Santé

« Unis contre le paludisme » – Journée africaine du paludisme 2005

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© UNICEF/ HQ00-0162/Pirozzi
Un jeune garçon avec de la fièvre à cause du paludisme, appuie sa tête sur les genoux de sa mère, à Chokwe, Mozambique.

Par Rachel Bonham Carter

NEW YORK, 25 avril 2005 – Aujourd’hui, cinq ans après la première Journée africaine du paludisme, cette maladie reste celle qui tue encore le plus d’enfants en Afrique. C’est dans l’Afrique subsaharienne qu’on recense 90 pour cent des cas de paludisme, et 3 000 enfants meurent quotidiennement du paludisme dans cette partie du continent.

Sachant le travail effectué et celui qui reste à faire, les acteurs de la lutte contre le paludisme se réunissent pour dire toute l’importance du partenariat, lors de la Journée africaine du paludisme 2005, qui a pour thème « Unis contre le paludisme ».

La célébration officielle de cette Journée a lieu à Lusaka, la capitale de la Zambie. Ce pays a réalisé de grands progrès dans le combat contre le paludisme. D’importantes personnalités, en particulier le Directeur régional pour l’Afrique de l’OMS et Secrétaire exécutif de « Faire reculer le paludisme », le professeur Awa Marie Coll-Seck, ainsi que le Président de la République de Zambie, Son Excellence L. P. Mwanawasa, rencontrent des dirigeants communautaires, des vedettes de la scène, des membres de la population et des représentants de pays pour une journée de réflexion, de sensibilisation et de mobilisation autour de la question du paludisme.

Il y a également deux évènements majeurs de sensibilisation au paludisme qui s’achèvent à Lusaka lors de la Journée africaine du paludisme 2005 – la course cycliste de 135 kilomètres contre le paludisme et la route contre le paludisme. La course Nairobi-Lusaka est l’étape la plus récente d’un périple qui a commencé en 1988, après que David Robertson, le créateur de cet évènement, eut contracté le paludisme. Depuis lors, il a parcouru 26 pays africains avec sa Land Rover, apportant des moustiquaires et attirant l’attention sur cette maladie.

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Une famille assise sur un lit, devant une moustiquaire, dans la ville de Chokwe, au Mozambique. La réduction du nombre de décès pour cause de paludisme peut atteindre 50 pour cent lorsqu’on utilise correctement des moustiquaires imprégnées d’insecticide.

Les bons résultats obtenus par la Zambie sont dus en grande partie à la distribution de moustiquaires traitées à l’insecticide. Le pays a dépassé son objectif de distribution cette année de matériel de prévention contre le paludisme pour 60 pour cent des enfants de moins de cinq ans. Les moustiquaires traitées sont considérées comme l’un des meilleurs moyens de protection contre la maladie transmise par le moustique. Leur utilisation régulière peut faire baisser de 50 pour cent le nombre de décès causés par le paludisme ; pourtant moins de 5 pour cent des enfants africains dorment sous une moustiquaire. 

Les moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée sont encore plus utiles.  À présent, on les fabrique localement, en Tanzanie, après qu’un groupe de partenaires eut fourni la bonne technique de fabrication. La production doit passer de 1 à 7 millions d’ici à la fin de l’année.

« La campagne globale de fourniture de moustiquaires imprégnées d’insecticide, surtout en Afrique, décolle », dit Steve Jarrett, le Directeur adjoint aux approvisionnements de l’UNICEF. « Les capacités de l’industrie vont s’accroître de façon significative d’ici à la fin de cette année, de telle sorte qu’on peut s’attendre à disposer l’an prochain de près de 30 millions de moustiquaires traitées avec un insecticide de longue durée ».

Le paludisme n’est pas nécessairement mortel. En cas d’échec de la prévention, la maladie peut être soignée. Toutefois, les traitements les plus efficaces prévoient des thérapies à base d’artemisinine (ACT) dont le prix est dix fois plus élevé que les médicaments antipaludiques traditionnels – le prix d’une dose d’ACT se situe entre 1 et 2 dollars.

L’UNICEF s’efforce d’accroître les fournitures d’ACT sûre, efficace et d’un prix abordable. Dans ce but, l’organisation a dépensé l’an dernier 1,6 million de dollars. Mais le prix des médicaments n’est que l’un des défis affrontés par l’UNICEF et ses partenaires dans la lutte contre le paludisme. Le Conseiller principal de l’UNICEF pour le paludisme, Mark Young, indique que la faiblesse de l’infrastructure sanitaire d’un bon nombre de pays africains constitue un obstacle de taille.

« En général, ils ne disposent pas des capacités permettant de gérer un programme national de contrôle du paludisme, si bien que l’UNICEF apporte son aide à un renforcement des capacités à tous les niveaux, depuis le niveau du gouvernement et des ministères de la santé jusqu’à celui de la population ».

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Au Malawi, un garçon, qui souffre d'une crise de paludisme, dort tout en étant alimenté par voie intraveineuse, dans la salle des urgences de l'hôpital du district de Mchinji.

Faire reculer le paludisme

En 1988, le partenariat Faire reculer le paludisme a été lancé par l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la Santé, le Programme des Nations Unies pour le développement et la Banque mondiale. Ce partenariat constitue un forum pour les gouvernements des pays où le paludisme constitue un problème de santé publique important, les incitant à se rassembler avec d’autres parties intéressées autour de l’objectif de diminuer de moitié le nombre de décès dus au paludisme d’ici à 2010.

La Déclaration d’Abuja

La déclaration d’Abuja, où les gouvernements s’engagent sur l’objectif de 2010, a été signée au Nigéria le 25 avril 2000.  Cette déclaration sans précédent contient également des objectifs intérimaires pour 2005. Mark Young craint que ces derniers ne soient pas atteints par un bon nombre de pays.

« Quelques pays vont parvenir cette année aux objectifs fixés à Abuja », dit-il, « mais la grande majorité n’y réussira pas. Je pense qu’un certain nombre de pays atteindront les objectifs dans les toutes prochaines années, sur la base des progrès réalisés jusqu’à présent ».

Il y avait 44 pays africains représentés à Abuja. La déclaration d’Abuja a fixé au 25 avril la Journée africaine du paludisme, qui doit être célébrée chaque année.


 

 

Vidéo (en anglais)

25 avril 2005 :
Rachel Bonham Carter, correspondante de l’UNICEF, rend compte à New York des progrès réalisés contre le paludisme en Afrique.

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Audio (en anglais)

20 avril 2005 :
Le militant David Robertson parle de son voyage à travers l’Afrique en attirant l’attention sur le paludisme et la fourniture de moustiquaires.

Reportage photos (en anglais)

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