har_header_fr_2008

WCARO RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: REPORTAGE

Des écoles dans la brousse ramènent des enfants déplacés à une certaine normalité

© UNICEF CAR/2007/Holtz

Une école dans une partie, de la région de Vakaga, au nord-est de la République centrafricaine, qui est détenue par les rebelles. L’UNICEF et ses partenaires contribuent au maintien de l’éducation dans les parties du pays touchées par le conflit.

Agnès Sadoua n’a que sept ans. Perchée sur un banc en bois, elle balance ses jambes d’avant en arrière. Comme de nombreux enfants de son âge, il lui manque une dent devant. C’est avec un large sourire qu’elle nous raconte qu’elle adore son école, ses amis et sa famille. Mais ça n’a pas toujours été le cas. Il y a trois mois, Agnès, au même titre que de nombreux autres enfants et leurs familles, a dû fuir son foyer pour trouver refuge dans la brousse.

« Maman m’a réveillée tôt; nous nous sommes habillés en vitesse et sommes partis de la maison. J’avais très peur. Je n’ai pas compris ce qui se passait. » Agnès n’était pas habituée à se lever si tôt. « Nous avons quitté la maison silencieusement, il faisait encore nuit », se souvient-elle. D’autres habitants du village les ont rejoints alors qu’ils descendaient la rue.

En attrapant la main de son frère, elle nous raconte leur longue route vers la sécurité avec pour seul bagage un petit paquet que sa mère portait sur la tête. « Je me souviens que nous avons dû traverser une brousse épaisse et que j’avais mal aux jambes », dit-elle en grimaçant. Les villageois, terrifiés, évitaient volontairement les routes, craignant les bandits et les groupes armés qui patrouillent régulièrement la région de Paoua. Le soir, ils se sont arrêtés dans une hutte à l’abandon, près d’un champ, et y sont restés depuis, vivant du manioc qui pousse à côté de la hutte. Agnès décrit le sentiment de solitude qui l’envahissait : « Il n’y avait pas un seul enfant dans les parages et ma mère me disait qu’il était dangereux de s’éloigner pour en chercher. »

Quelques semaines plus tard, la situation a changé. « Des personnes qui portaient toutes le même chapeau sont venues parler à ma maman, se souvient-elle. Ils nous ont apporté des couvertures, des ustensiles de cuisine et des céréales. »

Quelques adultes des autres familles avaient dégagé de l’espace dans le bois voisin et avaient construit un abri avec des fourches et des bâches. « Le lendemain, ces mêmes personnes sont revenues. Cette fois, elles ont apporté des tableaux noirs, de la papeterie et d’autres équipements. Quelqu’un est aussi venu nous donner des cours dans l’abri bâché. » Agnès se souvient avec émotion du jour où elle a retrouvé les enfants de son village et où elle a pu retourner à l’école.

Grâce à un programme commun à l’UNICEF et l’ONG italienne Cooperazione Internazionale lancé en 2006, Agnès et plus de 10 000 enfants peuvent aujourd’hui aller à l’école dans la brousse. Il s’agit là d’une solution temporaire pour une région qui est depuis longtemps ravagée par la guerre. On espère qu’avec le temps, l’UNICEF pourra développer ce programme, établir davantage d’écoles fixes et promouvoir une vaste campagne « Retour à l’école ». En attendant, les écoles dans la brousse permettent à ces quelques enfants les plus vulnérables du pays d’avoir accès à l’éducation et de retrouver une certaine normalité.

C’est pourquoi l’UNICEF poursuivra ses activités dans le but d’intégrer un maximum d’enfants déplacés au sein d’écoles officielles ou rudimentaires et de leur permettre de poursuivre leur scolarité. Dans ces écoles, les enfants ont reçu des fournitures scolaires complètes, y compris des manuels. Il en a été de même dans la région de Vakaga, où l’UNICEF travaille en collaboration avec Triangle Génération Humanitaire (France).

* Le total comprend un taux de recouvrement maximal de 7%. Le taux réel de recouvrement pour les contributions sera calculé conformément à la décision 2006/7 du Conseil d’administration du 9 juin 2006.