ONUSIDA – afin d'aider les pays ayant les taux les plus élevés de mortalité maternelle et du nouveau-né. Ces institutions et leurs partenaires sont à pied d'œuvre pour accroître la proportion de naissances assistées par du personnel médical qualifié et pour étendre la couverture des soins prénatals et post-natals pour les femmes et les nouveau-nés.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2010-1912/Markisz
La secrétaire à la Santé et à la Population du Népal, Sudha Sharma, prend la parole lors du débat sur les objectifs en matière de santé maternelle des OMD 5 qui s'est déroulé au siège de l'UNICEF. A ses côtés, à la tribune, le Directeur général de l'UNICEF, Anthony Lake.

« Offrir une prise en charge et un traitement aux femmes séropositives est un autre aspect du défi qui se pose à la santé maternelle, » a expliqué le Dr K.C.S. Malefho, Secrétaire permanent du ministère de la Santé au Botswana, un pays qui a réussi à réduire la transmission de la mère à l'enfant du VIH chez les nouveau-nés.

« Le gouvernement du Botswana comprend simplement qu'il ne servirait à rien de sauver des bébés et de laisser leurs mères mourir, » a déclaré le Dr Malefho. « Par conséquent, notre programme pour la prévention de la transmission de la mère à l'enfant a été, dès le départ, lié à des programmes de maternité sans risques. »

Impact sur l'eau et l'assainissement

Au-delà de la santé maternelle, l’OMD 7 est un autre objectif vers lequel on ne progresse pas suffisamment vite. Cet objectif vise à réduire de moitié la proportion de personnes privées d'un accès durable à l'eau potable et des équipements sanitaires les plus élémentaires. Cela a été le sujet d'un débat de haut-niveau lors d'un petit-déjeuner de travail qui s'est déroulé ce matin au siège de l'ONU. 

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© UNICEF/NYHQ2010-1926/Berkwitz
Son Altesse Royale le Prince d'Orange, le Prince héritier Willem-Alexander des Pays-Bas, anime un débat sur l'eau et l'assainissement.

Le Prince héritier Willem-Alexander des Pays-Bas, qui préside le Conseil consultatif sur l'eau et l'assainissement du Secrétaire général des Nations Unies, a soutenu un appel pour sauver des millions de vies en développant à une plus grande échelle les programmes d'eau et d'assainissement. D'autres participants ont observé que de tels programmes ne constituent qu'une faible priorité en termes de financement par rapport à d'autres secteurs même s'ils renforcent les progrès d'une grande partie des OMD.

Par exemple, des installations sanitaires adaptées aux besoins des filles comme des garçons améliorent la fréquentation scolaire et les programmes d'eau potable réduisent la mortalité infantile en prévenant les maladies d'origine hydrique qui sont mortelles. Le manque d'eau potable est le plus cruellement visible en Afrique, où la diarrhée est la principale cause des décès chez les enfants de moins de cinq ans.

Source de préoccupation

« Bien que je sois optimiste sur ce que nous avons accompli, je suis néanmoins préoccupée, » a déclaré la Présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf lors du petit-déjeuner de travail. « Malgré le rôle essentiel  que jouent l'assainissement, l'eau et l'hygiène pour faire avancer les progrès dans toutes les autres parties de l'Afrique, ce secteur est peu débattu, ne passe pas en priorité et, par conséquent, manque de moyens. »

La sous-secrétaire d'État des États-Unis Maria Otero a ajouté : « Nos progrès sont trop lents... Nous avons la technologie, nous avons le savoir-faire. Tout cela n'est pas sorcier. »
Les gouvernements du Japon, de la République de Corée, du Libéria, du Sénégal, du Tadjikistan et des États-Unis ont parrainé ce débat sur l'eau et l'assainissement qui a aussi fait l'objet de remarques de soutien par le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Anja Baron, Nina Martinek et Chris Niles ont participé à ce reportage.


 

 

Vidéo (en anglais)

Septembre 2010 : le ministre norvégien de l'environnement et du développement international Erik Solheim discute de l'importance de l'éducation si l'on veut atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement avec équité, d'ici 2015.
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Le Dr. Waheed Hassan, Vice Président des Maldives, discute de l'importance d'investir dans l'éducation et de parvenir à toucher jusqu'aux plus marginalisés pour réaliser l'objectif du Millénaire pour le développement dans le domaine de l'éducation primaire universelle.
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