Santé

« Diarrhée : pourquoi des enfants continuent d'en mourir et ce que l'on peut faire »

Le rapport conjoint UNICEF/OMS sur la prévention et le traitement du deuxième facteur de mortalité infantile

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© UNICEF/NYHQ2003-0458/Noorani
Au Bénin, où le taux de mortalité des nourrissons pour les enfants de moins de cinq ans demeure l’un des plus élevés du monde, à l’extérieur du dispensaire communautaire d’Adja-Ouere, une femme donne à son très jeune enfant une cuillerée de sels de réhydratation orale pour soigner une déshydratation diarrhéique.

NEW YORK, États-Unis, 14 octobre 2009 – Un nouveau rapport publié aujourd’hui par l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la Santé présente un plan en sept points qui vise à réduire l’incidence de la diarrhée dans le monde.

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La diarrhée constitue le second facteur de mortalité infantile. Parmi les enfants de moins de cinq ans, près d’un sur cinq meurt de déshydratation, d’un affaiblissement de ses défenses immunitaires ou de malnutrition liées à la diarrhée.

Pourtant, il s’agit d’une maladie évitable et qu’il est possible de soigner facilement.

« Il est tragique que la diarrhée, qui n’est guère plus qu’un désagrément dans le monde développé, tue chaque année 1,5 million d’enfant, selon les estimations, » a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF, Ann M. Veneman.

« Nous savons où les enfants meurent de diarrhée », a précisé la Directrice générale de l’OMS, le Dr Margaret Chan. « Nous savons ce qui doit être fait pour empêcher ces décès. Il nous faut travailler avec les gouvernements et les partenaires pour mettre en œuvre ce plan en sept points. »

Des traitements prometteurs

Chez les enfants de moins de cinq ans, la mortalité due à la diarrhée a reculé durant les deux dernières décennies, mais l’incidence globale est restée au niveau de 2,5 milliards de cas par an. Le fardeau le plus lourd est encore supporté par l’Asie du Sud et l’Afrique.

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Une fille de 14 ans, qui souffre de déshydratation, se repose sur les genoux de sa mère, dans un hôpital pédiatrique de Bagdad, en Iraq.

Dans ce nouveau rapport, intitulé « Diarrhée : pourquoi des enfants continuent d’en mourir et ce que l’on peut faire », l’UNICEF et l’OMS préconisent un régime de sels de réhydratation orale (SRO) et de zinc pour soigner la diarrhée. Ceci, allant de pair avec la poursuite de l’allaitement maternel et l’absorption de fluides, permet de réduire fortement la mortalité.

La thérapie à base de réhydratation orale a constitué depuis longtemps la règle d’or du traitement de la diarrhée et « l’une des avancées médicales majeures du 20ème siècle », a rappelé le Spécialiste principal en santé de l’UNICEF, Mark Young.

« Nous disposons à présent d’une version améliorée de SRO, appelée SRO à osmolarité réduite Ces SRO ont remplacé depuis quelques années les SRO classiques, ils sont de plus en plus utilisés et sauvent davantage de vies », a-t-il observé.

L’accent mis sur la prévention

« Ce n’est pas seulement la mortalité due à la diarrhée qui nous préoccupe, mais aussi les difficultés que cette morbidité entraîne », a dit Clarissa Brocklehurst, Chef de la Section Eau, assainissement et hygiène de l’UNICEF. Elle a insisté sur le fait que de fréquents épisodes de diarrhée, même s’ils ne sont pas mortels, ont un impact considérable sur le système immunitaire de l’enfant, sur sa situation nutritionnelle et sur son développement cognitif.
C’est la raison pour laquelle cinq des sept recommandations du rapport sont focalisées sur la prévention, plutôt que sur le traitement. Citons parmi les mesures suggérées :

  • Allaitement maternel exclusif du nourrisson et apport d’un supplément en vitamine A
  • Vaccinations contre les rotavirus et contre la rougeole
  • Lavage des mains au savon
  • Amélioration de l’approvisionnement en eau
  • Assainissement réalisé au niveau local
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© UNICEF/NYHQ2004-0518/Horner
Un jeune enfant, souffrant de diarrhée aiguë, est sous perfusion intraveineuse dans le service pédiatrique de l’hôpital du Comté de Yonsan, en République populaire démocratique de Corée. L’UNICEF fournit à cet hôpital des équipements, des médicaments et une assistance technique.

Le vaccin contre les rotavirus

Le nouveau vaccin contre les rotavirus peut réduire jusqu’à 40 pour cent le nombre d’hospitalisations actuellement imputables à la diarrhée. Toutefois, si son coût est abordable selon les normes des pays développés, lorsqu’il s’agit de vacciner les millions d’enfants à risque du monde en développement, le coût pose problème.

Néanmoins, le rapport appelle les gouvernements nationaux à inclure ce vaccin dans leurs plans nationaux de vaccination.

« C’est à nous d’aider les pays à prendre en compte ce vaccin et aussi aux donateurs de faire en sorte que les pays qui en ont besoin disposent des financements », a dit Dr. Young.

Nécessité d’élargir l’accès

Il y a trente ans, un effort ciblé de la communauté internationale a été couronné de succès et a permis de réduire la mortalité due à la diarrhée en développant l’usage de la thérapie par réhydratation orale. Cependant, l’accès aux traitements thérapeutiques reste stagnant depuis 2000.

« Il est décevant pour beaucoup d’entre nous que la diarrhée se soit tellement répandue, car c’est un facteur majeur dans la survie de l’enfant. Comment cela s’est-il produit ? C’est un peu un mystère », a dit Mme Brocklehurst.

« Bien sûr, d’autres maladies sont arrivées et ont accaparé l’attention », a-t-elle ajouté. « Ce qui veut dire que les dépenses pour réduire cette maladie n’ont absolument aucun rapport avec son impact. »


 

 

Vidéo (en anglais)

La correspondante de l’UNICEF, Elizabeth Kiem, procède à l’examen du nouveau rapport conjoint UNICEF/OMS sur la prévention et le traitement de la diarrhée.

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