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AFRIQUE DE L'OUEST ET AFRIQUE CENTRALE Reportage en Guinée

© UNICEF Guinée/2009/Sow

Gnamakoro Dioubaté attend pour faire soigner sa petite-fille de 5 ans, Saran, dans un dispensaire de Faranah. Saran a de la fièvre et une forte diarrhée. Les maladies hydriques et diarrhéiques représentent près de 17% des décès d'enfants guinéens.

LA LUTTE AU QUOTIDIEN CONTRE LES MALADIES ÉVITABLES, L’EXEMPLE DU CENTRE DE SANTÉ DE LA COMMUNIAUTÉ URBAINE DE FARANAH/GUINÉE

Le centre de santé est situé au bord de la route principale qui traverse la commune urbaine de Faranah. Une plaque indique l’accès à l’intérieur de la cour du Centre de santé. Devant le bâtiment principal, deux bancs en bois permettent aux patients d’attendre pour la consultation pré et postnatale.

Au fil des minutes qui s’écoulent lentement des femmes et des enfants s’impatientent.  Un peu en retrait, la grand-mère  Gnamakoro Dioubaté tient sur ses genoux sa petite fille de cinq ans toute recroquevillée, le corps fiévreux. Elle l’a amenée ce matin au centre santé, car elle est atteinte de diarrhée depuis plus de 24 heures. La grand- maman  sait que dans pareil cas, il ne faut pas perdre du temps à la maison. Elle lui a déjà préparé et donné  une solution de sels de réhydratation orale. Mais rien n’y a fait. La diarrhée ne s’est pas arrêtée. La petite Saran  les yeux larmoyants  parait déshydratée. « Elle pleure à chaque moment. Elle n’a pas dormi de la nuit » affirme Gnamakoro, d’une voix angoissée. 
                                       
Au pas de la porte de son bureau,  une infirmière appelle une à une les patientes. Mais en réalisant très vite l’urgence  concernant l’état physique de la petite Saran, elle fait entrer la grand-mère et sa petite fille dans la salle de consultation. Aussitôt le visage tiré de grand -maman Gnamakoro se détend. L’infirmière pose alors  les questions d’usage, et procède à un examen attentif de l’enfant avant de lui administrer du sels de réhydratation orale (SRO). Elle  conduit ensuite Saran et sa grand-mère dans une autre salle attenante  dans laquelle  la petite fille va rester  pendant au moins deux à trois heures en observation avant d’être autorisée à regagner la maison.

Des cas comme celui-ci  sont enregistrés fréquemment. En Guinée, les causes de  mortalité infanto-juvénile sont  dues pour 31 pour cent* au paludisme, 20 pour cent *aux infections respiratoires 17 pour cent* aux maladies  diarrhéiques. La malnutrition à elle seule,   représente 50 pour cent  de ces maladies.

Réponses de l’UNICEF et des autres partenaires (OMS, UNFPA, PSI, HKI) 

Pour   mieux impliquer la communauté à la sauvegarde du bien être de l’enfant, le centre de santé organise des activités de communication destinées à faire prendre conscience que des petits gestes, des règles d’hygiène de base  peuvent  parfois sauver des vies. Sous la paillote de la cour, comme tous les lundis et tous les vendredis, de huit heures à dix heures du matin, Mariam Diallo et Illiassou Diallo, membres du comité de gestion du centre animent une séance de sensibilisation. A cet effet, elles ont auprès d’elles une série de petites bouteilles en plastique, de couleur bleue étiquetée « Sur’ Eau » sur lequel on peut voir le logo de l’UNICEF. A l’aide d’explication simple, dans un langage très imagé elles montrent le flacon l’accompagnant d’explications  « Utilisez du désinfectant comme le « Sur’Eau » pour rendre l’eau potable avant de la boire. Ceci est en effet, une solution de chlore qui tue les microbes contenus dans l’eau et qui évitera la diarrhée aux enfants et à leurs parents. »

 Les deux animatrices poursuivent leurs conseils pratiques : « Ne laissez pas de l’eau stagner auprès de vos maisons. Si vous faites cela vous  vous empêcherez les moustiques de se reproduire. Enlevez  les objets souillés près de vos concessions et enterrez les ordures  cela vous empêchera de contracter des maladies, » conseillent-elles aux femmes avant de les exhorter à venir régulièrement avec leurs enfants au centre de santé pour des soins complets. Les patientes sont « toute ouïe et toute oreille. »

Outre les séances d’information et de sensibilisation au centre santé, des agents communautaires organisent des  séances d’information des causeries, tant au sein des communautés que dans les lieux publics. La sensibilisation est axée sur l’apprentissage des comportements positifs en vue de prévenir les maladies de l’enfance, comme la diarrhée avec la bonne utilisation de sels de réhydratation orale… Ces agents communautaires ont été formés lors d’un atelier, organisé par les structures de santé en partenariat avec l’UNICEF et d’autres ONG.

Le gouvernement guinéen et plusieurs autres intervenants  du  secteur santé s’impliquent dans la lutte contre les maladies de l’enfance. C’est le cas de l’UNICEF et du Programme national de lutte  contre le paludisme qui œuvrent notamment   à la promotion  et l’utilisation de  moustiquaire imprégnée, la distribution de médicaments et de matériels pour la prévention et le traitement du paludisme.  

Grâce à la prise en charge des enfants et à la distribution des médicaments qu’offre l’UNICEF, le centre de santé connaît une baisse significative des maladies de l’enfance. En 2008, le centre a en effet enregistré  une diminution de 14 pourcent des cas de diarrhée enregistrés.

En ce qui concerne la malnutrition, l’UNICEF offre gratuitement  des aliments thérapeutiques, des déparasitants, des antipaludéens, des antibiotiques, de même que de la vitamine A et des moustiquaires imprégnées d’insecticide aux femmes enceintes ou ayant accouchés et aux enfants de moins de cinq ans. Durant le mois de Novembre 2009, l’UNICEF avec ses partenaires ont programmé, une campagne nationale durant laquelle une moustiquaire a été  offerte à chaque enfant de moins de cinq ans. Ainsi, la couverture universelle en  moustiquaires imprégnées d’insecticide atteindra près de 70 pour cent  fin 2009. D’ici 2010, près de 80 pour cent des centres de santé existant dans le pays seront appuyés par l’OMS, l’UNFPA, l’UNICEF et la GTZ pour la relance des soins de santé primaire. 

     * source  statistiques : Lancet 2003 
                    ( Kadiatou  Sow +Mab)