Rapport sur l'action humanitaire 2007 – Page d’acceuil

TIMOR-LESTE

Des compétences pour la vie au Timor-Leste

Quand Jacinta dos Santos Guterres est venue rechercher un refuge au Séminaire de São José Minor au mois de juin, elle a vu à quel point les enfants étaient frustrés ; ils avaient fui leur foyer pendant la récente période de violence du Timor-Leste pour venir dans ce camp qui hébergeait 1 500 personnes.

 « Avec rien à faire ou nulle part où aller, ces jeunes gens trainaient simplement toute la journée », raconte Mme dos Santos Guterres, qui avait auparavant servi de coordinatrice pour un projet soutenu par l’UNICEF pour les enfants et les jeunes gens du quartier de Comoro à Dili, la capitale.

Elle savait qu’avec autant de temps libre, il ne faudrait pas longtemps avant que certains de ces jeunes du camp ne se mettent à faire des bêtises. Elle a pensé que le mieux serait de leur apprendre des compétences utiles qui les occuperaient et aussi les aideraient à prendre des décisions mieux informées avant de s’impliquer dans une activité quelconque.

On avait déjà rapporté que des jeunes vivant dans des camps se battaient avec ceux qui subsistaient dans les quartiers environnants. 

Alors après avoir obtenu l’assentiment des responsables du camp et le soutien de l’UNICEF, Mme dos Santos Guterres et l’UNICEF ont adapté les modules d’apprentissage fondés sur les compétences de vie (conçus pour répondre aux besoins de jeunes gens dans des situations d’urgence) en un stage de formation de cinq jours.

Cette formation comprend la façon d’améliorer ses connaissances de soi-même, comment gérer les tensions émotionnelles et communiquer avec efficacité. Des questions de la nature du VIH/SIDA, des drogues et de l’alcool sont également abordées.

Les jeunes filles sont particulièrement vulnérables face aux maltraitances

Quand l’UNICEF s’est rendu au Séminaire de São José Minor, un groupe de 30 jeunes gens était réuni sur la terrasse d’un toit pour un stage d’apprentissage fondé sur les compétences de vie.  Sous le soleil tapant du matin, ils gesticulaient sans cesse sur leurs chaises. Mais malgré les ressources limitées et les conditions difficiles, ils étaient tous complètement attentifs.

Jaquelina Fonseca, 16 ans, se trouvait parmi eux. « Quand j’écoutais les bavardages dans le camp, ça me donnait mal à la tête, raconte-t-elle.  Ça me mettait sur les nerfs. Alors, je suis vraiment contente de faire cette formation. Je peux me faire de nouveaux amis et apprendre de nouvelles choses ».

Dans les camps, les jeunes filles sont particulièrement vulnérables et sont sans cesse confrontées à des menaces de violence physique et sexuelle. Quand elles participent à ces stages de formation, elles peuvent plus facilement faire face aux tensions et se tenir à l’écart de la violence. Jusqu’au mois d’août, 10 cas de violence domestique, d’agression sexuelle et de maltraitance d’enfant (dont deux cas de viol) ont été signalés à Redo Feto, un réseau de femmes timoraises qui surveille la violence de nature sexiste dans les camps.

« Je voulais participer à cette formation parce je ne me connais pas assez bien », explique Albino Fatima, un jeune homme du groupe de 25 ans. Il est comme des milliers d’autres de cette nation nouvellement indépendante : au chômage et frustré. Au lieu de se joindre aux manifestants qui défilent dans les rues, Albino a quand même trouvé l’espoir dans cette formation des compétences de la vie.

Messages de prévention du VIH/SIDA

« Parfois la nuit, on peut voir de jeunes hommes et femmes assis ensembles dans des endroits sombres, raconte Mme dos Santos Guterres. Personne n’ose les gronder. Nous faisons semblant de ne pas les voir et nous éloignons rapidement ».

Dans une société où ceux qui ne « veulent pas voir le mal » sont nombreux, il est essentiel de faire passer le message parmi les jeunes sur la façon de se protéger de maladies comme le VIH/SIDA. Milena Rangel, une responsable assistante de projet de l’UNICEF pour la prévention du VIH/SIDA déclare : « Dire « non » n’est pas traditionnel dans notre culture et c’est ce qu’ils vont apprendre dans ce stage. Nous allons aussi débattre de ce qui constitue une agression et un comportement inapproprié pour que les jeunes femmes puissent comprendre les risques qu’elles encourent et qu’elles aient plus d’assurance.

Les leçons retenues ne devraient pas seulement aider ces jeunes gens à survivre cette situation d’urgence mais aussi à reconstruire leur vie quand la paix reviendra enfin. L’UNICEF a formé des intervenants adultes à Baucau, Los Palos et Dili pour assurer un plus grand nombre de ces stages. Elle s’est aussi associée à Fundasaun Hari Timor (« Construire les fondations du Timor »), une ONG timoraise pour atteindre d’ici la fin de l’année 400 jeunes gens vivant dans des camps de Dili destinés aux personnes déplacées au sein du pays.

© UNICEF Timor-Leste/2006

Un groupe de 30 jeunes gens assistent pendant cinq jours à un stage de formation de compétences de vie au Séminaire de São José Minor.