Haïti

En Haïti, l'UNICEF renforce ses opérations pour contenir la flambée de choléra dans le département de l'Artibonite

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© UNICEF/2010/Dormino
Deux soeurs reposent sur un lit à l'hôpital de Dessalines, dans le département de l'Artibonite où l’UNICEF, le gouvernement et différents partenaires réagissent face à une flambée de choléra qui est à l'origine de 250 décès.

Par Douglas Armour

SAINT-MARC, Haïti, 25 octobre 2010 – Val Voyalant, 10 ans, et sa soeur Cledna, 3 ans, vivent dans la petite localité de Pisto, au sud de Dessalines et près du fleuve Artibonite, la région la plus affectée par l'actuelle flambée de choléra en Haïti. Toutes les deux sont tranquillement allongées sur un chariot contre le mur du fond d'une grande pièce. Des intraveineuses alimentent leurs bras avec une solution saline concentrée.

Francina Davariste, la mère des deux fillettes, porte  avec elle  un linge humide pour essuyer la sueur de leurs visages. « Je reste toujours assise à leurs côtés, » dit-elle. « La petite, elle vomit. Elle est très malade. »  

Francina Davariste a laissé ses quatre autres enfants à Pisto avec des parents. Un autre enfant, un petit garçon de sept ans, est à l'hôpital Saint-Nicolas, à Saint-Marc, également atteint du choléra. Francina Davariste espère qu'il va bien.

A bout de ressources
Les deux fillettes se trouvent à l'hôpital Claire Heureuse, à environ 40 km au nord de Saint-Marc et où les responsables médicaux n'acceptent que les cas les plus graves de choléra en vue d'un traitement. Les cas moins graves sont soignés avec des antibiotiques et les malades reçoivent des informations concernant les soins préventifs avant d'être renvoyés chez eux.

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Une fillette fait la queue avec sa mère afin de recevoir des soins médicaux à l'hôpital Saint-Nicolas, à Saint-Marc, une ville du département de l'Artibonite située à 70 km au nord de la capitale haïtienne, Port-au-Prince.

Il s'agit d'une action simple mais nécessaire face à un besoin gigantesque. Alors que l'intervention face à la flambée de choléra se développe, les hôpitaux et des dispensaires des secteurs isolés d'Haïti sont à bout de ressources.

« Nous disposons de 35 lits d'hôpital mais nous avons à présent 61 patients dispersés dans l'hôpital » a déclaré à la fin de la semaine dernière le Dr John Fequier, le directeur de Claire Heureuse. Sorti il y a seulement cinq ans de la faculté de médecine, le Dr Fequier  admet sans hésiter qu'il n'a jamais vu quelque chose comme cela. 

Bien que le foyer de la flambée de choléra n'ait pas été identifié avec certitude, le Dr Fequier observe qu'un point commun entre ses patients est leur contact avec l'eau du fleuve Artibonite qui se trouve à proximité. Le gouvernement haïtien est actuellement en train d'analyser l'eau en différents points du fleuve.

Comprendre les besoins

« Ceci est important à savoir, » dit le Dr Chantal Umutoni, Chargée de la médecine d'urgence à l'UNICEF. « Mais à ce point, avec la maladie qui est en train de se propager parmi les membres des familles et à l'intérieur des communautés, la chose la plus importante est de coordonner une intervention efficace. Celle-ci consiste, entre autres, à isoler et traiter ceux qui sont déjà infectés ainsi qu'à sensibiliser les communautés sur la façon dont elles peuvent elles-mêmes se protéger pour ne pas contracter la maladie. »

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À Saint-Marc, une ville du département de l'Artibonite, un père porte son bébé atteint du choléra à l'intérieur de l'hôpital Saint-Nicolas, pour y recevoir des soins.

Des équipes de l'UNICEF ont visité différents hôpitaux dans les secteurs situés près du fleuve Artibonite pour évaluer, avec d'autres agences, l'impact du choléra sur les hôpitaux et les établissements médicaux.

« Il est important, » dit le Dr Umutoni, « de déterminer quels sont les moyens dont disposent [les établissements] et combien de cas de choléra ils traitent actuellement afin que nous puissions évaluer leurs besoins. Cela est important afin d'organiser une action régionale face à cette maladie. »

Un bilan qui s'aggrave
Seulement quelques jours après la confirmation par le Gouvernement haïtien que les cas de plus en plus importants de diarrhée aiguë étaient causés par le choléra, le nombre de morts est passé à plus de 250 et plus de 3000 personnes ont été hospitalisées.

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Une fillette atteinte du choléra tient l'aiguille de l'intraveineuse à l'hôpital de Dessalines, à 30 km au nord-est de Saint-Marc, une ville du département de l'Artibonite, en Haïti.

À l'hôpital général de la Référence, à l'Estère, à 14 km de Dessalines, quatre médecins du secteur travaillent aux côtés de six praticiens venus de Cuba dans un cadre qui peut, au mieux, être qualifié d' « improvisé ». Des tas de ciment en poudre, des seaux d'eau, des pelles et divers matériaux de construction – tout cela pour l'extension de l'établissement médical – ont été mis de côté alors que les responsables concentrent les moyens sur la crise immédiate. Ici aussi, les cas sont en progression. 

L'Estère est l'un des cinq centres principaux de traitement dont les capacités seront renforcées à la suite d'une réunion de coordination la semaine dernière impliquant le ministère de la Santé et les principaux partenaires participant aux opérations, dont l'UNICEF. D'autres établissements médicaux, plus petits, se chargeront des cas moins graves. L'UNICEF a accepté d'apporter son aide pour le développement des capacités de l'hôpital. 

Hygiène et assainissement
L'UNICEF agit également en coordination avec ses partenaires pour distribuer des produits chimiques pour la purification de l'eau, des antibiotiques, des kits contre les maladies diarrhéiques et des sels de réhydratation orale (SRO). 

Le choléra est une maladie abdominale extrêmement infectieuse qui se propage par le contact avec de l'eau ou de la nourriture contaminées. Les symptômes sont, entre autres, une diarrhée aqueuse aiguë et abondante, des vomissements et des douleurs abdominales. S'ils ne sont pas soignés, les malades peuvent mourir de déshydratation grave. La maladie peut être prévenue par de bonnes habitudes en matière d'hygiène et d'assainissement dont l'approvisionnement et la consommation d'eau potable.


 

 

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