République centrafricaine

En République centrafricaine, l’UNICEF s’adresse aux minorités ethniques dans le cadre de la lutte contre la polio

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© UNICEF CAR/2012/Ebelle
Les mères de la population peule locale participent à une rencontre communautaire avec l’UNICEF dans le village de Boali, en République centrafricaine.

Par Colette Boughton

VILLAGE DE BOYALI , République centrafricaine, le 30 mai 2012 – Suite au diagnostic de quatre cas de polio fin 2011, l’UNICEF et ses partenaires ont appuyé le gouvernement de la République centrafricaine dans l’organisation d’une série de campagnes de vaccination d’urgence contre la polio en 2012.

Afin de protéger les enfants des effets paralysants et irréversibles de cette maladie et d’atteindre l’objectif d’éradication de la polio en République centrafricaine, les campagnes de vaccination doivent chercher à toucher tous les enfants. Toutefois, certains parents sont réticents à faire vacciner leurs enfants, et certaines familles vivant dans des régions isolées doivent être tenues au courant de ces campagnes et services de vaccination destinés à leurs enfants.

« La communication et la mobilisation sociale sont des composantes essentielles pour  garantir la vaccination des enfants. Les parents ont le droit de recevoir les informations et de participer aux décisions relatives à leur santé », explique Dennis Larsen, responsable de la communication pour le développement à l’UNICEF en République centrafricaine.

L’UNICEF collabore avec des partenaires du gouvernement ainsi qu’avec les médias afin de diffuser des affiches, des SMS et des messages radio pour promouvoir les campagnes de vaccination contre la polio. Les agents de mobilisation sociale rendent visite aux communautés afin de parler du vaccin avec les parents et de les convaincre de vacciner complètement leurs enfants.

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UNICEF Communication for Development Specialist Yves Sanghamy leads a discussion on health services in the Central African Republic. The religious chief of the village (left) plays a critical role in promoting polio vaccination.

La mobilisation sociale

La République centrafricaine est un pays pluriethnique, où différentes communautés peuvent avoir différents comportements vis-à-vis de la santé. Afin de garantir une couverture maximale, l’UNICEF se rend dans les villages avant les campagnes de vaccination afin de recueillir les points de vue et les expériences des parents et de comprendre ce qui les empêche d’avoir recours à des services de santé importants.

Dans le village de Boali à Ombella M’Poko, l’UNICEF a récemment organisé une rencontre communautaire avec de nombreux membres de la population peule locale. Les Peuls sont une minorité musulmane répartie dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et centrale. Ils sont pasteurs de tradition, bien que désormais nombre d’entre eux soient installés dans des villes ou des villages. Ils ont été la cible de divers groupes armés et bandits à cause de leur bétail et de leurs richesses, et ont souvent dû fuir dans d’autres parties du pays pour échapper à cette violence.

Mamouna Dibrila, mère de quatre enfants, partage l’inquiétude de nombreuses mères. « Parfois, après avoir été vaccinés, les enfants souffrent de fièvre ou de diarrhée », affirme-t-elle. « Lorsque nous allons à l’hôpital, il faut payer les médicaments ».

L’UNICEF essaie de faire en sorte que les enfants présentant ces symptômes suite au vaccin soient traités gratuitement afin de minimiser la réticence des parents à faire vacciner leurs enfants.

« Mes enfants ont peur des vaccins, mais je préfère qu’ils se fassent vacciner puisque cela les protège des maladies », explique Mamouna Dibrila. « Dès qu’il y a une campagne, je les y emmène. Certaines familles n’ont pas les moyens de payer le trajet jusqu’au centre de santé, mais lorsqu’ils [les vaccinateurs] viennent au village, la plupart des enfants se font vacciner ».

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A 3-year-old boy receives the oral polio vaccine in Bogazi Village in the Central African Republic. He has also received a dose of vitamin A and de-worming medication.

« Mes quatre enfants sont complètement vaccinés. Je fais ça pour prévenir les maladies. Mais certaines familles n’écoutent pas les conseils », affirme Angele Yaziki. Certains enfants de la communauté n’ont en effet reçu que certains vaccins voire aucun. L’UNICEF mobilise les familles pour qu’elles s’expriment sur les avantages de la vaccination en tant qu’agents et responsables communautaires, et travaille avec les responsables traditionnels et religieux dans le cadre de la sensibilisation aux conséquences désastreuses de maladies comme la polio.

Atteindre plus d’enfants vulnérables
L’UNICEF, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’autres partenaires travaillant avec le gouvernement ont organisé trois campagnes en trois mois afin de prévenir toute éventuelle nouvelle épidémie de polio. L’OMS recommande que tous les enfants reçoivent trois vaccins contre la polio entre l’âge de 2 mois et 6 ans.

Les campagnes ont également permis d’apporter aux enfants des suppléments de vitamine A ainsi que des vermifuges, dans le cadre d’un ensemble intégré de services de santé pour améliorer la survie des enfants dans un pays dont le taux de mortalité infantile se situe au neuvième rang dans le monde. 

 « À l’avenir, l’UNICEF souhaiterait appuyer le gouvernement pour que soient organisées davantage de Journées de la santé de l’enfant, qui permettraient non seulement de vacciner les enfants contre la polio, mais également contre d’autres maladies », explique Pierre Signe, responsable de la survie et du développement de l’enfant à l’UNICEF. « Une Journée de la santé de l’enfant deux fois par an représenterait aussi une occasion vitale d’identifier les enfants et les femmes enceintes souffrant de malnutrition et de commencer le traitement nécessaire. L’UNICEF souligne la nécessité de fonds supplémentaires pour que cela devienne une réalité pour les enfants de République centrafricaine ».


 

 

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