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MENA DJIBOUTI: REPORTAGE

Dans un bidonville de la capitale de Djibouti, des parents participent à la lutte contre la malnutrition infantile sévère

© UNICEF/HQ06-0214/Kamber

Un enfant sévèrement malnourri est traité dans un centre de nutrition thérapeutique supporté par l'UNICEF dans l'hôpital principal de la capitale.

Hodan Mohamed a 24 ans et parle avec enthousiasme du centre de nutrition Balbala 2, situé dans un bidonville à la périphérie de Djibouti-Ville. Hodan est dans la même situation que la plupart des gens dans le bidonville de Balbala : vulnérable, sans ressources, elle habite dans un petit abri composé de tôle et de bâches. Elle n’a accès ni à l’eau potable ni à l’électricité. Depuis sa petite enfance, Hodan lutte pour survivre. Ses parents sont morts en Somaliland, dans un petit village près de Hargeisa, quand elle avait neuf ans. Orpheline, elle a vécu avec des membres de sa famille, qui ont déménagé à Djibouti un an plus tard. Là, sa vie était loin d’être facile : alors qu’elle-même n’était qu’une enfant, elle a dû travailler en tant que baby-sitter. Puis à 17 ans elle est tombée enceinte et s’est mariée à deux reprises. Aujourd’hui, elle attend un autre enfant, elle est divorcée et vit avec ses trois enfants et un de ses petits cousins.

Elle a de la chance, raconte-t-elle avec un sourire, de participer au programme proposé par le centre de nutrition Balbala 2 pour les femmes et les enfants. « J’ai l’impression d’être dans un rêve. Ma fille de trois ans Malika et moi sommes les bienvenues tous les jours. Ce centre a sauvé ma fille et il sauve beaucoup d’autres enfants victimes de malnutrition. Les gens sont chaleureux, une douzaine de lits sont mis à la disposition de tous et l’air conditionné est rafraîchissant. Il y a aussi une salle réservée pour les activités de loisir, avec des jouets et une télé. »

Le centre de Balbala 2 est différent des dix autres centres d’alimentation complémentaire financés par l’UNICEF à Djibouti-Ville. Dans ceux-ci, les enfants victimes de malnutrition n’ayant aucune complication reçoivent simplement un complément alimentaire, alors qu’au centre de Balbala 2, les mères prennent part aux activités d’éducation et de suivi nutritionnels, à l’alimentation infantile et à la distribution de nourriture. Elles apprennent notamment à cuisiner avec les aliments disponibles et d’un prix abordable. Le centre de nutrition Balbala 2 a pour but de développer les compétences des femmes afin que dans la vie quotidienne elles soient en mesure de donner à manger à leurs enfants des aliments nutritifs disponibles sur place. « La plupart du temps, la malnutrition aigüe n’est pas uniquement due à la pauvreté des parents, mais également au manque de connaissances dans le domaine de l’alimentation infantile. Notre défi consiste à donner à chaque mère les compétences nécessaires en matière de nutrition pour réduire les cas de malnutrition aigüe », déclare le Dr Madian, directeur du centre de nutrition Balbala 2.

Hodan est ravie de pouvoir participer au programme de nutrition proposé par le centre. « Ma fille reprend du poids, elle sourit à nouveau et joue avec les autres enfants, explique-t-elle. Maintenant elle aime la nourriture que je prépare. Dans le centre, j’apprends beaucoup de choses sur la nutrition et l’alimentation infantiles. Cela m’aide à avoir confiance en moi et me redonne espoir pour l’avenir de mes enfants. Je vais ensuite pouvoir partager mes connaissances avec ma famille et mes voisins. »

* Le total comprend un taux de recouvrement maximal de 7%. Le taux réel de recouvrement pour les contributions sera calculé conformément à la décision 2006/7 du Conseil d’administration du 9 juin 2006.