Côte d'Ivoire

En Côte d’Ivoire, une jeune victime de viol reprend confiance en elle grâce à l’appui de l’UNICEF

Image de l'UNICEF
© UNICEF Côte d’Ivoire/2011/Monier
Le père de Tamira, Jean Kadio (les noms ont été changés) a joué un rôle clé dans le bien-être de sa fille depuis l’incident, en particulier dans son regain de confiance en elle.

Par Cifora Monier

BOUAKÉ, Côte d’Ivoire, 28 septembre 2011 – Le premier jour d’école devrait être un moment réjouissant, rempli d’attentes et d’espoir. Malheureusement, pour la jeune Tamira*, il ne fait que raviver l’horrible souvenir du viol brutal subi en octobre dernier, à seulement quelques pas de chez sa grand-mère.

« Ma vie était finie »

Après avoir passé les deux mois des vacances d’été dans la joie avec sa tante et ses cousins à Abidjan, Tamira, 16 ans, est montée à bord d’un bus pour rentrer chez elle et commencer une nouvelle année scolaire à des kilomètres de là, à Bouaké. Le sort a voulu qu’en arrivant à la gare, il faisait déjà trop sombre pour marcher les 6 km qui la séparaient de chez elle. Elle a donc estimé qu’il serait plus sûr de passer la nuit chez sa grand-mère. 
  
« Je n’avais pas peur de marcher jusqu’à la maison de ma grand-mère », se souvient-elle. « Il y a une grande école à côté de chez elle ».

Alors qu’elle avançait d’un pas rapide, deux agents de sécurité qui se tenaient devant l’école l’ont approchée et ont commencé à la bousculer.

« J’ai essayé de crier mais ils ont mis leurs mains sur ma bouche et m’ont entraînée à l’intérieur de l’école », raconte Tamira en pleurs. « L’un des deux hommes m’a violée, et l’autre regardait. Je ne sais pas combien de temps ça a duré, mais à ce moment, j’ai su que ma vie était finie ».

À l’hôpital

Après ce calvaire, Tamira, qui avait été battue avec violence, est sortie chancelante et a trouvé quelqu’un pour l’accompagner au poste de police local. Le policier a appelé son père à la première heure le lendemain matin.

« Je l’ai emmenée à l’hôpital, où le médecin l’a examinée et a confirmé qu’elle avait été violée », raconte le père de Tamira, Jean Kadio*. « Comme Tamira est mineure, le médecin m’a demandé la permission de réaliser le test du VIH ainsi qu’un test de grossesse. Je lui ai donné ma permission pour les deux tests ».

Heureusement pour Tamira, les résultats des deux tests se sont avérés négatifs.

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« Ce qui m’est arrivé m’a donné la force d’aider les autres », affirme la jeune fille de 16 ans.

« Le médecin a prescrit des médicaments qui nous ont été délivrés sans frais », explique M. Kadio. « Je ne gagne pas beaucoup d’argent. J’ai neuf enfants et je dois les nourrir avec le peu d’argent que je gagne ».

Une réaction rapide

Lorsque l’hôpital a compris qu’il ne pourrait pas payer pour sa fille, on l’a dirigée vers le partenaire local de l’UNICEF pour la Protection de l’enfance et le VIH/SIDA, OISA (Organisation pour les Droits et la Solidarité en Afrique). L’organisation a réagi rapidement et a fourni à Tamira un kit de base de prophylaxie post-exposition (PEP), un traitement antirétroviral ainsi que des antibiotiques pour prévenir des maladies sexuellement transmissibles.

« La probabilité qu’une femme tombe enceinte après un rapport sexuel non protégé est de vingt-cinq pour cent », explique la responsable des programmes VIH/SIDA de l’UNICEF, le Dr Victorine Dilolo. « La probabilité d’infection par le VIH même si le violeur est séropositif est d’environ un pour cent, par contre, la probabilité d’attraper une maladie sexuellement transmissible est de 50 pour cent ». 

C’est pourquoi il est très important que les victimes de viols reçoivent des antibiotiques en prévention. 

Un an plus tard

Depuis l’incident, Tamira a repris ses études. « Au début quand il a fallu reprendre l’école, ça a été très difficile pour moi puisque j’avais été violée dans une école », explique-t-elle gravement. « Je ne me sentais pas à l’aise, pas en sécurité, et j’avais très peur ».

Après avoir suivi son cas pendant presque un an, la spécialiste de la Protection de l’enfance de l’UNICEF Therese Mansan sent que Tamira a parcouru du chemin, mais qu’il reste du travail à faire. « Elle a encore besoin de beaucoup de soutien psychologique, et elle continue de le recevoir », explique-t-elle.

 Interrogée récemment sur ses attentes quant à l’avenir, Tamira ne pouvait être plus concise : « Je rêve de devenir sage-femme. Ce qui m’est arrivé m’a donné la force d’aider les autres ».

* Afin de protéger leurs identités, les prénoms ont été changés.


 

 

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