har_header_fr_2008

WCARO CONGO: REPORTAGE

Des jeunes gens luttent contre le SIDA dans une situation d’après-conflit

© UNICEF Congo/2006/Luciani

Un babillard anti-SIDA à Kinkala, République du Congo. L’UNICEF supporte un projet créé par des jeunes qui vise à fournir de l’information sur le SIDA/VIH et sa prévention auprès des jeunes gens de la communauté.

Kinkala, une ville du département du Pool (région qui entoure la capitale Brazzaville et sort à peine d’un long conflit dévastateur) fait actuellement l’objet d’une expérience novatrice : un projet de prévention du SIDA par les jeunes et pour les jeunes.

Dieumerci Mbenza, coordinateur de projet, raconte : « Une de mes amies a contracté le VIH après avoir été violée par un groupe d’hommes armés. » Puis il s’arrête quelques secondes, essayant de contenir ses émotions.

Puis il ajoute : « Ici, ces actes de barbarie sont fréquents. Ce sont surtout les femmes qui sont victimes de viols. Mais en ce qui concerne le SIDA, les garçons autant que les filles sont en danger en raison du manque d’information, de la pauvreté et de la prostitution, de la prévalence de la violence, de l’alcool et des drogues, et à cause de nombreuses idées fausses. »

« Avec quelques amis, nous avons décidé de créer une petite association pour lutter contre la pauvreté et le SIDA. Je me souviens encore de la réunion communautaire de l’an dernier, lorsque nous avons abordé une femme de l’UNICEF pour lui demander de l’aide », raconte Dieumerci. Et cette aide leur a été accordée. Des éducateurs sont actuellement formés pour transmettre les informations justes, dissiper doutes et idées fausses et enseigner aux jeunes les rudiments de la prévention du SIDA.

Dieumerci poursuit : « Nous avons créé quatre clubs de jeunes à Kinkala, et ils sont tous en activité. L’UNICEF a fourni entre autres des jeux (Stop SIDA) ainsi qu’une télévision et un lecteur de DVD pour organiser des débats sur le SIDA à partir de projections vidéo. D’autres thèmes tels que le développement, l’éducation, la santé et l’environnement sont également au programme. Ces jeux sont très utiles et ils encouragent les jeunes à rejoindre nos clubs, à engager la conversation, à briser la glace et à parler du SIDA. Nous organisons également des débats et des rencontres dans les écoles et les églises. Cette année, nous avons fait du porte-à-porte pour diffuser au maximum des informations sur la prévention du SIDA dans les foyers. »

Les membres de nos clubs sont des filles et garçons âgés de 10 à 24 ans. Nous avons également réussi à convaincre d’anciens enfants-soldats de nous rejoindre. Parmi ces garçons, certains croyaient qu’ils ne pouvaient pas avoir le SIDA, qu’ils étaient invulnérables. À présent ils savent que si l’on a des doutes sur son partenaire il faut se protéger. C’est la règle d’or pour éviter le SIDA et autres maladies sexuellement transmissibles. Au début, ils devenaient vite agressifs quand on parlait de préservatifs comme moyens de prévention du SIDA. Aujourd’hui ils parlent de sexualité et de pratiques à risque sans tabous et distribuent même des préservatifs à leurs amis. Parmi eux, Pablo, n’arrête pas de s’écrier qu’il prêche « sur le terrain » : il utilise en effet des préservatifs. »

« Il n’est généralement pas facile de parler du SIDA, ajoute Dieumerci, j’ai remarqué qu’il est plus simple d’en parler avec les filles qu’avec les garçons. Mais de nos jours, de plus en plus de jeunes gens veulent passer le test VIH. Malheureusement, ici à Kinkala, cela n’est pas possible et aller à Brazzaville n’est pas une mince affaire. »

* Le total comprend un taux de recouvrement maximal de 7%. Le taux réel de recouvrement pour les contributions sera calculé conformément à la décision 2006/7 du Conseil d’administration du 9 juin 2006.