Côte d'Ivoire

L’UNICEF et l’Union européenne réhabilitent les infrastructures médicales en Côte d’Ivoire rurale

Par Eva Gilliam

YAPLEU, Côte d’Ivoire, 6 octobre 2010 – Un mardi matin au dispensaire de Yapleu, dans la région Centre Nord Ouest de la Côte d’Ivoire. C’est l’heure des examens médicaux et l’équipe de sages-femmes et d’infirmiers de Yapleu examinent scrupuleusement les enfants locaux.

VIDÉO : 14 septembre 2010 - Eva Gilliam, de l’UNICEF, présente le programme conjoint de l’UNICEF et l’Union européenne d’aide aux familles via l’appui des dispensaires de la Côte d’Ivoire rurale.  Regarder dans RealPlayer

 

Ils préconisent une alimentation exclusive au lait maternel pour les enfants de moins de six ans, et constatent aujourd’hui des résultats positifs. Ce sont des enfants joufflus et en bonne santé qui attendent patiemment sur les genoux de leurs mères avant d’être pesés et mesurés.

« Bravo Emily, vraiment ! » s’exclame une sage-femme de la clinique de Yapleu en s’adressant à une mère de quatre enfants. « Vous avez suivi les instructions et Dorade se porte très bien ! Félicitations. »

Emily sourit fièrement en reprenant son bébé que lui tend la sage-femme. Dorade est sa plus jeune enfant. Elle se souvient de cette clinique avant le conflit civil, quand elle avait bonne réputation, mais aussi avant les années de guerre, où rien ne se passait.

« Il n’y avait pas assez de sages-femmes. Pendant la guerre, le docteur n’était même pas là, » explique-t-elle. « Mais après la guerre, ils sont venus, l’Union européenne et l’UNICEF, et maintenant, ça va. »

Les conséquences du conflit

La région Centre Nord Ouest de Côte d’Ivoire constituait la première ligne de la guerre civile du pays, qui a commencé en 2002 et endommagé une large part des infrastructures sanitaires de la région.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Côte d’Ivoire/2010/Ayé-Aké
Emilie Goh et sa fille Dorade dans un dispensaire de Yapleu, en Côte d'Ivoire, où des agents sanitaires s’assurent que le bébé est en bonne santé et a reçu ses vaccins.

De nombreuses cliniques ont perdu leur personnel médical, les bâtiments ont été pillés et détruits. L’équipement médical s’est fait rare et les médecins et infirmières se sont retrouvés sans outils de travail.

« Le moral était au plus bas, » raconte Dr. Kouadio N’zué, Directeur de santé régional. « Les médecins venaient quelques semaines, ils étaient frustrés parce qu’ils ne pouvaient rien faire, et repartaient. »

L’impact sur la population était terrible. Les campagnes de vaccination étaient caduques, la mortalité de l’enfant augmentait et les maladies de base n’étaient pas traitées, tuant des Ivoiriens sans défense.

Reconstruire et former

L’Union européenne (UE) et l’UNICEF ont alors formé un partenariat afin de réhabiliter les installations médicales et de former du personnel. Ces dernières années, le projet a battu son plein et permis la réhabilitation de cliniques et d’hôpitaux, l’approvisionnement en équipement et médicaments de base et en formations pour le personnel médical.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Côte d’Ivoire/2010/Ayé-Aké
Les agents sanitaires de Côte d’Ivoire travaillent en liaison avec les dispensaires et les membres du village afin d’informer les familles sur les soins de santé disponibles.

Bernard Gossan Anoman est un infirmier expérimenté de la Clinique de Yapleu, où il travaille depuis 12 ans. Il faisait partie des 28 membres du personnel ayant participé au programme de formation médicale appuyé par l’UE et l’UNICEF.

« Bien sûr, j’ai reçu une formation médicale universitaire, mais cette formation supplémentaire de l’UE et de l’UNICEF m’a beaucoup aidé, » explique-t-il. « Elle m’a stimulé et m’a apporté des connaissances nouvelles sur les façons actuelles de procéder. Ici, nous avons constaté une baisse considérable du taux de mortalité de l’enfant. J’ai été très impressionné. »

D’un point A à un point  B

Les transports demeurent l’un des plus gros défis dans la plupart de la région. En réponse à ce problème, l’UE et l’UNICEF ont fourni des camions, des motos et des milliers de vélos pour le personnel médical et les agents sanitaires communautaires bénévoles qui apportent leurs services dans les zones rurales pour répondre aux situations d’urgence.

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© UNICEF Côte d’Ivoire/2010/Ayé-Aké
Un agent sanitaire communautaire à Angouayaokro, Côte d’Ivoire, explique aux mères l’importance d’adopter un bon comportement sanitaire et les encourage à se rendre au dispensaire le plus proche pour recevoir des soins professionnels.

« Grâce à ces camions et motos, nous pouvons apporter les médicaments dans les centres, » explique le Dr. Lucien Lehié Bi, Directeur du département de santé de Dedievi. « Mais cela nous permet également d’attirer les infirmières et le personnel qualifié dont nous avons besoin. Ils voient que nous avons désormais des outils de travail et reviennent travailler. »

Koffi Nguessan a été choisi par sa communauté pour faire la liaison avec la clinique locale. Grâce à son vélo, il se rend à la clinique et rapporte des informations deux fois par semaine. Il passe aussi voir comment vont les personnes, leur apprend des pratiques sanitaires de base et aide à l’orientation des patients pour les cas d’urgence. Il constitue en somme la clé d’un système de soins de santé intégré.

Les soins dans la communauté

« Les agents sanitaires communautaires connaissent chaque mère et chaque enfant de la communauté, » explique Etienne Kapia, infirmier au dispensaire de Mononouble, à 42 km de Bouake.  « Ils suivent l’évolution des individus, et cela est inestimable. »

Avec un tel réseau, le nouveau projet de l’UE et de l’UNICEF a pour objectif l’amélioration radicale de la qualité des soins de santé locaux et la facilitation de l’accès au personnel et aux installations sanitaires pour des millions d’Ivoiriens.


 

 

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