L'UNICEF dans les situations d'urgence

L’UNICEF lance son appel annuel pour répondre aux besoins des enfants et des femmes affectés par des situations d’urgence dans le monde

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© UNICEF/HQ07-0159/Pirozzi
Le rapport sur l’Action humanitaire de l’UNICEF lance un appel de fonds pour répondre aux besoins des femmes et des enfants affectés par des crises survenues un peu partout dans le monde – y compris ces personnes qui vivent dans la pauvreté ou des situations conflit chronique, comme cet enfant au Tchad.

Par Elizabeth Kiem

NEW YORK, Etats-Unis, 12 février 2008 – En demandant aux donateurs d’aider à résoudre 39 crises spécifiques dans le monde, l’UNICEF a présenté son rapport annuel sur son Action humanitaire, dans lequel il esquisse les grandes lignes des besoins financiers de l’organisation pour ses activités en situation d’urgence en 2008.

Le rapport présente en détail les besoins financiers au-delà des budgets ordinaires des programmes de pays. L’appel, de plus de 850 millions de dollars É.-U., prévoit d’allouer les plus grosses sommes au Pakistan, à la République démocratique du Congo, au Soudan et à l’Ouganda.

« De la Somalie à la République démocratique du Congo en passant par l’Iraq, le Zimbabwe et le Soudan, des enfants et des femmes continuent de souffrir des conflits, des déplacements forcés et de conditions de vie de plus en plus difficiles », note la Directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman dans l’avant-propos du rapport.

Le Soudan continue d’avoir le plus de besoins

Comme pour ces dernières années, c’est le Soudan qui reçoit la plus grande part de l’aide d’urgence demandée en 2008, avec plus d’un cinquième du total, soit 150 millions de dollars. La crise actuelle au Darfour, une région du Soudan, se traduit maintenant par quelque 2,1 millions de personnes déplacées. Dans le Sud-Soudan, la situation est également précaire – les taux de morbidité maternelle et infantile y sont parmi les plus élevés du monde.

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Dans la République populaire démocratique de Corée, les crues récentes ont aggravé la vulnérabilité des enfants, en dépit des progrès accomplis au cours de la dernière décennie.

La nécessité de protéger et soutenir les enfants pris dans les conflits en République démocratique du Congo, République centrafricaine et au Tchad s’avère tout aussi coûteuse. Dans ces lieux de conflit récurrents, l’UNICEF s’efforce de prépositionner des fournitures et du personnel afin d’intervenir avec le maximum d’efficacité.

« Dans les pays où les situations d’urgence sont chroniques … survenant de manière prévisible une année après l’autre, on sait que les besoins humanitaires existent », a dit Steve Adkisson, qui fut le Représentant de l’UNICEF au Tchad de 2004 à 2007. « Mais si le financement n’est pas assuré de manière régulière et consistante, les secours doivent être acheminés par air plutôt que par la route ». Et, a ajouté M. Adkisson, « une plus grosse part du financement est donc consacrée à l’acheminement des marchandises ».

En dehors de l’Afrique, les pays qui font face aux besoins les plus grands sont ceux qui se relèvent de catastrophes naturelles. Deux ans après un tremblement de terre catastrophique, par exemple, le Pakistan continue de compter sur l’aide internationale pour reconstruire ses écoles et hôpitaux. Et en République populaire démocratique de Corée, il faut augmenter les financements pour répondre aux besoins des enfants, rendus encore plus vulnérables par les crues massives de l’an dernier.

Les leçons du tsunami

Le financement apporté par les donateurs aux programmes de secours d’urgence de l’UNICEF fléchit depuis 2005, lorsque la réponse de la communauté internationale au tsunami catastrophique de décembre 2004 avait fait passer le total des contributions d’urgences au-dessus de la barre du milliard de dollars pour la première fois.

Depuis cette tragédie, l’UNICEF a mis sur pied des programmes couronnés de succès qui ont permis d’atteindre 6 millions de femmes et d’enfants dans huit pays affectés par le tsunami.

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En Somalie, plus de 1,5 million de personnes ont un besoin urgent d’aide humanitaire à cause de la recrudescence du conflit. Moins de 30 pour cent de la population du pays a accès à des services de santé ou à de l’eau salubre.

Le rapport Action humanitaire de l’UNICEF de cette année met en lumière les leçons tirées de l’intervention suite au tsunami, dans le cadre des réformes de l’aide humanitaire. Ces « bonnes pratiques » comprennent entre autres :

  • Une coordination et des partenariats efficaces, sous la houlette de l’UNICEF, sont nécessaires pour atteindre tous les enfants affectés par une urgence. 
  • Il convient d’impartir aux enfants et aux communautés les connaissances et compétences nécessaires pour qu’ils puissent reconnaître les signes de danger, s’y préparer et mieux gérer les effets des catastrophes. 
  • Pour intervenir de manière efficace face à une situation d’urgence, il faudra disposer de la personne voulue au moment voulu à l’endroit voulu. 
  • L’offre des fournitures nécessaires – à l’endroit voulu, au moment voulu – est un excellent moyen de répondre aux besoins d’urgence.
  • Il est capital de pouvoir disposer d’informations fiables pour planifier, suivre, coordonner et viser les personnes les plus vulnérables et répondre de ses activités face aux parties prenantes. 
  • Il faut disposer d’un financement adéquat et de procédures financières et administratives souples pour intervenir rapidement face aux urgences subites.

Aider le système à acheminer l’aide

Institution de l’ONU dotée du mandat de protection des enfants à l’échelle mondiale, l’UNICEF est l’un des acteurs les plus importants dans le domaine de l’aide humanitaire.

Au-delà de l’acheminement des secours, l’organisation prend la tête des efforts déployés pour organiser les services d’eau et d’assainissement dans les situations d’urgence, et il co-dirige les programmes éducatifs dans les environnements de crise et après.

« Si nous n’obtenons pas l’aide dont nous avons besoin, nous serons moins à même de nous charger de ce travail de coordination et d’aider le système entier à acheminer l’aide, a dit la Directrice générale adjointe de l’UNICEF Hilde Johnson. «  Il n’y a pas que l’UNICEF qui est concerné. Il y va de notre capacité à aider tout le monde à mieux travailler ».


 

 

Vidéo

Janvier 2008 :
Amine Rahal, correspondant de l’UNICEF, présente le rapport sur l’Action humanitaire de l’UNICEF 2008.

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