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FORGER DES PARTENARIAT POUR LES ENFANTS DANS LES SITUATIONS D'URGENCE

Chaque année, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) intervient dans plus de 200 situations d’urgence1 dans le monde, en travaillant en étroite collaboration avec les gouvernements, la société civile, les communautés, les entreprises privées et les organisations non gouvernementales pour répondre aux besoins urgents des enfants et des femmes, les protéger et prendre des mesures décisives en vue d’augmenter la résilience, de renforcer les capacités et de réduire les risques. Dans presque toutes ces urgences, la réponse des organisations se fonde sur des programmes, des partenariats et des ressources qui existent déjà. Notre mission, à la fois dans le contexte humanitaire et dans celui du développement, est de promouvoir et de protéger les droits des enfants, de contribuer à satisfaire à leurs besoins élémentaires et d’élargir l’éventail de leurs possibilités afin qu’ils réalisent tout leur potentiel.

Le Rapport sur l’action humanitaire 2010 de l’UNICEF examine des crises qui nécessitent un soutien exceptionnel – où il est impératif d’agir d’urgence pour sauver des vies, protéger les enfants contre les pires formes de violence et de sévices, et assurer un accès à l’eau et à l’assainissement, à des soins de santé, à la nutrition et à l’éducation. Les 28 pays présentés dans le rapport comprennent ceux qui sont engagés dans la procédure d’appel global (CAP) ainsi que des pays plongés dans une crise de longue durée, avec de hauts niveaux de vulnérabilité chronique, de malnutrition présentant un risque mortel et un accès limité aux services essentiels, problèmes que viennent aggraver des urgences localisées, des déplacements de population, ou d’autres obstacles à un redressement à long terme. Les soutiens régional et mondial – y compris le besoin crucial d’un système d’alerte rapide et de préparation en anticipation de nouvelles crises – sont soulignés dans les chapitres qui leur sont consacrés.

En 2009, le monde a célébré le 20e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant. La Convention, le traité sur les droits de l’homme le plus largement ratifié au monde, affirme les droits fondamentaux des enfants partout, y compris en situation d’urgence. Bien que l’on soit parvenu, au cours des 20 dernières années, à des progrès sensibles dans la réalisation des droits de l’enfant en matière de survie, de développement, de protection et de participation, il reste beaucoup à faire.

Pour que les promesses de la Convention deviennent une réalité pour chaque enfant, il va falloir déployer des efforts encore plus vastes en ce qui concerne nos actions humanitaires, souvent rendues plus difficiles en raison de la complexité des environnements dans lesquels nous opérons, ce qui complique souvent les initiatives prises pour fournir des services, assurer la protection, le redressement et la réintégration, initiatives essentielles pour le respect des droits des enfants, des femmes et des familles.

Présent dans plus de 150 pays, l’UNICEF a constaté la façon dont les menaces globales comme le changement climatique, la crise financière, le ralentissement économique mondial en 2008–2009 et la hausse historique des prix alimentaires ont directement touché la vie des enfants. Dans ce contexte, l’UNICEF a élaboré activement des stratégies et des approches nouvelles, et forgé des partenariats avec des communautés, des gouvernements et la société civile pour renforcer les capacités locales et atténuer l’impact de ces crises sur les enfants et les familles.

Une collaboration innovante est déterminante pour la réalisation des droits des enfants, l’amélioration de la préparation et de la réponse aux urgences, l’élargissement de l’accès aux services de base pour ceux qui sont affectés par une catastrophe ou un conflit, et pour soutenir l’aide au redressement. C’est la raison pour laquelle le partenariat est le thème central du Rapport sur l’action humanitaire 2010

Les chapitres relatifs aux pays soulignent la façon dont l’UNICEF collabore avec la société civile, les pouvoirs publics, le secteur privé et les donateurs afin de répondre au mieux aux urgences humanitaires, d’aider au redressement, de renforcer les capacités et d’améliorer les systèmes de protection des enfants et des femmes. La diversité et les complémentarités des partenariats de l’UNICEF favorisent l’innovation, une large assimilation des connaissances, la sensibilisation, la participation et une programmation efficace pour un nombre toujours croissant d’enfants en attente d’assistance.

Alors que le monde subit de profonds changements climatiques et économiques, il est impératif que les donateurs accroissent leur engagement à soutenir l’UNICEF dans sa mission afin d’atteindre les dizaines de millions d’enfants affectés par les crises humanitaires dans les 28 pays figurant dans ce rapport. Un engagement accru des donateurs va permettre à l’UNICEF et à ses partenaires de mettre en place de meilleurs systèmes de préparation et de soutien tout en veillant à ce que les enfants restent au coeur des débats sur les politiques et de l’action humanitaire. L’UNICEF continue à accueillir avec satisfaction les fonds humanitaires thématiques sans affectation spécifique qui facilitent une programmation ouverte et efficace, reposant sur des priorités spécifiques au pays et mondiales.

Le contexte évolutif de l’action humanitaire

Un nombre sans cesse croissant de défis apparaissent. Ils augmentent les risques courus par les enfants et les femmes et mettent en péril la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ainsi que d’autres objectifs de développement sur lesquels la communauté internationale s’est mise d’accord, notamment dans les contextes humanitaires et d’après-crise. Des dangers majeurs risquent de freiner les progrès pour les droits des enfants. On peut citer entre autres le changement climatique, la volatilité de l’économie mondiale, le changement de nature des conflits et la généralisation de la violence sexuelle contre les enfants et les femmes.

La plupart des pays qui peinent à atteindre ces objectifs font face à des urgences humanitaires ou bien sont en train de s’en relever, ou encore ont un long passé de crises humanitaires. Plusieurs d’entre eux font constamment partie des États dont les indicateurs sont les moins bons pour ce qui concerne la survie de l’enfant, la santé et les soins de santé, la nutrition, l’eau et l’assainissement, l’éducation et la protection. Dans un tel contexte, il est capital de disposer des financements et des capacités humanitaires suffisants pour faire progresser les droits de l’enfant et favoriser un développement humain durable.

Le changement climatique

Il est à présent généralement admis que le changement climatique devrait augmenter la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes, accélérer les déplacements de population et compromettre les mécanismes grâce auxquels les populations les plus vulnérables arrivent à faire face et à résister2. Des preuves incontestables indiquent que certains des principaux facteurs de mortalité infantile – notamment les infections respiratoires aiguës, les maladies diarrhéiques, le paludisme, d’autres maladies à vecteur et la sous-nutrition – réagissent fortement aux conditions environnementales, qui elles-mêmes auront tendance à se dégrader sous l’effet du changement climatique. Les enfants des pays en développement sont déjà ceux qui souffrent le plus des inondations, des tempêtes et des sécheresses de plus en plus fréquentes et sévères, et ces phénomènes devraient encore s’aggraver avec le temps3. On estime qu’au cours des dix prochaines années, 175 millions d’enfants seront probablement affectés par les seules catastrophes dues au changement climatique4.

Dans un contexte de faibles ressources, une concurrence plus forte pour l’accès à l’eau, aux pâturages et à d’autres ressources naturelles limitées augmente la fréquence des incidents intercommunautaires et aggrave les tensions transfrontalières. En outre, il est très possible que des conflits existants s’intensifient et que de nouveaux conflits éclatent à cause de désaccords de plus en plus fréquents à propos des eaux territoriales, de la sécurité alimentaire, de l’accès à l’eau potable et des mouvements de population5. Le risque de conflit dans les pays et les communautés qui ont à faire face à des ressources qui se réduisent, est souvent exacerbé par des disparités de longue date qui les affectent socialement, économiquement et politiquement.

L’adaptation au changement climatique a été reconnue comme priorité mondiale et l’accord de Copenhague de décembre 2009 le précise, en appuyant particulièrement « une action d’adaptation visant à réduire la vulnérabilité et augmenter la résilience notamment dans ces [pays] qui sont particulièrement vulnérables6. » L’engagement pour le développement des capacités nationales, afin de diminuer les risques et d’augmenter la résilience, est fondamental dans l’action humanitaire de l’UNICEF.

Menaces économiques : financières, alimentaires et énergétiques

Les pays en développement sont particulièrement vulnérables aux effets cumulés des prix élevés des produits alimentaires mondiaux et aux effets durables de la crise financière mondiale et du ralentissement économique subis en 2008-2009. Ces événements, combinés avec des prix du carburant volatils et souvent élevés ces dernières années, ont encore accru la pression sur des ménages qui avaient déjà beaucoup de peine à accéder à des services de base et sociaux. Les troubles économiques mondiaux sont, à leur tour, sur le point de faire baisser les rentrées fiscales et l’aide étrangère, augmentant ainsi le risque d’une diminution des dépenses publiques affectées aux services indispensables fournis aux femmes et aux enfants7.

Début 2010, l’économie mondiale donne des signes d’un début de redressement. Toutefois, l’impact du ralentissement mondial en 2008–2009 sur les plus pauvres et les plus vulnérables continuera à se faire sentir pendant un certain temps encore, surtout si la relance est lente ou hésitante et si les pays en développement se heurtent à une faible reprise des exportations, des recettes fiscales limitées et beaucoup de volatilité et d’incertitude dans l’approvisionnement de l’aide internationale.

Les enfants et les femmes ont été particulièrement éprouvés, lorsque leurs familles luttaient pour se procurer de la nourriture et d’autres services essentiels. Pour l’année 2009, le chiffre d’un milliard de personnes touchées par la faim a été avancé, soit une augmentation d’au moins 100 millions par rapport à 20088, selon certains rapports.

Le Rapport sur l’action humanitaire 2010 et les enquêtes sur le terrain signalent une tendance alarmante à la hausse de la sous-nutrition chez l’enfant, avec beaucoup plus de familles pauvres obligées de diminuer la quantité et la qualité de la nourriture qu’ils consomment. Rien qu’en Asie du Sud, on estime que 400 millions de personnes ont souffert de la faim en 2009 – environ un quart de plus que la moyenne régionale au cours de la période 2004–20069. Un recul prononcé dans les revenus des ménages a entravé la scolarisation et l’accès aux services de santé dans les familles pauvres. Le prix élevé des produits alimentaires a restreint encore davantage les budgets des ménages, augmentant le risque que les familles vulnérables cessent d’envoyer leurs enfants à l’école et cherchent d’autres stratégies pour augmenter les revenus de la famille. Parmi ces stratégies d’adaptation pour faire face à la situation figurent les travaux domestiques que les enfants sont obligés d’effectuer et les pires formes de travail des enfants – qui nuisent gravement à leur santé, leur bien-être et les laissent sans protection.

Les effets globaux des graves chocs économiques peuvent être dévastateurs – poussant du jour au lendemain, lorsqu’une catastrophe survient, une famille chroniquement vulnérable dans une situation d’extrême urgence humanitaire. Dans les pays actuellement en train de se redresser après une urgence – ou qui viennent de se remettre – le prix élevé des produits alimentaires et la volatilité du prix des carburants vont aggraver une situation souvent déjà difficile. La croissance ralentie de l’économie mondiale telle que nous l’avons connue ces dernières années peut avoir des effets néfastes sur la réduction de la pauvreté et peut augmenter le risque de tensions à propos des ressources et autres éléments vulnérables10.

Le changement de nature des conflits

Un conflit menace l’accès des enfants à des soins de santé de qualité, à la nutrition, à l’eau potable et à l’assainissement. Il perturbe l’enfance lorsque les écoles sont fermées ou utilisées pour héberger les familles déplacées; dans certains contextes, les établissements scolaires sont en danger. Les enfants sont particulièrement vulnérables à la violence et à l’enrôlement par des groupes armés. Les femmes et les filles courent un grand risque d’enlèvement, de traite et de violence sexuelle, y compris l’utilisation du viol comme arme de guerre; les situations d’urgence dans la plupart des cas, aggravent également la vulnérabilité aux violences sexuelles.

Les raisons qui conduisent au déclenchement de conflits armés évoluent. Il y a désormais des facteurs tels que le changement climatique, les pressions démographiques et l’accroissement des disparités d’accès aux services indispensables et à la protection. Les situations de conflit sont de plus en plus caractérisées par des affrontements durables à l’intérieur d’un même pays, qui affectent gravement les civils, et engendrent d’importants déplacements de populations à l’intérieur de leur propre pays.

La recrudescence de la violence à la suite d’un conflit est à l’origine de la moitié environ des guerres civiles actuelles11. Il en résulte des crises durables et des situations de transition nécessitant des approches multiples et spécifiques, créant d’autres défis auxquels nous devons répondre. Dans la plupart des cas, l’aide humanitaire doit être distribuée dans une partie du pays en même temps que l’on s’efforce de consolider la paix dans une autre partie du pays. Les organisations internationales doivent être en mesure de passer d’une approche de programme à l’autre de façon souple et efficace.

L’environnement du fonctionnement interorganisations devient de plus en plus complexe pendant les urgences, y compris pour des questions relatives à la présence intégrée au sein du système des Nations Unies. L’intégration offre des possibilités importantes. Elle permet aux Nations Unies de renforcer leur travail dans les pays en crise ou ayant subi une crise, et aussi d’accroître les ressources et les capacités. Toutefois, l’intégration génère des défis pour les organisations et les autres intervenants qui doivent tous s’assurer que l’approche utilisée est la même dans toutes leurs actions humanitaires.

Le respect des principes humanitaires fondamentaux a été particulièrement mis en danger au cours des dix dernières années, rendant difficile la protection de « l’espace humanitaire ». Dans certains contextes, des factions armées n’admettent pas la neutralité des institutions des Nations Unies, des travailleurs humanitaires et le personnel des Nations Unies a ainsi été directement pris pour cible lors d’attaques qui se sont multipliées ces dernières années. En 2009, plus de 30 membres du personnel des Nations Unies, dont certains travaillaient pour l’UNICEF, ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions lors d’attaques terroristes en Afghanistan, au Pakistan et dans d’autres pays12. L’utilisation de personnel militaire pour livrer de l’aide a rendu encore plus floues les frontières de l’action humanitaire. Cela a influencé la façon dont est perçue la neutralité d’organisations humanitaires comme l’UNICEF. L’espace humanitaire est également menacé par l’insécurité générale et le refus de certaines autorités gouvernementales de laisser les organisations accéder aux populations affectées.

Violence sexuelle contre les enfants et les femmes

La violence sexuelle perpétrée contre les enfants et les femmes, dans quelque contexte que ce soit, constitue une grave violation de leurs droits fondamentaux. Des témoignages recueillis sur le terrain montrent de façon alarmante que de plus en plus de femmes et d’enfants sont victimes d’actes de violence sexuelle et le phénomène s’accroît. Cette question de la violence sexuelle est soulevée dans plusieurs chapitres consacrés aux pays qui figurent dans le Rapport sur l’action humanitaire 2010, ce qui illustre la prévalence de cette forme de sévices.

Au cours de ces dernières années, l’accent au niveau international a été mis sur la multiplication des cas de violences sexuelles dans le contexte des urgences humanitaires. Ce sont durant les premiers jours d’une urgence que les enfants courent les plus grands risques d’être séparés de leur famille et donc de subir violences et sévices. Ils courent également un risque très grand lorsque la situation d’urgence se stabilise et que des camps sont installés. Dans ces zones de grande concentration de populations et de promiscuité, les enfants sont particulièrement vulnérables à la violence notamment sexuelle, à la traite, aux enlèvements et aux enrôlements sous la contrainte dans des groupes de combattants ou dans des forces armées. Dans la région orientale de la République démocratique du Congo, où plus de la moitié des viols signalés entre janvier et avril 2009 auraient été commis contre des filles de moins de 18 ans, les troupes qui se combattent continuent à commettre en toute impunité des actes de violence sexuelle13.

Le cadre international permettant de lutter contre la violence sexuelle a connu d’importantes avancées en 2009. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté deux résolutions de grande portée – les résolutions 1882 et 1888. Elles condamnent le recours à la violence sexuelle dans un conflit et approuvent la création d’un nouveau représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence sexuelle dans les conflits14. La résolution 1882 soulève en particulier la question très préoccupante du « grand nombre de viols et autres formes de violence sexuelle commis avec une extrême brutalité contre des enfants. » Elle renforce en conséquence le Mécanisme de surveillance et de communication de l’information sur les violations graves des droits de l’enfant durant un conflit et exige une communication et une réponse directes de la part des parties qui ont perpétré ces violations du droit international. Les États Membres vont exiger des mécanismes de surveillance et de communication ainsi qu’un suivi régulier de toutes les parties à un conflit s’il s’avère qu’elles se sont livrées à des violations systématiques.

Le Mécanisme de surveillance et de communication de l’information a été créé par la résolution 1612 du Conseil de sécurité. Une communication est exigée en cas de six violations graves dans un contexte de conflit – meurtre ou mutilation d’enfants; enrôlement ou utilisation d’enfants comme soldats; attaques d’écoles ou d’hôpitaux; viol et autre violence sexuelle; enlèvement d’enfants; et entrave à l’accès à l’aide humanitaire. Le Mécanisme fonctionne dans 14 pays sur lesquels l’accent est mis dans ce rapport : l’Afghanistan, le Burundi, la Colombie, l’Iraq, le Myanmar, le Népal, l’Ouganda, les Philippines, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Somalie, le Soudan, le Sri Lanka et le Tchad. L’UNICEF travaille, au niveau du pays, avec de nombreux partenaires pour fournir aux enfants et aux femmes affectés par les conflits une large gamme de services – sanitaires, psychosociaux, de protection, juridiques, concernant l’accès à l’éducation, aux possibilités économiques et l’amélioration des compétences. L’organisation surveille et rend compte des violations des droits des enfants et des femmes.

Partenariats dans l’action humanitaire

Dans ses interventions humanitaires, l’UNICEF a toujours favorisé des partenariats solides. La coopération humanitaire a comme objectif d’améliorer la qualité des interventions d’urgence de l’UNICEF et de ses partenaires, surtout au niveau national. Le partenariat est primordial dans la fourniture d’un soutien, de services et d’une protection d’une importance vitale, et il permet à l’UNICEF d’exploiter différentes approches pour obtenir de meilleurs résultats pour les enfants dans l’action humanitaire. Par ailleurs, l’approche de l’organisation concernant les partenariats évolue. L’accent est mis sur la valeur ajoutée de la coopération basée sur l’innovation, la transparence et la planification fondée sur les résultats.

En juin 2009, le Conseil d’administration de l’UNICEF a approuvé un Cadre stratégique en faveur des partenariats et de la coopération afin de concrétiser un changement de politique de l’organisation en ce qui concerne la manière dont elle travaille avec toute une gamme de partenaires différents. Tout en gardant un rôle clé dans son travail de soutien des gouvernements, l’UNICEF coopère avec d’autres organismes des Nations Unies, des partenariats publics mondiaux, des donateurs, des organisations non gouvernementales, le secteur privé, des fondations, des instituts de recherche, des universités et des organisations de la société civile afin de plaider en faveur d’un changement de politique et de fournir des services de première nécessité aux enfants. Dans les contextes humanitaires, de tels partenariats sont indispensables pour veiller à la promotion et à la protection des droits des enfants, et pour s’assurer que les enfants reçoivent de l’aide et des soins.

Ce Cadre stratégique a favorisé le changement conceptuel en cours à l’UNICEF. Au lieu de travailler avec des partenaires considérés comme des fournisseurs de services, on s’engage vers une coopération avec les organisations de la société civile, fondée sur des objectifs et des risques partagés, des approches complémentaires et une transparence réciproque. En janvier 2010, une nouvelle forme d’accord de partenariat a été approuvée afin de concrétiser cette approche sur le terrain. Cet aspect est particulièrement important pour les partenariats dans le domaine de l’action humanitaire.

Les comités nationaux de l’UNICEF et les pays, communautés et particuliers qu’ils représentent, contribuent environ au tiers du budget total de l’organisation et plaident en faveur des droits des enfants aux niveaux national et international. L’UNICEF travaille aussi directement avec les organisations de jeunes pour favoriser la participation des enfants, et pour veiller à ce que les questions concernant les enfants et leurs opinions soient prises en compte lors de l’élaboration des politiques et de la prise de décisions. Les gouvernements, les organisations de la société civile, les communautés et les particuliers habilités à cet effet jouent un rôle important dans la défense des droits des enfants dans les contextes d’urgence et de crise.

La diminution des risques futurs et le soutien aux gouvernements pour qu’ils puissent faire face aux catastrophes potentielles nécessitent de mettre davantage l’accent sur la sécurité des populations et leur résilience, sur la préparation, l’intervention, le redressement et le renforcement des capacités. La diminution des risques d’urgence humanitaire constitue un moyen efficace et durable d’utiliser le financement du développement, ce qui est bien différent des coûts directs élevés générés par les réponses aux crises humanitaires et par la reconstruction à long terme, suite aux conflits armés et aux catastrophes15.

Des stratégies de partenariat spécifiques visant à diminuer les risques de catastrophe sont en cours d’élaboration. Une stratégie de ce type est en train d’être introduite au Kenya, où l’UNICEF travaille en partenariat avec le gouvernement et la Croix-Rouge kényane afin d’évaluer la vulnérabilité et les capacités au niveau des districts. Dans le domaine de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, l’UNICEF et ses partenaires axent surtout les efforts sur la collecte des eaux pluviales, en Afrique de l’Est, où sévissent des sécheresses, et, en Asie du Sud, sur la protection des puits et des pompes contre les inondations non saisonnières.

Soucieux d’améliorer la préparation des membres du personnel et des partenaires dans chaque pays, l’UNICEF est en train de généraliser une combinaison de formation aux situations d’urgence, de planification des secours et d’un système mondial décentralisé d’alerte rapide. Grâce à cette approche, les bureaux de chaque pays surveillent les menaces permanentes, prennent des décisions rapides pour diminuer les risques et mettre en oeuvre les mesures de préparation.

Direction de groupe sectoriel et partenariats

En tant que partenaire et membre du Comité permanent interorganisations (IASC), l’UNICEF a donné la priorité et consacré beaucoup d’efforts au soutien de la réforme humanitaire, dont l’objectif est d’améliorer les initiatives d’anticipation, la responsabilité et la direction de l’action humanitaire16. Ces efforts sont fondés sur une approche de partenariat axée sur l’amélioration des capacités de l’UNICEF pour mettre en oeuvre de façon efficace une approche par groupe sectoriel aux niveaux mondial et national.

L’organisation dirige au niveau mondial les groupes sectoriels de la nutrition, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, et elle co-préside le Groupe sectoriel de l’éducation avec « Save the Children Alliance », le seul groupe à avoir développé un modèle d’engagement d’ONG dans la structure de direction. L’UNICEF est également la seule organisation servant de point focal pour la protection de l’enfance et les « zones de responsabilité » contre la violence sexiste, dirigeant conjointement avec le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) le groupe sectoriel sur la protection. L’organisation préside en outre le groupe intersectoriel sur la santé mentale et la référence psychosociale. L’UNICEF est également un membre engagé dans les Groupes sectoriels de la santé, la logistique et le redressement rapide.

En rassemblant les organismes du système des Nations Unies, les organisations non gouvernementales, et d’autres organisations internationales, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge afin d’identifier les besoins et les lacunes, et de fixer des normes pour les interventions, l’approche par groupe sectoriel a permis d’améliorer la couverture et l’anticipation des besoins des populations affectées. Dans plusieurs pays, les gouvernements ont joué un rôle très actif dans l’adaptation de cette démarche aux structures nationales.

L’adaptation de l’UNICEF et son intégration à l’approche par groupe sectoriel ont permis de renforcer la capacité de l’organisation à répondre aux besoins des enfants et des femmes dans les contextes humanitaires, à élargir ses partenariats, et à effectuer des interventions. Cela a également incité l’organisation à combler les lacunes critiques au niveau des normes, des outils et des recommandations. Cette démarche joue un rôle grandissant dans les efforts de préparation dans les pays qui ne sont pas actuellement confrontés à des urgences humanitaires.

Enfin, cette approche transforme profondément ce qui est accompli au tout début d’une intervention en situation d’urgence en mettant ensemble les réponses et en coordonnant de la façon la plus complémentaire possible les actions humanitaires L’innovation et la créativité générées par ce changement vont s’étendre aux bonnes pratiques fondées sur des données factuelles et à l’élaboration de nouvelles initiatives interorganisations pour remédier de façon conjointe aux lacunes opérationnelles et techniques17.

Accords relatifs aux forces et moyens en attente

Tout en ayant la direction de plusieurs groupes sectoriels, l’UNICEF continue à renforcer ses capacités d’intervention en début de crise humanitaire par le biais des accords relatifs aux forces et moyens en attente permettant d’intervenir sur le terrain en envoyant du personnel. L’UNICEF et ses partenaires maintiennent en commun une réserve de ressources opérationnelles – du personnel, de l’expertise technique, des services et des équipements – qui peuvent être déployées dans un délai très bref pour fournir une aide rapide. Même si les accords relatifs aux forces et moyens en attente ont été conclus au départ pour parer au manque critique et provisoire d’agents sur le terrain, les partenariats ont eux-mêmes généré une plus forte collaboration, portant sur la mobilisation stratégique, les processus de planification complémentaires et le renforcement des capacités dans toutes les organisations et au sein de l’UNICEF18.

Fin 2009, 17 organisations figuraient dans le fichier du personnel à disposition de l’UNICEF et 128 techniciens ont été envoyés en appui dans des urgences grâce aux partenariats relatifs aux forces et moyens en attente19. Cela représente plus de 17 000 journées de travail du personnel de soutien déployé à court terme pour fournir la meilleure réponse possible dans les premiers jours d’une urgence.

Les partenariats relatifs aux forces et aux moyens en attente ont également été d’une aide déterminante dans la mesure où l’UNICEF continue à renforcer son engagement et ses responsabilités dans les groupes sectoriels et groupes sectoriels dans des situations d’urgence de plus en plus nombreuses. Par exemple, le groupe sectoriel eau, assainissement et hygiène (WASH) fournit du personnel spécialisé dans le cadre d’une équipe conjointe de réponse rapide. Action contre la faim, CARE et Oxfam font partie de cette équipe, qui est formée par l’UNICEF et d’autres membres du même groupe.

Action humanitaire prévue en 2010

En 2010, l’UNICEF compte travailler avec tous ses partenaires et parties prenantes pour atteindre des dizaines de millions d’enfants affectés par des situations d’urgence dans les 28 pays figurant dans le rapport. Ce Rapport sur l’action humanitaire 2010 souligne l’engagement de l’UNICEF dans les pays et les communautés avant, pendant et après une situation d’urgence, et explique comment les programmes et mécanismes spécifiques renforcent l’action humanitaire. Chaque chapitre met l’accent sur des questions essentielles pour les enfants et les femmes, fournit des données de base pour le pays20, indique les réalisations clés de 2009 et l’action humanitaire prévue en 2010, avec les besoins en termes de financement. Pour illustrer la manière dont le travail est effectué, chaque chapitre expose aussi un instantané montrant un partenariat en action.

En coopération avec les gouvernements et d’autres partenaires, l’UNICEF va continuer à soutenir les évaluations de qualité des besoins et des risques avec comme objectif l’amélioration de l’action humanitaire en faveur des enfants affectés par des catastrophes et des conflits. Le renforcement des capacités en termes d’atténuation de l’impact, de préparation et d’intervention pour les urgences fait partie intégrante de la stratégie de l’UNICEF. En effet, l’organisation aide à la transition de la situation d’urgence au développement en intégrant dans son intervention des approches portant sur le relèvement rapide. Dans ce contexte, l’accord de partenariat passé en octobre 2008 entre la Banque mondiale et les Nations Unies pour renforcer leur coopération dans les contextes de crise et d’aprèscrise est à même de permettre l’harmonisation de l’action, l’amélioration des capacités nationales en matière de prévention des crises, d’intervention et de redressement.

La capacité de l’UNICEF de mener des interventions programmées est largement tributaire du financement des donateurs. Alors que l’économie mondiale amorce une relance hésitante en 2010, après le ralentissement de 2008- 2009, il est primordial que les donateurs maintiennent ou augmentent leurs engagements d’aide pour protéger les enfants et les femmes pris dans des situations d’urgence. Seul un financement durable et suffisant donnera à l’UNICEF et à ses partenaires les moyens d’obtenir de meilleurs résultats pour les enfants, de faire respecter, pour tous les enfants, la promesse de la Convention relative aux droits de l’enfant, et de travailler à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement et d’autres objectifs concernant les droits de l’enfant faisant l’objet d’accords internationaux – dans tous les contextes.

Tendances des financements

Le Rapport sur l’action humanitaire 2010 précise les besoins prioritaires en termes d’action humanitaire, identifiés pour plus de 80 pays chaque année. Le rapport prend en compte les besoins des pays couverts par la procédure d’appel global (CAP) et des pays non visés par cette procédure (non CAP), mais il exclut les appels éclairs et tous les autres appels ponctuels émis par l’UNICEF au cours de l’année pour répondre à une urgence subite. Parmi les pays non CAP, figurent ceux qui doivent faire face aux urgences « silencieuses » avec des niveaux de vulnérabilité chronique et de pauvreté élevés, une dénutrition dangereuse et un accès limité aux services de première nécessité. Leur situation est souvent aggravée par des sécheresses et des inondations localisées, la violence au niveau des communautés, des mouvements de population et d’autres facteurs entravant le redressement à long terme.

Comme le montre la Figure 1.1, les fonds d’urgence totaux fournis à l’UNICEF se sont élevés à 572,4 millions de dollars É-.U. pour la période allant de janvier à octobre 2009, y compris les fonds reçus par les 36 pays couvrant six régions qui figuraient dans Le Rapport sur l’action humanitaire 2009. Ces fonds sont en baisse de 5 pour cent par rapport au niveau des fonds consacrés à l’aide humanitaire en 2008 (600 millions de dollars É-.U. pendant la période correspondante de 10 mois entre janvier 2008 et octobre 2008). En 2009, l’UNICEF a aidé 15 pays CAP, huit pays bénéficiant d’appels éclairs, 27 pays non CAP et répondu à 10 autres appels21, nécessitant un budget total de 1,19 milliard de dollars É-.U.

Pour l’année 2009, le budget d’intervention humanitaire de l’UNICEF, d’un total d’1,15 milliard de dollars É.-U., n’a été financé qu’à 39 pour cent entre janvier et octobre 2009. Sur la demande totale, les pays CAP étaient financés à 45 pour cent alors que les pays non CAP étaient financés à 33 pour cent. Pour la période correspondante de 2008, le budget d’intervention humanitaire global était comparativement mieux financé, à 44 pour cent. Toutefois, si les pays CAP étaient eux aussi comparativement mieux financés, à 53 pour cent, les pays non CAP n’obtenaient que 29 pour cent de financement. De janvier à octobre 2009, les appels éclairs n’ont obtenu que 47 pour cent de leurs besoins totaux de financement 2009, à comparer au niveau de 61 pour cent de janvier à octobre 2008.

De janvier à octobre 2009, le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) est resté, pour l’UNICEF, la source de financement la plus importante, avec une contribution de 89,8 millions de dollars É.-U. au total – 52,2 millions de dollars É.-U. obtenus au titre de la composante interventions rapides et 37,6 millions de dollars É.-U. au titre de la composante situations d’urgence sousfinancées. Les États-Unis d’Amérique ont été la seconde source de financement la plus importante pour l’UNICEF, fournissant des financements pour l’Éthiopie, l’Iraq, le Pakistan, le Soudan et la République arabe syrienne, parmi les principaux bénéficiaires. Avec une augmentation de 60 pour cent de son financement humanitaire pour l’UNICEF par rapport à 2008, la Commission européenne à travers son bureau humanitaire ECHO (Office humanitaire de la Communauté européenne) a été le troisième donateur de janvier à octobre 2009. Le Japon reste l’un des principaux et des plus réguliers donateurs bilatéraux, apportant 57 millions de dollars É.-U. Les 10 premiers donateurs en matière de financement humanitaire, que l’on trouve sur la Figure 1.2, ont représenté 78 pour cent du total des financements humanitaires reçus par l’UNICEF pour ses interventions d’urgence entre janvier et octobre 2009.

Sur un total de contributions humanitaires de 572,4 millions de dollars É.-U., reçus au cours des dix premiers mois de 2009 (jusqu’à fin octobre), seulement 9 pour cent (52,7 millions de dollars É.-U.) avaient une affectation thématique. Tant en pourcentage qu’en valeur absolue, le niveau des financements à affectation thématique de janvier à octobre 2009 arrive à la moitié du montant reçu durant la période correspondante de 2008. Les financements à affectation thématique de janvier à octobre 2008 atteignaient un montant de 115 millions de dollars É.-U., soit 19 pour cent des contributions humanitaires totales de 2008.

De janvier à octobre 2009, 130,8 millions de dollars É.-U. (23 pour cent du total du financement humanitaire de 572,4 millions de dollars É.-U.) ont été reçus par des mécanismes de financement humanitaire commun, notamment le CERF, les fonds humanitaires communs, les fonds d’intervention humanitaires et le fonds d’affectation spéciale multidonateurs, administrés par la Banque mondiale. La part du CERF est la plus importante, avec 89,8 millions de dollars É.-U. de la totalité du financement humanitaire reçu, soit 16 pour cent du total des autres ressources d’urgence (ARU), ce qui représente une légère baisse par rapport au niveau janvier-octobre 2008 de 91,9 millions.

Le financement commun non humanitaire, qui provient de sources telles que le Guichet élargi de financement pour l’initiative « Unis dans l’action » pour la réalisation des OMD, le Fonds des Objectifs du Millénaire pour le développement, le Fonds du programme Unis dans l’action et le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, s’est élevé à 42,7 millions de dollars en janvier-octobre 2009, soit une augmentation de 14 pour cent par rapport aux 37,5 millions de dollars pour la période correspondante en 2008.

Le Comité du Japon pour l’UNICEF a été le principal donateur thématique de janvier à octobre, avec des contributions humanitaires thématiques de 11,3 millions de dollars É.-U. Parmi les gouvernements donateurs, la Norvège est le plus gros fournisseur de fonds humanitaires thématiques (9,7 millions de dollars É.-U.), suivie par la Finlande (5,6 millions de dollars É.-U.). Le classement des 10 premiers donateurs de fonds humanitaires thématiques est le suivant: le Comité du Japon pour l’UNICEF, le Gouvernement norvégien, le Comité allemand pour l’UNICEF, le Gouvernement finlandais, le Fonds des États-Unis pour l’UNICEF, le Comité du Royaume-Uni pour l’UNICEF, le Comité des Pays-Bas pour l’UNICEF, le Comité italien pour l’UNICEF, le Comité espagnol pour l’UNICEF et le Comité canadien pour l’UNICEF.

L’UNICEF accueille toujours avec satisfaction les fonds humanitaires thématiques dans la mesure où ils permettent une programmation répondant mieux aux besoins, basée sur un pays et respectant des priorités mondiales. Ce type de financement souligne l’engagement des donateurs envers les principes et bonnes pratiques de l’action humanitaire. Les contributions thématiques réduisent les frais de transaction et simplifient la gestion des budgets au niveau du pays.

Le niveau des financements reçus détermine la capacité de l’UNICEF à intervenir de façon efficace et en temps voulu. En Afghanistan, par exemple, 66 pour cent de la demande de financement pour l’année calendaire a été satisfaite fin octobre 2009 et 5000 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition ont été soignés dans des cliniques et des dispensaires pour malades ambulatoires aidés par l’UNICEF, dans les huit provinces les plus affectées par la sécheresse et par le prix élevé des produits alimentaires. Une campagne de vaccination de masse contre la rougeole a permis l’immunisation de plus de 3 millions de personnes. Des campagnes combinant un supplément de vitamine A et une vaccination antipolio a touché 98 pour cent des enfants de moins de cinq ans. Grâce à la construction de systèmes d’approvisionnement en eau, à la mise en place de pompes à main et d’installations sanitaires conformes aux normes Sphère, un accès durable à l’eau potable et à l’assainissement a été offert à près d’un tiers du million de personnes qui seraient affectées par la sécheresse. En collaboration avec le ministère de l’Éducation, Save the Children et d’autres partenaires, l’UNICEF a aidé à la réouverture de 214 écoles, soit près d’un tiers des 651 écoles qui ont été fermées en novembre 2008 en raison des menaces et de la violence.

En Éthiopie, où les demandes de financement ont été satisfaites à hauteur de 53 pour cent entre janvier et octobre 2009, l’UNICEF – travaillant avec le Gouvernement et des partenaires nationaux et internationaux – a été en mesure de répondre, en 2009, aux besoins humanitaires d’environ 6 millions d’enfants se trouvant dans des zones d’insécurité alimentaire. Ces efforts doivent être poursuivis en 2010.

En Somalie – peut-être l’un des environnements les plus difficiles pour les opérations humanitaires – l’UNICEF a pu travailler avec plus de 100 partenaires nationaux et internationaux afin d’aider les enfants et les femmes dans le cadre de démarches nouvelles et flexibles. En 2009, 1,8 million de personnes ont bénéficié de services de santé de base, et plus de 50 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été soignés (le double du nombre d’enfants soignés en 2008). La distribution de moustiquaires a continué sa progression, les Journées de santé de l’enfant ont plus que doublé la couverture vaccinale dans les secteurs ciblés et le pays reste débarrassé de la polio.

Besoins de financement d’urgence pour 2010

En 2010, 1,2 milliard de dollars É.-U. sont nécessaires pour appuyer l’action humanitaire aidée par l’UNICEF22. Le Rapport sur l’action humanitaire 2010 contient des appels pour 28 pays en particulier, contre 36 en 2009.23 Comme le montre la Figure 1.3 ci-dessous, les besoins financiers en matière d’urgence de l’Asie ont plus que doublé. Ceci est dû à l’intégration du Pakistan et des Philippines dans le rapport 2010, ainsi qu’aux catastrophes actuelles et au conflit en cours en Afghanistan..

Les demandes pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale ont elles aussi augmenté, surtout en raison de graves situations d’urgence au Tchad et en République démocratique du Congo. Ces deux pays sont confrontés à une violence interne et transfrontière, à des déplacements massifs de populations et à un accès limité aux zones où
l’aide humanitaire est nécessaire.

C’est en Afrique de l’Est et Afrique australe que les demandes de financement sont les plus élevées. On estime que, pour la seule année 2009, 24 millions de personnes ont été affectées par la sécheresse, une insécurité alimentaire chronique et des conflits armés. En outre, la situation reste grave au Zimbabwe, avec une flambée épidémique de choléra dans l’ensemble du pays, une diminution de la sécurité alimentaire et une forte épidémie de SIDA qui a accru la vulnérabilité des enfants et des femmes dans ce pays.

En 2010, les demandes régionales pour l’Europe centrale et orientale et la Communauté d’États indépendants, l’Amérique latine et les Caraïbes, et le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord restent du même ordre qu’en 2009.

L’UNICEF remercie les donateurs pour leur appui important en 2009. Nous allons continuer une gestion rigoureuse et responsable dans la distribution efficace des fonds engagés en 2010 afin de contribuer à satisfaire des besoins vitaux, à faire respecter les droits fondamentaux des enfants et des femmes, et nous prendrons des mesures décisives en vue d’améliorer la résilience et de réduire les risques futurs.

Notes :

    1. Fonds des Nations Unies pour l’enfance. Annual Emergency Response Study: 2005, 2006, 2007 and 2008 (Étude annuelle sur la réaction aux urgences : 2005, 2006, 2007 et 2008). L’UNICEF qualifie d’urgence une situation mettant en danger les vies et le bien-être d’une population et rendant impérativement nécessaires des mesures exceptionnelles pour assurer la survie, les soins et la protection.
    2. Parry, M. L., et al., rédacteurs, « Bilan 2007 des changements climatiques : conséquences, adaptation et vulnérabilité », Contribution du Groupe de travail II au quatrième Rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, GIEC, Genève, 2007.
    3. Back, Emma, et Catherine Cameron, Our Climate, Our Children, Our Responsibility: The implications of climate change for the world’s children (Notre climat, nos enfants, notre responsabilité : les implications du changement climatique pour les enfants dans le monde), Comité du Royaume-Uni pour l’UNICEF, Londres, 2008.; et Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Climate Change and Children: A human security challenge (Le changement climatique et les enfants : un défi pour la sécurité de l’homme), UNICEF Innocenti Research Centre, Florence, Italie, 2008.
    4. Save the Children, « In the Face of Disaster: Children and climate change » (Face à la catastrophe : les enfants et le changement climatique), International Save the Children Alliance, Londres, 2008.
    5. Programme des Nations Unies pour l’environnement, From Conflict to Peacebuilding: The role of natural resources and the environment (Du conflit à la consolidation de la paix : le rôle des ressources naturelles et de l’environnement), PNUE, Nairobi, 2009.
    6. Accord de Copenhague du 18 décembre 2009, paragraphe 3.
    7. Fonds des Nations Unies pour l’enfance, « Aggregate Shocks, Poor Households and Children: Transmission channels and policy responses » (Chocs cumulés, ménages et enfants pauvres : canaux de transmission et politiques en réponse) , Document de travail de politique sociale, Division Politiques et pratiques, UNICEF, New York, février 2009.
    8. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, The State of Food Insecurity in the World: Economic crises – Impacts and lessons learned (L’insécurité alimentaire dans les crises économiques mondiales), FAO, Rome, 2009.
    9. Fonds des Nations Unies pour l’enfance, « A Matter of Magnitude: The impact of the economic crisis on women and children in South Asia » (Une question d’ordre de grandeur : l’impact de la crise économique sur les femmes et les enfants en Asie du Sud), Bureau régional de l’UNICEF pour l’Asie du Sud, Katmandou, juin 2009.
    10. Rodrik, Dani, « Where Did All the Growth Go? External shocks, social conflict and growth collapses » (Qu’est devenue la croissance ? Les chocs externes, les conflits sociaux et les fléchissements de la croissance), Journal of Economic Growth, vol. 4, décembre 199, pp. 358–412; et Murshed, Syed Mansoob, « ‘The Conflict-Growth Nexus and the Poverty of Nations » (Le lien conflitcroissance et la pauvreté des pays), Document de travail n°. 43 du DESA, Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, New York, juin 2007.
    11. Collier Paul, et Anke Hoeffler, « The Challenge of Reducing the Global Incidence of Civil War » (Le défi d’une réduction de l’incidence mondiale de la guerre civile), Document du Copenhaguen Consensus Challenge, Centre for the Study of African Economies, Oxford University, Oxford, Royaume-Uni, 2004.
    12. Nations Unies, lettre au personnel du Secrétaire général, décembre 2009.
    13. Information obtenue du Bureau de l’UNICEF en République démocratique du Congo; voir le chapitre consacré à la République démocratique du Congo dans le présent rapport.
    14. Voir, par exemple, à l’Assemblée générale des Nations Unies, Soixante-et-unième session, « Droits de l’enfant », la note du Secrétaire général A/61/299 et S/RES/1888, adoptée par le Conseil de sécurité le 30 septembre 2009; le renforcement du mécanisme de surveillance et de communication de l’information et la désignation d’un nouveau représentant spécial du Secrétaire général sur la violence sexuelle dans les conflits.
    15. Des études indiquent que tout dollar investi dans la réduction des catastrophes économise de 4 à 7 dollars É.-U. à long terme, ainsi qu’il est noté dans « Sécurité de l’homme et réduction des catastrophes », des observations du Sous-Secrétaire général John Holmes à la conférence sur le changement climatique dans une perspective de sécurité de l’homme, 31 juillet 2007, au siège des Nations Unies, à New York.
    16. Il est possible de trouver davantage d’informations sur la réforme humanitaire sur http://www.humanitarianreform.org.
    17. Conseil d’administration du Fonds des Nations Unies pour l’enfance, « Mapping of UNICEF Partnerships and Collaborative Relationships » (Relevé des partenariats et des relations de collaboration de l’UNICEF), E/ICEF/2009/11, Conseil économique et social des Nations Unies, 6 avril 2009.
    18. Fonds des Nations Unies pour l’enfance, « Standby Arrangements in Emergencies », Partnerships and Collaborative Relationships Case Study (Accords relatifs aux moyens en réserve en cas de catastrophe, étude de cas sur les partenariats et les relations de collaboration), UNICEF, New York, juin 2009.
    19. Sont concernés des organisations non gouvernementales telles que Action contre la faim, Austcare, CANADEM, CARE International, le Danish Refugee Council, la Norwegian Church Aid, le Norwegian Refugee Council, Oxfam UK, RedR Australia et Télécoms Sans Frontières; des organismes publics tels que l’Icelandic Crisis Response Unit, l’Irish Aid, la Swedish Rescue Services Agency, la Swiss Agency for Development Cooperation et le UK Department for International Development, ainsi que des entreprises partenaires telles qu’Ericsson et Veolia Environnement.
    20. Sauf indication spécifique, toutes les données correspondent aux dernières estimations internationales disponibles au moment de mettre sous presse et issues de L’édition spéciale de la situation des enfants dans le monde pour marquer le 20e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant – Tableaux statistiques, consultable en ligne sur http://www.unicef.org/french/publications/index_51775.html.
    21. Parmi les autres appels figurent les « Besoins immédiats » et les appels interorganisations (à l’exclusion des appels CAP et des appels éclairs). Lorsqu’une crise impose un financement dépassant les limites d’une nouvelle programmation et s’il n’y a pas d’appel conjoint émis, dans les 24 à 72 heures du début de l’urgence, l’UNICEF lance un appel « Besoins immédiats ».
    22. Le total requis pour l’UNICEF aux niveaux du pays, de la région et du siège comprend un taux de recouvrement maximal de 7 pour cent. Le taux de recouvrement réel pour les contributions sera calculé conformément à la décision 2006/7 du 9 juin 2006 du Conseil d’administration de l’UNICEF.
    23. L’Angola, le Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Malawi, le Mozambique, le Timor-Leste et la Zambie ont chacun fait l’objet d’appel/chapitre dans le Rapport sur l’action humanitaire 200. Le cas échéant, les fonds dont ces pays auront encore besoin pour répondre à des situations d’urgence de petite échelle, renforcer leurs capacités et faciliter un relèvement rapide, ont été inclus dans les appels régionaux de 2010.