Santé

Des flambées de choléra soulèvent des inquiétudes dans neuf pays d’Afrique australe

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© UNICEF/NYHQ2008-1488/Nesbitt
Cette fillette à moitié allongée sur un banc, et cette femme plus âgée attendent de recevoir des soins contre le choléra dans une clinique de Musengezi (Zimbabwe). L’UNICEF aide au fonctionnement de l’établissement.

Par Elizabeth Kiem

NEW YORK, États-Unis, 10 mars 2009 – Il y a plusieurs mois que le plus fort de la saison des pluies est passé mais le choléra demeure un problème pour les gouvernements de neuf pays d’Afrique australe.

Des milliers de cas de cette maladie d’origine hydrique ont été signalés au cours des derniers mois, de l’Angola à la Zambie, et une flambée particulièrement grave sévit au Zimbabwe, sur fond d’agitation politique continue.

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Rien qu’au Zimbabwe, au 5 mars 2009, le ministère de la Santé et le département de la Protection de l’enfant avaient signalé un  total de 87 995 cas présumés de choléra et 3975 décès à l’Organisation mondiale de la Santé.

Les pluies continues sont préoccupantes

« Les cas de choléra sont plus fréquents et surviennent dans un laps de temps plus long dans un bon nombre de pays »,  constate Bob McCarthy, Administrateur régional de l’UNICEF pour les programmes d’urgence en Afrique de l’Est et australe. « Il y a un mélange de cas. Il y a des cas de transmission le long des frontières avec le  Zimbabwe, mais nous avons également une situation où le choléra apparaît dans certaines régions indépendamment de ce qui se passe au Zimbabwe. »

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Ce bébé d’un an est soigné par voie intraveineuse pour l’aider à guérir du choléra à l’hôpital de la ville de Musina, dans la province sud-africaine du Limpopo, près de la frontière avec le Zimbabwe.

Les pays affectés sont : l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe.  

Bien que la période de novembre à décembre soit typiquement considérée comme la saison des pluies en Afrique australe, les prévisions météorologiques indiquent que de lourdes pluies vont se poursuivre, ce qui risque d’entraîner une nouvelle détérioration de la situation.

Impact régional

Le choléra est une maladie très contagieuse d’origine hydrique, les victimes ayant absorbé de l’eau ou des aliments souillés. Un grand nombre des régions où les taux d’infection sont les plus élevés se trouvent en bordure du Zimbabwe où l’instabilité politique, la chute des activités économiques et l’effondrement du système de soins de santé se sont conjugués pour attiser l’épidémie.

Même si l’on ne tient pas compte des cas venus du Zimbabwe, le nombre de cas dans les pays avoisinants demeure un problème.

« La plupart des pays sont encore dans une situation où un nombre inacceptable de décès continue à survenir », dit M. McCarthy, qui a participé à un atelier régional avec des Administrateurs de programmes de l’UNICEF et d’autres institutions de l’ONU à Johannesburg, le mois dernier, pour s’attaquer au problème du choléra et renforcer les capacités d’intervention des gouvernements.

Mission au Zimbabwe

Entre-temps, une mission conjointe UNICEF/Organisation mondiale de la Santé a rencontré à Harare le Président du Zimbabwe Robert Mugabe et d’autres personnalités de haut rang pour étudier une démarche qui permettrait d’intervenir simultanément contre le choléra et les pénuries alimentaires. 

« Tout le monde [au sein du gouvernement] a réitéré son soutien pour faciliter l’aide  humanitaire, nous fournir l’accès pour livrer l’aide humanitaire et améliorer l’espace humanitaire », dit le Conseiller de l’UNICEF pour la santé dans les  programmes d’urgence, Robin Nandy.   

Bien que le nombre absolu de cas de choléra et de décès dus à cette maladie soit en déclin au Zimbabwe, le taux de fatalité élevé reste obstinément élevé, à près de 5 %. Tant que le pays n’aura pas remis sur pied son système de services et d’infrastructure, les épidémies sanitaires risquent fort de rester sans solution.

M. McCarthy affirme que la flambée actuelle de choléra au Zimbabwe et dans la région entière est une des conséquences du mauvais état des systèmes de santé, d’hygiène et de d’approvisionnement en eau, rappelant que plus de la moitié de tous les décès d’enfants en Afrique sont imputables aux maladies diarrhéiques.

« Elles affectent le statut nutritionnel de l’enfant, sa croissance et son développement physique, dit-il, elles tuent beaucoup d’enfants ».


 

 

Audio (en anglais)

6 mars 2009 :
l’Administrateur régional de l’UNICEF chargé des programmes d’urgence, Bob McCarthy et le Conseiller régional pour la santé dans le contexte des programmes d’urgence Robin Nandy discutent des flambées de choléra en Afrique australe.
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