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WCARO MAURITANIE: REPORTAGE

Inondations à Tintane : des bébés mis au monde dans une salle de classe

© UNICEF Mauritania/2007

Les possessions familliales sont transportées en zone sécuritaire après les inondations en août dans la ville de Tintane, au sud-est de la Mauritanie. L'UNICEF a fourni des vivres et kits de d'urgence aux populations affectées.

Le 7 août dernier, à environ 10 heures du matin, le responsable du centre de santé de Tintane, le Dr Souleymane, se trouvait toujours à la maternité pour aider Zeinabou à accoucher. Dehors, la pluie venait seulement de s’arrêter, la quantité totale d’eau tombée en moins de quarante-huit heures s’élevant à plus de 90 millimètres.

« Ce qui nous faisait peur à tous, explique Abdallahi, l’infirmier, c’était la pluie s’abattant sur les collines qui surplombent la ville. Tintane a été inondée en moins de trois heures. Toutes les infrastructures médicales, privées comme publiques, y compris le centre de santé et les treize pharmacies, se sont retrouvées sous les eaux. »

Pour faire face à la situation, un centre de santé provisoire a été mis en place dans le lycée, le premier site à accueillir des victimes de l’inondation. « Ici, toutes les consultations seront gratuites. Pendant une semaine, on ne fera pas payer les médicaments », assure le directeur de l’Observatoire de la Santé, le Dr Niang. Il est peu surprenant, par conséquent, que, quatre jours après l’installation de la clinique communautaire dans une des salles de classe, il ait fallu continuer à refuser des gens.
 
Le Dr Niang et le Directeur régional de la Santé ont joint leurs efforts à ceux du Dr Souleymane et son équipe. « En dépit de nos moyens limités, nous nous trouvons sous une pression énorme avec environ 350 consultations par jour. Nous avons même dû mettre deux bébés au monde dans une classe avec du matériel amené d’Aioun. »

« En ce moment, nous ne sommes pas menacés de pénurie de médicaments. Grâce à l’intervention de nos partenaires, nos besoins sont couverts pour au moins trois semaines », explique le responsable du programme de santé et de nutrition de l’UNICEF, le Dr Jean-Claude Mubalama. « Nous avons fourni des trousses médicales d’urgence pour remplacer le matériel de la chaîne du froid. Nous devons maintenant vacciner de toute urgence les enfants contre la rougeole et réhabiliter le centre de récupération nutritionnelle et d’éducation afin de gérer les cas de malnutrition aiguë, tout au moins pendant le premier mois. »

Si, pour l’instant, les besoins de la population son couverts, des mesures d”une nature différente s’avèrent toujours nécessaires. Pour commencer, il va falloir déménager du lycée le centre provisoire de santé avant que l’année scolaire commence et lui trouver un endroit jusqu’à ce que le nouveau centre, qui était en construction avant les inondations, soit opérationnel. À l’heure actuelle, beaucoup de personnes réfléchissent sur le dicton selon lequel « le bonheur des uns fait le malheur des autres ». Mahmoud est l’un d’eux. « En ce qui me concerne, il y a bien longtemps que nous n’avons pas eu de soins de santé sans avoir à dépenser un seul ouguiya. Je ne souhaite pas davantage d’inondations mais j’apprécie assez le fait d’avoir une médecine gratuite qui s’occupe de ma famille comme il faut », affirme Mahmoud.

Au niveau institutionnel, la catastrophe aura au moins conduit les autorités à intégrer les « situations d’urgence » dans leur plan d’action. Le Ministre de la santé, qui supervise les opérations de secours sur le terrain, a garanti qu’un Service des Urgences serait inclus dans son plan d’action 2008.

* Le total comprend un taux de recouvrement maximal de 7%. Le taux réel de recouvrement pour les contributions sera calculé conformément à la décision 2006/7 du Conseil d’administration du 9 juin 2006.