Burkina Faso

La dernière campagne de vaccination en date au Burkina Faso lutte contre le tétanos maternel et néonatal

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© UNICEF Burkina Faso/2011/Bkonate
Pegedwendé (au centre), collégienne de 16 ans, est heureuse que la campagne de vaccination contre le tétanos soit présente dans son village, Pissila, dans le district de Kaya, au centre-nord du Burkina Faso.

Par Bouréima Konate

KAYA, Burkina Faso, 19 juillet 2011 – Le tétanos maternel et néonatal, ou TMN, est une maladie rapide et douloureuse qui peut menacer la vie des mères et des nouveau-nés.

C’est pourquoi des campagnes de vaccination ont lieu régulièrement ici au Burkina Faso. La dernière campagne de vaccination a couvert sept districts à risque, et atteint plus de 492 000 filles et femmes en âge de procréer, c’est-à-dire entre 15 et 49 ans, en l’espace d’une semaine.

Le TMN est essentiellement dû à une vaccination inadaptée, des services d’obstétrique limités ou inexistants et des soins post-partum du cordon ombilical peu hygiéniques. La plupart des mères et nouveau-nés qui meurent du tétanos vivent en Afrique et en Asie du Sud et de l’Est, généralement dans les régions où les femmes sont pauvres et ont peu accès aux soins de santé et aux informations relatives aux pratiques d’accouchement sans risques.

Plusieurs années de protection

Pegedwendé, 16 ans, collégienne, est contente que la campagne TMN atteigne son village, Pissila, dans le district de Kaya, au centre-nord du Burkina Faso.

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Fati Sawadogo, 32 ans, mère de deux garçons et deux filles, attend au dispensaire de son village son troisième vaccin contre le tétanos dans le district de Kaya, au Burkina Faso.

« En recevant trois vaccins, nous sommes immunisés pour cinq ans », explique-t-elle, « et en recevant cinq vaccins, nous sommes protégés 10 ans contre le tétanos. C’est pour ça que je suis venue me faire vacciner ici avec un groupe d’amies ».

Les collégiens faisaient partie des groupes ciblés pour la vaccination cette fois-ci.

Suite au Sommet mondial pour les enfants de 1990, le Burkina Faso et de nombreux autres pays se sont engagés, et réengagés en 2000, à éliminer le TMN grâce à des activités de vaccination de routine pour les femmes enceintes et les enfants, associées à des campagnes de vaccination pour protéger les femmes en âge de procréer.

Rester en bonne santé

À Kaya, plus de 115 000 personnes ont été ciblées pour être vaccinées lors de la dernière campagne TMN. Fati Sawadogo, 32 ans, en fait partie. Elle a deux fils et deux filles, âgés de sept mois à quinze ans, et connaît bien le vaccin contre le tétanos. Elle s’est rendue au poste sanitaire pour se protéger de la maladie pour la troisième fois.

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Au village de Ziga dans le district de Kaya au Burkina Faso, Abséta Ouédraogo, 24 ans, mère de trois enfants tient sur ses genoux l’un de ses enfants en attendant son troisième vaccin contre le tétanos dans le cadre de la dernière campagne de vaccination contre le tétanos maternel et néonatal.

« Je suis venue ici ce matin parce que dès que je vois de la foule devant le dispensaire, mon premier réflexe est de vérifier s’il s’agit de vaccins », a expliqué Fati Sawadogo. « Il est très important d’être en bonne santé ».

Fati Sawadogo a fait en sorte qu’elle et ses enfants soient vaccinés contre le tétanos lors des deux précédentes campagnes dans le district. Elle a compris que les habitants du village y étaient particulièrement exposés à travers leur contact avec des objets rouillés.

« Parfois nous nous blessons avec nos charrettes, nos houes, machettes et autres outils coupants que nous utilisons pour cultiver. En se faisant vacciner, nous nous protégeons », explique-t-elle.

La prévention des risques

Abséta Ouédraogo, 24 ans, mère de trois enfants dans le village de Ziga, a souligné que la campagne était particulièrement importante pour les femmes de Kaya.

« Dans nos villages, de nombreuses femmes accouchent chez elles et les conditions dans lesquelles elles accouchent ne sont pas optimales », explique Fati Ouédraogo. « Le cordon ombilical est souvent coupé avec une lame de rasoir non stérilisée, ou avec un couteau rouillé, ce qui représente un danger sérieux de tétanos menaçant la santé des femmes et des bébés ».

La campagne lui a permis d’être vaccinée contre le tétanos pour la troisième fois, lui garantissant un avenir en bonne santé, au moins pour l’instant.


 

 

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