Rapport sur l'action humanitaire 2007 – Page d’acceuil

SRI LANKA

Provisions de nourriture en baisse à Jaffna

La péninsule de Jaffna au Sri Lanka vit déjà dans les conflits depuis des décennies. Sa population de 600 000 personnes ressent maintenant les effets de la recrudescence récente des combats entre les Tigres de libération de l’Eelam tamoul et les forces gouvernementales. 

A part le son de bombardements occasionnels dans le lointain, les rues de la ville de Jaffna sont calmes : à cause de la pénurie de carburants, il y a peu de véhicules motorisés et la bicyclette est maintenant reine.

En ville, des queues se forment ici et là devant les magasins d’alimentation. Bien que le gouvernement continue à s’approvisionner par bateau et qu’un système de rationnement ait été mis en place, presque chacun parle du manque de farine, riz, sucre et de lentilles. Sur le marché noir, un kilo de sucre vaut maintenant 400 roupies et un litre d’essence en vaut 500, presque quatre fois leur prix normal.

Il y a plus de 50 000 personnes déplacées sur la péninsule. La plupart d’entre elles se sont logées tant bien que mal chez des parents ou amis. D’autres se sont retrouvées dans des lieux désignés comme centres d’hébergement temporaires.

Dans la ville de Jaffna, plus de 1 300 personnes vivent sur les terres de l’église de Notre Dame du Refuge. Autour de cette grande église blanche, des femmes sont assises sur le sol sablonneux, elles se parlent l’une tressant les cheveux de l’autre. Les enfants et les adolescents font des jeux près des murs de l’église. Les hommes, pour la plupart des pêcheurs de métier, restent debout et observent ou parlent entre eux.

Ici, les familles vivent dans les bâtiments de l’école sur les terres de l’église. A l’intérieur, les gens ont réuni les quelques biens qu’ils ont  sur les sols de pierre : quelques vêtements, un matelas peut-être et quelques couvertures, des marmites et des casseroles.

Les résidents d’Allaipiddy ont dû quitter leur village à deux reprises cette année : une fois en mai, après le meurtre de 13 civils et de nouveau au mois d’août quand des conflits se sont déclenchés dans la région. « Un obus a atterri sur notre village et j’ai été blessée à la jambe, raconte Jeyapiria Jeyaratnam, 10 ans, j’ai vu beaucoup de combats. J’entends des bruits la nuit et j’ai très peur. J’ai l’impression qu’un obus va tomber ici et ça me fait peur quand j’entends parler des combats à la radio. »

La mère de Jeyapira, Mary Angaleena, raconte que la famille a décidé de dormir dans l’église quand les bombardements ont commencé : « à 4h30 du matin, un obus est tombé sur l’église. J’ai été blessée à l’estomac, au bras et au corps. Nous avons tout perdu, même nos vêtements. »

Jeyapira dit en souriant qu’elle passe maintenant son temps à jouer et parfois à se battre avec les autres enfants. Elle aide aussi en allant chercher l’eau quand sa mère fait la cuisine. Elle explique qu’elle est déçue de ne pas avoir pu passer ses examens à cause des conflits.

L’UNICEF collabore avec le gouvernement et d’autres partenaires pour soutenir ces familles qui vivent dans cette église et d’autres centres de cette région par la création pour les enfants d’espaces de jeux et de cours hors du cadre scolaire. Le prêtre de la paroisse locale s’inquiète que des maladies se répandent sur le site et explique qu’il essaie de trouver un autre lieu d’accueil pour ces gens. En attendant, l’UNICEF et ses partenaires ont fourni des réservoirs d’eau, des toilettes, des sanitaires et des puits pour ces centres d’hébergement temporaires de la région de Jaffna.

Au nord-ouest de la ville de Jaffna, près de 7 000 personnes sont déplacées : deux tiers d’entre elles vivent dans des familles d’accueil. Elles ont fui les combats de la ligne de front qui se trouve à l’est. Dans un petit village, quatre familles, toutes parentes, vivent ensemble dans la maison d’un étage qui appartient à Yogaraja Vijeyabarathy. Ces familles ont 11 enfants entre elles. Les hommes dorment sous la véranda et les femmes se partagent les pièces de l’intérieur.

« Les quatre familles cuisinent séparément, explique Yogaraja, la nourriture est le problème primordial, il n’y a pas assez de farine et de riz, mais tout le monde reste ici jusqu’à ce que le problème soit résolu. »

La situation de sécurité étant ce qu’elle est, les familles ne quittent pratiquement jamais la maison. Elles disent avoir peur de retourner dans leur village et s’inquiéter que leurs enfants manquent l’école.

Tout près, dans un centre d’hébergement temporaire, 36 autres familles s’abritent dans une école. Elles ont reçu trois lots de rations, mais les provisions sont en baisse. Les mères du centre expliquent qu’elles préparent du porridge à base de riz pour le petit-déjeuner. Elles racontent arriver parfois à acheter des légumes au marché, mais que le soir, elles sautent des repas pour nourrir leurs enfants.

 

© UNICEF Sri Lanka/2006/Mead

Quatre familles, dont 11 enfants, qui ont fui la récente recrudescence des combats sur la péninsule de Jaffna au Sri Lanka, vivent ensemble dans une maison d’un étage.