MOYEN-ORIENT ET AFRIQUE DU NORD Yémen
© UNICEF/NYHQ2010-2846/Stirton
Abbas, 8 ans, blessé dans l'explosion d'une mine qui a tué d'autres membres de sa famille, dans un camp pour déplacés du gouvernorat de Hajjah. Des taux élevés de sous-nutrition et de pauvreté caractérisent ce pays en proie à des troubles violents.
Enfants et femmes dans la crise
Les troubles civils qui ont éclaté en février 2011 ont aggravé les tensions politiques et tribales existantes, intensifiant le niveau de violence dans les grandes villes du Yémen. Cela n'a fait que renforcer la fragilité d'un pays déjà instable et appauvri où les taux de malnutrition sont très élevés chez les enfants et de plus en plus chez les femmes enceintes. Le nombre total de personnes déplacées dans les gouvernorats du nord, du sud et du centre s'élève à 420 000, dont 80 000 enfants de moins de 5 ans et 80 000 femmes enceintes ou allaitantes rien que dans les sites en situation d'urgence1. Le manque d'eau potable a entraîné une hausse des flambées de maladies liées à l'eau comme le choléra et la diarrhée aqueuse aiguë.
Le conflit a perturbé l'enseignement et plus de 280 000 enfants ne peuvent pas retourner en classe, car les écoles sont inaccessibles, occupées par des armées ou hébergent des personnes déplacées internes2. Le recrutement des enfants par des milices pro- et anti-gouvernement dans le nord et par des forces gouvernementales3 et d'autres groupes armés dans le pays est de plus en plus préoccupant. Le conflit a également un impact sur le bien-être psychologique des enfants et a entraîné une augmentation du travail des enfants, du trafic d'enfants et du risque de mariage forcé à un âge précoce pour les filles comme mécanisme d'adaptation économique4.
La sécurité, l'instabilité politique et le conflit constituent des obstacles importants à la mise en oeuvre des programmes, surmontés par une programmation à distance, le renforcement des capacités locales et l'élargissement des partenariats avec les ONG.
Répondre aux besoins urgents en 2012
L'UNICEF dirigera et coordonnera les groupes sectoriels pour l'éducation, pour la nutrition, pour l'eau, l'assainissement et l'hygiène (WASH) ainsi que le sous-groupe sectoriel pour la protection de l'enfance et participera activement au groupe sectoriel pour la santé afin d'obtenir les résultats suivants :
- L'UNICEF contribuera au niveau de la communauté et des établissements au dépistage, à la prise en charge et au traitement de quelque 105 000 cas de malnutrition aiguë sévère et fournira des suppléments en micronutriments à 1,1 million de femmes enceintes ou allaitantes et enfants de moins de 5 ans. Des aliments thérapeutiques prêts à l'emploi, des médicaments et des micronutriments, en plus du matériel anthropométrique, seront mis à disposition dans tous les gouvernorats, avec pour objectif deux établissements de santé par district.
- Des campagnes de vaccination préventives et des services de proximité complets seront mis en place pour 1,3 million d'enfants de moins de cinq ans et 325 000 femmes enceintes ou allaitantes.
- L'UNICEF fournira, par un enseignement de type scolaire et non scolaire, un environnement propice à l'apprentissage pour 700 000 enfants parmi le million d'enfants risquant d'interrompre leur scolarité.
- Plus de 240 000 personnes vulnérables et touchées par le conflit, la moitié étant des femmes et des enfants, au nord, au centre et au sud du Yémen bénéficieront des services de WASH, notamment un approvisionnement en eau par camion, le traitement/stockage de l'eau des ménages, la réparation des systèmes d'approvisionnement en eau et la promotion de l'assainissement par une évacuation des excréments et une gestion des déchets solides hygiéniques, tout en informant sur l'hygiène et en fournissant des produits d'hygiène.
- Environ 400 000 enfants vulnérables et touchés par le conflit bénéficieront d'une protection contre la violence, les mauvais traitements, l'exploitation et la négligence. L'UNICEF continuera également à rendre compte des graves violations des droits des enfants par le biais du mécanisme de surveillance et de communication de l'information.
Le financement humanitaire en action : faits marquants de 2011
Fin octobre 2011, l'UNICEF avait reçu 23 352 808 dollars É.-U. Le financement intégral a permis à l'UNICEF d'obtenir les résultats suivants. L'UNICEF a fourni de la nourriture à 37 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère; la gestion communautaire du programme contre la malnutrition modérée a concerné 36 000 personnes. Une campagne de vaccination a atteint 180 000 enfants de moins de 5 ans ; quelque 54 000 enfants ont reçu le vaccin contre la rougeole. Plus de 102 000 enfants ont reçu une supplémentation en vitamine A. Sur les 13 000 enfants prévus dans le programme, 86 pour cent ont reçu le vaccin antipoliomyélitique oral et 67 pour cent le vaccin contre la rougeole. L'UNICEF a mis en place une enquête bihebdomadaire auprès des ménages pour surveiller les principaux domaines liés à la santé et au bien-être des enfants, constituant l'unique source de données actuelles sur les ménages au Yémen. L'UNICEF a fourni une assistance en matière de WASH (eau, assainissement et hygiène) à 80 000 personnes (dont la moitié sont des enfants), y compris des personnes déplacées internes, des migrants et des membres de communautés d'accueil vulnérables. Sur les 14 000 enfants vulnérables identifiés, 79 pour cent ont été orientés vers des centres de protection et autres. Le bien-être psychosocial de quelque 102 000 enfants a été favorisé par des services en milieux scolaire et communautaire. La sensibilisation sur les graves violations des droits des enfants s'est poursuivie et a abouti pour la première fois à la mention de deux parties au Yémen en 2011 dans le Rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et le conflit armé. Des craintes concernant ces violations ont également été formulées au Conseil des Droits de l'homme en septembre 2011. |
Besoins de financement pour 2012
Conformément à la procédure d'appel global (CAP), l'UNICEF sollicite 49 807 000 dollars É-U pour fournir des biens essentiels et mettre en ouvre les interventions proposées dans les gouvernorats du Yémen. Un financement insuffisant compromettra gravement la protection des enfants contre la violence, l'exploitation, les mauvais traitements, la négligence et le recrutement par des groupes armés. En outre, quelque 53 000 enfants seront en grave danger de malnutrition et le manque d'eau et d'assainissement augmentera le nombre de décès et de maladies.
Pour toute information supplémentaire sur l'action humanitaire prévue en 2012, veuillez consulter le site www.unicef.org/french/hac2012.
1 Office of the United Nations High Commissioner for Refugees - IDP Executive Unit, 26 septembre 2011, et estimations de la population de l'UNICEF.
2 United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, « Yemen Humanitarian Emergency Situation Report No. 9 », OCHA, New York et Genève, 14 octobre 2011, p. 2.
3 Le rapport du Conseil des droits de l'homme (A/HRC/18/21) publié le 13 septembre 2011 et présenté au Conseil (en anglais seulement) attire l'attention sur le recrutement d'enfants par les forces armées (y compris les forces de sécurité) ; tout comme le Rapport du Secrétaire général sur les enfants et le conflit armé (A/65/820- S/2011/250), Nations Unies, New York, 25 avril 2011.
4 Internal Displacement Monitoring Centre, « Yemen: New displacement due to unrest displacement due to Sa'ada conflict continues », IDMC, Genève, 3 octobre, 2011, p. 6.


Action humanitaire pour les enfants 2012 UNICEF