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AFRIQUE DE L'OUEST ET AFRIQUE CENTRALE Reportage au Niger

© UNICEF Niger/2009/Bisin

Asamaou Alassane, 8 ans, en classe une école improvisée d'Agadez. Depuis 2007, les combats entre rebelles et forces gouvernementales dans le nord on déplacé environ 14 000 personnes, beaucoup d'entre elles vivant dans des abris provisoires à Agadez.

L’ÉCOLE PERMET AUX ENFANTS DÉPLACÉS DANS LE NORD DU NIGER DE RETROUVER UNE ROUTINE QUOTIDIENNE

AGADEZ, Niger, 20 mai 2009 – Asmaou Alassane, 8 ans, pointe en direction du tableau avec une règle en bois et se concentre sur sa dernière leçon de grammaire. « M » et « I » donnent « MI », dit-elle en cherchant des yeux le signe approbateur de sa maitresse. C’est bien, elle ne s’est pas trompée.

Cela fait deux mois qu’Asmaou a repris le chemin de l’école. Six mois auparavant, Asmaou et sa famille avaient dû fuir les affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles dans le nord du Niger. Ils avaient tous quitté le village d’Elmiki et Asmaou n’avait pas pu retourner à l’école.

« Il y quelques temps, ma mère et moi avons dû quitter notre village. Tout le monde allait en direction d’Agadez et nous avons suivi. J’entendais des coups de feu, des bruits de guerre. J’avais peur. Cela fait maintenant deux mois que je vais à l’école d’Agadez. Je suis contente car cela me manquait beaucoup. Moi ce que je préfère, c’est la lecture, » raconte Asmaou. La petite fille est en Cours Préparatoire et c’est l’une des meilleures de sa classe.

« Dans ce genre de contexte, l’UNICEF se doit de créer des conditions favorables à l’enseignement et l’apprentissage, mais ce n’est pas tout : il doit également apporter aux enfants un environnement sûr, » explique Abdel Kader Rene-Joly, le responsable UNICEF de l’éducation au Niger.

Depuis avril 2007, environ 14 000 personnes vivent dans des abris temporaires à cause de la détérioration des conditions de sécurité dans la région d’Agadez au nord du Niger. Parmi ces déplacés à l’intérieur de leur propre pays, beaucoup sont des femmes et des enfants. Asmaou et sa famille vivent actuellement dans l’un de ces abris.

Grâce au partenariat entre l’UNICEF et le gouvernement du Niger, l’école d’Asmaou a été entièrement réinstallée dans la ville d’Agadez et accueille aujourd’hui 136 écoliers. Pour construire cette école provisoire, l’UNICEF a fourni des feuilles de tôle ondulée, des tableaux noirs et des tapis de sol pour la construction de huit salles de classe improvisées. Il a également fourni des manuels scolaires spécialement conçus pour les enseignants en situation d’urgence. Le gouvernement a, quant à lui, fourni des tables et des chaises pour les écoliers.

Ainsi, entre janvier et juillet 2009, 256 enfants déplacés dans le nord du Niger (dont 103 filles) ont pu poursuivre leurs études primaires. Pour les enfants déplacés à cause d’un conflit armé ou d’une catastrophe, il est primordial d’aller à l’école tous les jours afin de retrouver un sentiment de normalité et de rétablir une routine quotidienne. Ils peuvent apprendre, jouer avec leurs amis et sortir de leurs abris de fortune pendant une bonne partie de la journée.

En outre, grâce à l’aide de l’UNICEF, environ 500 enfants déplacés de moins de sept ans ont pu participer à des activités préscolaires à Agadez au début 2009. « L’éducation est un droit pour tous les enfants, même dans les situations d’urgence, » souligne un conseiller d’éducation du gouvernement venant de la commune locale de Tabagaa à  Agadez. « Ces enfants ont dû fuir leur village pour venir à Agadez. Nous devons protéger leur droit à l’éducation. »

La situation dans le nord du Niger s’est améliorée depuis que les pourparlers de paix ont débuté entre le gouvernement et les groupes rebelles en mai 2009. Quelques-unes des populations déplacées ont même déjà entrepris leur réinstallation; la démobilisation et le désarmement de certains groupes rebelles sont en cours.

Pour le moment, Asmaou et les autres enfants comme elle peuvent poursuivre leurs études, même en ces temps incertains.