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LE SÉISME ET LE TSUNAMI DE 2004 : LEÇONS APPRISES

Le séisme et le tsunami survenus en 2004 dans l’océan Indien ont porté le défi humanitaire à des sommets jamais atteints. Depuis trois ans, l’UNICEF met en œuvre des programmes dans huit pays  et a obtenu des résultats pour plus de 6 millions d’enfants et de femmes dans les zones touchées par le tsunami.

Environ 1,2 million d’enfants ont été vaccinés contre la rougeole et plus de 3 millions ont reçu des suppléments en vitamine A et des médicaments de première nécessité, ainsi qu’un apport d’urgence en eau et assainissement afin d’empêcher des flambées épidémiques. L’UNICEF et ses partenaires (notamment les gouvernements nationaux, les agences de l’ONU, les ONG et les groupes de société civile) ont apporté leur soutien dans la construction d’installations jusque-là inexistantes et dans la reconstruction et l’amélioration des installations endommagées. En combinant leurs efforts, ils ont pu former plus de 56 000 agents de santé et procurer du matériel et des fournitures essentielles à plus de 7000 centres de santé et à 2 millions d’écoliers. Ils ont également élaboré des politiques de protection de l’enfance, et bâti/réhabilité à ce jour 107 écoles, 59 centres de santé, 28 centres pour enfants et centres de provision en eau pour quelques 700 000 personnes.

Grâce à ces actions, des leçons ont été tirées pour les actions futures de l’aide humanitaire. L’évaluation de la première intervention de l’UNICEF au moment du tsunami a mis en évidence les bonnes pratiques qui, sur le long terme, vont pouvoir amener des améliorations. L’UNICEF a établi de nouveaux partenariats, notamment avec les agences de l’ONU, le secteur privé et l’armée . Les fonds sont arrivés à temps et ont été très généreux. De plus, comme 53 % des fonds obtenus étaient thématiques, il s’agissait donc d’une aide non ciblée pouvant s’échelonner sur le long terme. Ces fonds ont été utilisés de manière flexible, après avoir défini les priorités avec les homologues nationaux. Le mécanisme de crise a été activé au niveau mondial en donnant la priorité exclusive aux fournitures dans les situations d’urgence, la récolte de fonds et le déploiement du personnel au cours des 90 premiers jours. La modification des modes de surveillance a permis un suivi et un rapport mensuels auprès du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA). Dans leur rapport biannuel sur les tâches accomplies grâce aux programmes du tsunami, les bureaux de pays ont prévu un calendrier rigoureux d’audit et d’évaluation. Les conclusions ont été rendues publiques par le biais des rapports aux donateurs, des rapports publics de l’UNICEF et la publication de l’information et des évaluations sur le site Internet de l’UNICEF.

Ces évaluations ont également mis en évidence plusieurs défauts, qui ont permis de dégager six leçons clés pour les actions futures de l’aide humanitaire. Certaines de ces leçons ont déjà été appliquées de manière concrète ; les actions de suivi, elles, se focaliseront sur les lacunes restantes. La plupart des leçons sont les mêmes que celles apprises dans les autres situations d’urgence, comme au Darfour, en Iraq, au Libéria, au Mozambique ou au Pakistan. Elles s’intègrent néanmoins de manière plus large au calendrier de la réforme humanitaire, et entendent répondre à la complexité et au nombre grandissant des situations d’urgence. Ces leçons ont aussi pour but d’améliorer la prévisibilité, la responsabilité et la capacité à diriger l’aide humanitaire. Ceci implique, entre autres, la volonté d’une plus grande cohérence entre les agences de l’ONU et, pour l’UNICEF, un effort à fournir ayant un impact réel, plus efficace et en adéquation avec les Principaux engagements pour les enfants en situations d’urgence (les « CCC »).

1. Coordination efficace, partenariats et intendance sont nécessaires pour atteindre tous les enfants victimes des situations d’urgence

Problème : Le nombre, la taille et la complexité des situations d’urgence dépassent les capacités d’une seule et même agence. Ce n’est donc que par la collaboration et la coordination avec ses partenaires que l’UNICEF parviendra à réaliser sa mission auprès des enfants. L’évaluation des besoins, menée par la Coalition pour l'évaluation des opérations de secours et de relèvement après le tsunami (TEC) a montré que la nature même du bénévolat dans le système humanitaire international entraîne une coordination irrégulière, une gestion imprévisible et des lacunes dans la détermination des responsabilités, ainsi que des lacunes constantes dans les interventions d’urgence.

Réalisations : La communauté internationale humanitaire, sous l’égide du Comité permanent interorganisations (IASC), s’attaque au problème en adoptant la « méthode des groupes sectoriels » : cette méthode a pour but d’assigner des rôles de direction et d’assistance aux différentes agences pour les réponses aux situations d’urgence au sein de chaque groupe sectoriel. Cette méthode est sur le point de façonner le cadre du partenariat et de la coordination humanitaires. L’UNICEF est chef de file au niveau mondial et assume la responsabilité des secteurs Eau, hygiène et assainissement, Nutrition et Éducation (avec l’organisation « Save the Children »). L’UNICEF travaille également avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) dans la direction du groupe de la protection, et il fournit des services dans la collecte de données communes, en collaboration avec le groupe des télécommunications d’urgence, dirigé par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Il joue notamment un rôle important dans les groupes santé, logistique, reconstruction rapide et abris d’urgence. À l’échelle mondiale, des groupes consultatifs, dont les agences de l’ONU, des ONG internationales et des partenaires donateurs, travaillent sur l’élaboration d’un planning mondial pour chaque groupe sectoriel. Des listes comprenant tous les coordonnateurs par pays ont été dressées et ces coordonnateurs ont été formés au préalable. Sur le terrain, la méthode des groupes sectoriels est opérationnelle à ce jour dans 14 situations d’urgence, parmi lesquelles le tremblement de terre au Pakistan, la guerre au Liban, le cyclone du Mozambique et les situations d’urgence périodiques (comme en Éthiopie, au Libéria et au Tchad). Les premières auto-évaluations ont souligné une amélioration dans la prévisibilité et la capacité de réponse, une direction désormais plus présente dans les endroits à problèmes et une meilleure coopération entre tous les acteurs, membres ou non des Nations Unies. Les résultats des évaluations plus approfondies ont eu pour but de mesurer les effets de la réponse humanitaire au niveau de la qualité et de l’efficacité. Ces résultats ont été rendus publics à la fin 2007.

Les plans interorganisations propres à une situation d’urgence sont de plus en plus courants, et, lorsqu’ils sont combinés avec des séances de simulation et de formation, ont un réel impact sur l’efficacité des interventions. Ce fut le cas par exemple dans des pays sans groupes sectoriels, comme le Bangladesh, Djibouti, Haïti, la République arabe syrienne et le Zimbabwe. Pour faire face aux nouvelles situations d’urgence, la méthode sectorielle doit s’intégrer à tous les plans d’urgence dans les différents secteurs.

L’UNICEF, fidèle à sa mission en faveur des enfants dans les situations d’urgence, a contribué à l’implantation et la mise à jour de nouvelles normes, politiques et conseils interorganisations. Il a notamment participé à la mise en place de critères minimum élaborés par le Réseau inter-agences pour l’Éducation d’urgence (INEE) concernant la qualité, la responsabilité et la coordination dans le groupe Éducation. Des déclarations conjointes ont été rendues publiques sur l’utilisation des vaccins, l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, les micronutriments et la gestion des cas de malnutrition aiguë par les communautés locales. Les donations recueillies ont permis à l’UNICEF de renforcer sa capacité de conseil et d’information pour la protection dans les urgences. Il a collaboré avec ses partenaires pour élaborer les Principes de Paris sur les enfants enrôlés dans les forces armées et des groupes armés, et les « Directives en vue d'interventions contre la violence sexuelle dans les situations de crise humanitaire » de l’IASC. De même, ils ont mis au point des guides et des outils pour les bases de données sur les enfants séparés ou non accompagnés et des coffrets de formation sur la protection de l’enfance dans les situations d’urgence.

Actions en cours : L’UNICEF continue de consolider la méthode sectorielle. Les listes des groupes sectoriels s’étendent de jour en jour et, après la phase initiale, tentent d’arriver à un niveau d’expertise plus élevé. La mise en marche de formations pour coordinateurs axées sur chaque secteur (pour la gestion de l’information) va permettre de renforcer les capacités techniques des groupes sectoriels. Dans les pays ayant connu un programme de pilotage de la méthode sectorielle, l’aide reste constante ; dans les pays encore dépourvus de cette méthode mais qui souffrent d’une situation d’urgence chronique, la coordination et les conseils sont nécessaires.

Les activités qui consistent à renforcer les capacités nationales pour la préparation, la réaction et la réduction de risques dans les cas de catastrophe font partie des programmes de pays de l’UNICEF. Ces activités se focalisent à la fois sur le dispositif de gestion des catastrophes naturelles et sur les ministères des secteurs eux-mêmes. Renforcé par les fonds d’urgence reçus récemment, le secteur de l’éducation s’est imposé comme un élément d’ouverture vers d’autres pays. C’est ainsi le cas pour le Guyana, la République islamique d’Iran, la Malaisie, le Mozambique et le Sri Lanka, où des plans nationaux de préparation et réaction aux situations d’urgence ont été développés dans ce secteur.

Actions prévues : La mise en application de la méthode sectorielle sera en conformité avec les recommandations des évaluations. Il est indispensable pour chaque pays de renforcer et d’institutionnaliser ses capacités dans les situations d’urgence afin de réduire le besoin d’une aide externe. L’un des objectifs des Nations Unies est de développer ses partenariats avec les ONG locales. Comme l’indique le récent bilan de l’UNICEF, celui-ci devra s’assurer d’avoir les fonds nécessaires pour accroître ses capacités.

2. Les enfants et les communautés devraient avoir accès à la connaissance et aux compétences nécessaires pour reconnaître un signal d’alarme, être préparés à l’arrivée d’une catastrophe et pouvoir mieux y faire face

Problème : Les récentes catastrophes naturelles, y compris le tsunami de 2004, ont conduit à une prise de conscience de la part des gouvernements. En effet, ceux-ci ont réalisé qu’ils devaient mettre en place des systèmes solides de préparation aux catastrophes et adopter une vision plus large et systématique de la gestion des risques. L’UNICEF apporte son soutien depuis les années 1990 à des projets visant à réduire les risques en situation de catastrophes, mais l’organisation va devoir renforcer son soutien et élaborer une stratégie plus solide de réduction de risques, tout en étant en adéquation avec le Cadre d’action de Hyogo, adopté lors de la conférence de Kobe en 2005.

Réalisations : Depuis le lancement de la Décennie internationale de la prévention des catastrophes naturelles il y a plus de 15 ans, l’UNICEF et ses partenaires ont travaillé ensemble pour améliorer les capacités des gouvernements et des sociétés civiles dans la préparation aux situations d’urgence, la sensibilisation du public et l’enseignement en matière de risques à l’école. Ainsi, l’UNICEF et le Secrétariat interinstitutionnels de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (ISDR) ont inventé un jeu appelé Riskland. Déjà traduit dans plus de 15 langues, ce jeu consiste à sensibiliser les enfants aux catastrophes naturelles. Au fil des années, l’UNICEF a appuyé de nombreux efforts nationaux dans la mise en place des programmes de formation à l’urgence ; il a aussi aidé à la planification de programmes participatifs communautaires pour la prévention des catastrophes et a apporté ses compétences sur le plan technique. En juin 2007, l’UNICEF s’est formellement engagé à soutenir la mise en œuvre du Cadre d’action de Hyogo en devenant officiellement membre de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (ISDR). En juillet 2007, l’UNICEF a tenu une consultation mondiale pour développer une stratégie de prévention des risques de catastrophe et un plan d’action spécifique dans le secteur Éducation.

Actions en cours : La question de la prévention des risques sera traitée de deux façons : grâce à des programmes de développement d’une part, et à des interventions d’urgence d’autre part. Il s’agit d’une approche holistique qui prend en compte la prévention, la diminution de risques, la préparation, la pré-alerte, l’intervention et la reconstruction. L’UNICEF s’engage à travailler de près avec ses partenaires pour intégrer la prévention de catastrophes dans ses nouvelles responsabilités sectorielles (Eau, hygiène et assainissement, Nutrition, Protection et Éducation). L’un des objectifs principaux de l’UNICEF concerne l’enseignement scolaire et extrascolaire, notamment les programmes scolaires, la sécurité à l’école et la sensibilisation du public. Aux Philippines par exemple, l’UNICEF s’efforce de rendre les établissements scolaires plus sûrs et d’intégrer la prévention de catastrophes dans les programmes scolaires. La stratégie de cette prévention met l’accent sur le renforcement des capacités au niveau national, mais aussi sur les initiatives des communautés, étant donné que les populations locales sont les premières à réagir lors d’une catastrophe. Ceci est d’autant plus vrai dans les régions reculées prédisposées aux catastrophes.

Actions prévues : Dans le cadre d’une programmation systématique et d’une focalisation accrue sur les problèmes de prévention dans les situations d’urgence, les unités techniques de l’UNICEF en matière de santé, eau et éducation réexaminent les méthodes de réintégration et d’accélération des efforts pour la prévention. Grâce à la création d’un nouveau secteur en janvier 2008, l’UNICEF pourra soutenir les efforts de prévention au niveau mondial et renforcer les capacités du personnel. Il pourra ainsi mettre l’accent sur la prévention dans les écoles. En accord avec la promotion d’une stratégie mondiale de prévention, l’UNICEF continuera de consolider des partenariats nationaux et régionaux, en travaillant de près avec l’ISDR et les autorités locales.

3. Une intervention d’urgence efficace nécessite la présence de la bonne personne au bon moment et au bon endroit

Problème : Tout en reconnaissant la contribution faite par le personnel affecté lors du tsunami, l’évaluation menée par l’UNICEF sur l’efficacité de la réponse a montré la nécessité d’accroître sa capacité de réaction face à une situation d’urgence. Ceci implique davantage de personnel mais aussi une préparation plus soutenue.

Résultats : Le tsunami a testé, dans toutes ses composantes, la capacité de réponse de l’UNICEF en matière de gestion de crise. Il a révélé des lacunes dans certains domaines, et notamment la faible mobilisation du personnel au sein des Ressources humaines : l’encadrement et les outils étaient insuffisants, et ils n’ont pas permis de réagir et de gérer de manière coordonnée et prévisible cette crise à grande échelle.

Les leçons apprises et les solutions les plus efficaces ont été répertoriées de façon systématique. Ceci a permis de dégager les trois types d’approches préconisées par l’UNICEF pour la mobilisation du personnel au sein des Ressources humaines :

• Redéploiement du personnel en interne : le personnel de l’UNICEF sera identifié et déployé en tant que personnel en mission.
• Recrutement externe : les candidats seront identifiés et déployés en tant que consultants ou personnel intérimaire.
• Des dispositifs « en attente » : le déploiement des candidats s’effectue par le biais du Bureau des programmes d’urgence (EMOPS) de Genève qui travaille en coopération avec les partenaires de l’UNICEF.

Le renforcement des dispositifs de contrôle et de coordination du personnel recruté en situations d’urgence a ainsi permis de respecter les Principaux engagements pour les enfants en situations d’urgence (CCC). La totalité du personnel déployé en 2006 a respecté les CCC lors de la sécheresse dans la Corne d’Afrique et lors du tsunami en Asie du Sud-Est en 2007. Grâce à ce renforcement, plus de la moitié du personnel recruté depuis la fin 2006 respectent les engagements des CCC, par rapport à un tiers du personnel lors du tsunami de 2004.

Par ailleurs, trois régions pilotes ont lancé un programme pour établir des mécanismes d’intervention rapide en ce qui concerne la mobilisation au sein des Ressources humaines ; deux Bureaux régionaux ont  recruté un coordonnateur local pour les Ressources humaines. L’impact qu’ont eu ces initiatives ainsi que les améliorations apportées aux systèmes et aux outils ont contribué de manière significative au bon respect des CCC de l’UNICEF.

L’UNICEF a mis en place des dispositifs « en attente » avec un nombre toujours croissant de partenaires. Ces dispositifs apportent à chaque partenaire des avantages certains, mais permettent aussi d’accroître les capacités d’intervention dans des secteurs clefs et de réduire la durée de redéploiement du personnel. L’UNICEF, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’UNHCR, organise deux fois par an des formations en logistique pour les partenaires locaux. Grâce à l’aide fournie par les donateurs, les capacités d’intervention en situation d’urgence ont été renforcées. Par la suite, une nouvelle politique et de nouvelles directives ont pu être élaborées, avec, entre autres le Manuel des situations d’urgence sur le terrain, les normes minimales de sécurité opérationnelle (MOSS), ainsi qu’un programme obligatoire de formation dans le domaine de la sécurité. C’est ainsi que quelques 500 membres du personnel ont pu bénéficier d’une formation aux situations d’urgence en ligne, et plus de 1000 personnes ont suivi une formation de préparation et réaction aux situations d’urgence. Les effectifs en situations d’urgence sont passés, en l’espace de trois ans, de 6 à 22 membres au niveau régional.

Actions en cours : Les formations sont continues et incluent la préparation et réaction aux situations d’urgence, des simulations de situations d’urgence en utilisant les critères d’analyse « SWOT » (points forts, points faibles, opportunités, menaces), ainsi qu’une formation centrée sur un secteur spécifique. La mise à jour d’une formation pour les situations d’urgence est en cours d’élaboration, définissant les responsabilités des groupes sectoriels et marquant un ancrage plus fort dans l’esprit humanitaire – dans ses lois, ses principes et ses directives. L’UNICEF figure en chef de file de la liste des coordonnnateurs sectoriels dressée par le Fichier mondial.

Actions prévues : S’inspirant des résultats positifs de ces programmes pilotes (en Afrique subsaharienne, Amérique latine et Caraïbes), le concept d’ « interlocuteur dans les situations d’urgence » devrait s’étendre partout dans le monde. En outre, il est prévu que la Division des ressources humaines, l’EMOPS et le Bureau exécutif annoncent les efforts et les initiatives à fournir pour la mise en place d’une structure durable permettant l’application d’un mécanisme de réponse rapide mondiale et le développement de la capacité de mobilisation des ressources humaines. Des dispositifs « en attente » pourront s’intégrer aux responsabilités d’un groupe sectoriel, élargissant ainsi le partenariat avec le secteur privé. Le Fichier mondial des candidatures externes sera actualisé pour faciliter le travail d’identification des candidats sélectionnés, qui seraient disponibles pour participer aux opérations d’urgence.

4. Un bon approvisionnement au bon moment et au bon endroit peut pourvoir à un grand nombre de besoins d’urgence

Problème : Les situations d’urgence à grande échelle font travailler l’UNICEF à la limite de ses possibilités en matière d’envoi de fournitures adéquates et appropriées. L’évaluation de la réponse au tsunami a souligné la nécessité d’améliorer l’approvisionnement en fournitures d’urgence.

Résultats : L’UNICEF a fait le point concernant les besoins en fournitures d’urgence. Les objectifs sont les suivants:

Pour réduire les délais de livraison et améliorer le suivi des fournitures à l’intérieur du pays, les programmes du tsunami plaident en faveur d’une utilisation plus étendue du système « UniTrack », mis en place dans 20 bureaux de pays à ce jour, y compris en Afghanistan, en Ethiopie, en Indonésie, au Liban, au Pakistan, en Somalie, au Soudan et au Sri Lanka. Le personnel sur le terrain qui utilise l’UniTrack peut suivre toutes les livraisons depuis le point de départ d’approvisionnement jusqu’aux destinataires, en passant par les points de stockage temporaires dans des centres de transit, mais aussi tout au long des routes de l’arrière pays. Le personnel affecté à ces programmes ainsi que les donateurs peuvent ainsi entrer en contact plus facilement avec les destinataires pour juger de la pertinence de l’envoi par rapport aux besoins du bénéficiaire en termes de ponctualité, de qualité et de coût. De même, les responsables chargés des fournitures, tant au niveau national qu’international, sont en mesure de faire de meilleurs choix en fonction des possibilités existantes. La plupart des bureaux de pays ont effectué des mises à jour de leurs programmes de préparation et réaction aux situations d’urgence en précisant les besoins et en identifiant les sources d’approvisionnement.

Actions en cours : Une version améliorée d’Unitrack, capable de prendre en compte des sites multiples par pays, sera intégrée dans le système d’information financier de l’UNICEF. Il sera utilisé dans au moins
60 bureaux.

Des fournitures pré-emballées (trousses de médicaments essentiels, kits « école dans une boîte », trousses récréatives), conçues pour subvenir aux besoins d’urgence les plus communs, peuvent être livrées rapidement. L’UNICEF est à l’origine d’une initiative qui prévoit de modifier les composantes des trousses pour qu’elles s’adaptent aux besoins spécifiques, ce qui  permettrait de réduire les retards. Des nouvelles trousses sont actuellement en train d’être testées pour la localisation de familles, les centres d’intérim et la protection de la petite enfance. Pour s’assurer que ces trousses soient utilisées à bon escient, l’UNICEF élabore de nouvelles directives à l’intention des utilisateurs et des responsables des programmes qui supervisent et contrôlent leur utilisation.  

Actions prévues : Dans les pays où les situations d’urgence sont chroniques, l’UNICEF préconise l’utilisation d’outils d’évaluation des produits de base pour évaluer la chaîne de ravitaillement, depuis la phase de production jusqu'à celle de la consommation. Le but est de renforcer les capacités nationales à tous les niveaux, y compris celui de la fabrication des articles. Dans la logique de la stratégie de stockage à l’échelle internationale, les bureaux de pays feront eux-mêmes leurs propres achats et choisiront eux-mêmes les sites de stockage des fournitures d’urgence. Mais pour le moment, ils subissent les contraintes d’un financement insuffisant.

5. Des informations fiables sont indispensables pour repérer les plus vulnérables et pour planifier, superviser, coordonner et répondre de nos actions auprès des intervenants

Problème : Le rôle de la Coalition d’évaluation du tsunami a besoin d’être défini. L’analyse de la réponse de l’UNICEF face au tsunami montre qu’en règle générale les rapports et les décisions portant sur les programmes ne s’inspirent qu’imparfaitement d’une évaluation objective des faits, et tout aussi imparfaitement d’un contrôle systématique et des informations provenant des évaluations.

Résultats : Dans le cadre de la méthode sectorielle, un premier outil d’évaluation rapide couvrant les installations dans les secteurs Eau, hygiène et assainissement, Nutrition et Santé a été mis au point et soumis à évaluation par les homologues de six pays touchés par des situations d’urgence. Conçu pour être utilisé par des généralistes dans les premières 72 heures, cet outil fournit une base objective permettant des prises de décision rapides à l’intérieur de chacun de ces secteurs.

L’expérience acquise dans le suivi des résultats des programmes lors du tsunami a entraîné la création d’outils permettant de surveiller les progrès de l’UNICEF par rapport aux Principaux engagements pour les enfants en situations d’urgence (CCC), et notamment le logiciel EmergencyInfo, une version plus courante du logiciel DevInfo, utilisé dans plusieurs pays comme en Afghanistan, aux Maldives, au Népal, en Thaïlande et au Timor-Leste. D’autres pays, comme l’Indonésie, le Myanmar, les Îles Salomon, le Sri Lanka et le Viet Nam, utilisent des ordinateurs de poche pour entrer les données sur le terrain.

Pour analyser ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas lors d’une intervention d’urgence, l’UNICEF se sert de plus en plus des modes d’évaluation en temps réel (ETR) pour obtenir les réactions immédiates lors de la mise en œuvre rapide du programme d’urgence, comme cela a été le cas au Niger. L’UNICEF a aussi procédé à des évaluations en temps réel en collaboration avec d’autres partenaires de l’IASC lors de la sécheresse dans la Corne de l’Afrique, le tremblement de terre au Pakistan et les inondations au Mozambique et au Pakistan. 

Un système de pré-alerte/action rapide est disponible en ligne. Il a été mis au point en collaboration avec plus de 130 bureaux de pays dans le but de superviser l’état de préparation au niveau international. Le système envoie un message d’alerte au réseau UNICEF qui met en garde les Bureaux de pays contre des menaces potentielles et leur donne des conseils sur les opérations principales de prévention.
 
Actions en cours : Le premier outil d’évaluation rapide est en cours d’amélioration, et d’autres outils d’évaluation sectorielle sont en train d’être créés. Ces derniers permettront un suivi plus approfondi et seront capables de couvrir la période des trois à six premières semaines. Les outils de contrôle du respect des CCC ainsi que l’outil EmergencyInfo seront testés et perfectionnés dans d’autres pays. Pour être sûr de disposer de données essentielles dans des situations de pré-urgence, il est prévu que l’UNICEF octroie un financement accru pour la réalisation de sondages auprès des ménages. En outre, l’UNICEF apportera son soutien au programme de gestion de l’information mené par l’OCHA, et notamment aux systèmes qui indiquent les rôles de chacun lors d’une intervention d’urgence.

Actions prévues : L’UNICEF contribuera à l’élaboration d’outils à l’usage des groupes sectoriels. Ces outils permettront d’identifier et de contrôler les lacunes lors d’une réponse dans une situation d’urgence. Des évaluations seront prévues pour juger de la pertinence et de l’impact des programmes du tsunami. 


6. Un financement approprié et des procédures financières et administratives flexibles
sont nécessaires pour une réponse rapide lors d’une urgence soudaine et immédiate

Problème : L’évaluation de l’intervention de l’UNICEF face au tsunami a montré que les situations d’urgence sont des moments où des sommes d’argent considérables doivent être déboursées rapidement, ce qui comporte des risques non négligeables pour l’UNICEF. Le fait de vouloir éviter de tels risques, en accordant davantage d’importance aux procédures qu’aux résultats, a entraîné des retards dans le dégagement des fonds, a freiné la mise en place de partenariats et a monopolisé le temps du personnel. Il est donc indispensable d’assurer un meilleur accès aux informations concernant les procédures financières et administratives applicables en situations d’urgence. À l’exception du cas du tsunami, l’aide humanitaire en général souffre d’un financement insuffisant chronique. Les retards dans l’envoi des fonds, les fonds ciblés ou même les fonds utilisables sur une trop courte durée constituent autant d’entraves à la réponse humanitaire et retardent la phase de reconstruction.  

Réalisations : En 2007, l’UNICEF a créé un site Internet avec une banque de données, dans laquelle sont présentées, de façon claire et accessible, la politique et les procédures d’urgence. En outre, il a publié un guide à l’intention des responsables des programmes.

Bien que tous les programmes fassent l’objet d’un audit, des directives initialement élaborées pour le tsunami ont également été appliquées au tremblement de terre au Pakistan. Elles concernent, entre autres,  la gestion de l’évaluation des besoins et la transition d’une phase d’assistance à une phase de reconstruction.

Le tsunami a marqué un tournant dans les fonds non ciblés et thématiques à long terme. Grâce aux efforts continus déployés par l’UNICEF, l’aide humanitaire thématique est passée de 4 millions de dollars américains en 2003 à un total de 752 millions de dollars en octobre 2007.

En vue d’institutionnaliser un accès rapide aux fonds, l’UNICEF a augmenté son Fonds pour les programmes d’urgence, qui se situe désormais à hauteur de 75 millions de dollars par an. L’Assemblée générale a modifié le fonctionnement du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) en introduisant des subventions. En 2006, les fonds du CERF étaient la deuxième plus grande source de fonds d’urgence de l’UNICEF.

En s’inspirant des leçons tirées de la gestion financière lors du tsunami, de nouvelles directives ont été publiées. Elles précisent la manière dont devraient être attribués les fonds thématiques et dont les bureaux de pays devraient répertorier les projets dans les systèmes de fichier financiers. L’objectif est d’aider les agences concernées dans le contrôle financier au niveau mondial et de faciliter la rédaction des comptes-rendus dans les urgences à venir.

Actions en cours : L’UNICEF a très fortement encouragé l’utilisation du guide sur la politique et les procédures dans une situation d’urgence sur le terrain avec une formation sur trois niveaux. Tous les Bureaux de pays et tout le personnel des programmes et opérations pourront appréhender plus facilement les conseils (simplifiés) concernant les actions à mener, pour ensuite les mettre en pratique. Un nouvel audit des programmes d’urgence vient s’ajouter aux audits déjà existants ; il a été testé sur un échantillon de neuf Bureaux de pays dans le monde pour évaluer la préparation à une situation d’urgence. Les audits vont continuer à avoir lieu pour vérifier le niveau de préparation des Bureaux de pays. D’autres audits évaluent le suivi des programmes du tsunami. Le recrutement du personnel d’urgence est en train d’être rationalisé pour minimiser les retards.

Actions prévues : Les leçons tirées du suivi financier du tsunami seront utilisées pour améliorer les systèmes de suivi financier de l’UNICEF. Ce dernier aidera à améliorer les systèmes financiers des autres agences et fournira des données sur les contributions et les dépenses par rapport aux appels d’aide enregistrés. L’UNICEF collaborera avec les médias et les donateurs pour offrir une distribution de fonds plus équitable et plus centrée sur les besoins dans les situations d’urgence, et ceci en accord avec les principes et bonnes pratiques de l’action humanitaire (Good Humanitarian Donorship).

Conclusion

Grâce à la générosité des soutiens financiers, l’UNICEF a obtenu beaucoup de résultats par le biais de ses programmes face au tsunami, ce qui lui permet de continuer à venir en aide aux femmes et aux enfants. Mais nous sommes conscients que les programmes auraient pu donner de meilleurs résultats. Il est évident que les leçons tirées des réalisations et des faiblesses lors du tsunami ne vont pas se mettre en place en un jour, mais le processus est en bonne voie et montre déjà des résultats encourageants, comme le prouvent les récentes situations d’urgence. L’UNICEF reste néanmoins ouvert au changement. Il n’hésiterait pas à changer sa manière de travailler et s’engage à rechercher sans cesse des moyens pour améliorer sa mission.

Les huit pays où l’UNICEF a établi un programme en réponse au tsunami de 2004 sont : l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, les Maldives, le Myanmar, la Somalie, le Sri Lanka et la Thaïlande.
Les partenariats avec l’armée sont effectués en accord avec les critéres du Comité permanent interorganisations (IASC).
3 Voir Comité permanent interorganisations (IASC), Note d’orientation de l’IASC sur l’emploi de l’approche de responsabilité sectorielle pour renforcer la réponse humanitaire (24 novembre 2006).