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MENA SOUDAN: REPORTAGE

Aider les jeunes mères du Sud-Soudan à sauver leurs enfants

© UNICEF Sudan/Almagro

Flora Michael allaite ses triplés de six mois depuis leur naissance, grâce aux conseils d’une sage-femme qui travaille pour l’administration, au Sud-Soudan. Le Ministère de la santé a formé 300 sages-femmes pour promouvoir l’allaitement exclusif au sein.

« La sage-femme m’avait annoncé des jumeaux, alors imaginez ma surprise quand j’ai accouché de triplées, affirme Flora Michael, 24 ans, une Sud-Soudanaise mère de six enfants. J’étais très angoissée, parce que je ne savais pas comment j’allais les nourrir. Mais la sage-femme m’a assuré que j’avais assez de lait pour les trois. Elle m’a aussi dit de ne leur donner aucun autre aliment avant l’âge de six mois. »

Les triplées de Flora, qu’elle a appelées Sitna, Mariam et Fatima, ont six mois à présent et Flora continue de les nourrir exclusivement au sein.

« Je n’arrivais pas à croire que j’y parviendrais, que je pourrais ne rien leur donner d’autre que mon lait », se rappelle Flora, qui regrette à présent de ne pas avoir pratiqué l’allaitement maternel exclusif pour ses aînés pendant les six premiers mois de leur vie.

Les trois aînés de Flora sont nés pendant la guerre au Soudan. Son mari et elle ont dû fuir d’un village à l’autre afin de trouver des abris temporaires pour leurs enfants. Elle était trop fatiguée et trop stressée pour les allaiter. Elle les nourrissait de porridge à l’eau qu’elle saupoudrait de sucre pour lui donner du goût. Elle regrette de ne pas avoir eu une sage-femme qui lui aurait expliqué comment allaiter ses enfants. Elle a compté sur l’aide d’une accoucheuse traditionnelle qui lui a dit de jeter son premier lait, ou colostrum, parce qu’il « était sale ».

« Presque toutes les Africaines allaitent leurs enfants, mais elles ne pratiquent pas toutes l’allaitement exclusif pendant les six mois qui suivent l’accouchement, explique la spécialiste en nutrition de l’UNICEF Bertha Jackson. Peu après la naissance, elles commencent à donner des aliments solides à leur bébé ou de l’eau qui est souvent sale et contaminée. Ils peuvent attraper ainsi des diarrhées ou d’autres maladies mortelles. En période de conflit ou de déplacement, le lait maternel reste la nourriture la plus sûre, parce qu’elles n’en manquent jamais. »

Polly Grace Osuo, du Ministère de la santé d’Équateur central, l’un des dix états du Soudan, exprime la même opinion : «  Nos femmes ne comprennent pas combien l’allaitement exclusif au sein est précieux et à quel point il peut sauver la vie de leurs enfants. Nos accoucheuses traditionnelles conseillent souvent aux femmes enceintes ou qui allaitent de jeter leur premier lait parce qu’elles croient qu’il est sale. »

« Les mères qui vivent dans les zones rurales du Sud-Soudan se plaignent souvent de fatigue et disent qu’elles n’ont pas assez de lait pour nourrir leur bébé, ajoute Polly Grace. Et les femmes des zones urbaines achètent du lait en boîte, qui inonde les marchés du Sud-Soudan depuis la fin de la guerre et des conflits en 2005. »

La fin de la guerre et des conflits offre au Ministère de la santé l’occasion d’améliorer les services sanitaires au Sud-Soudan. La formation en soins prénatals de 300 accoucheuses traditionnelles représente l’une des activités lancées en 2007. Cette formation leur permettra de préparer les femmes à l’allaitement dès le début de leur grossesse.

« Nous leur apprenons comment préparer les seins, comment nettoyer les mamelons et comment positionner ceux-ci dans la bouche du nouveau-né », explique Polly Grace.

Le Ministère de la santé a aussi l’intention d’organiser des groupes de jeunes mamans qui apporteront leur soutien aux mères qui allaitent.

« C’est important qu’elles reçoivent une aide affective de mères qui allaitent elles aussi, reprend Polly Grace. Cela leur permet d’échanger leurs expériences sur la façon de résoudre les problèmes liés à l’allaitement. »

Enfin, le Ministère de la santé a demandé aux chefs religieux et traditionnels de parler aux femmes de l’importance de l’allaitement maternel.

« Nous essayons de faire passer le message par tous les moyens à notre disposition : l’allaitement maternel est la façon la plus simple de garder nos enfants en vie et de prévenir les maladies infantiles. Nous avons survécu à la guerre et aux conflits. Maintenant que la paix est revenue, nos enfants devraient avoir une vie meilleure et plus de possibilités », affirme Polly Grace.

* Le total comprend un taux de recouvrement maximal de 7%. Le taux réel de recouvrement pour les contributions sera calculé conformément à la décision 2006/7 du Conseil d’administration du 9 juin 2006.