clear1Action humanitaire pour les enfants 2012 UNICEF
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MOYEN-ORIENT ET AFRIQUE DU NORD

© UNICEF/NYHQ2011-1422/Diffidenti

Une fillette observe une manifestation pacifique à Tripoli. La région, longtemps marquée par l'inégalité sociale et les crises, connaît un « Printemps arabe » sans précédent qui aura de nombreux effets à court et long terme sur les enfants.

Mise à jour de septembre 2012 : Action humanitaire de l'UNICEF pour les enfants
[PDF en anglais]

Enfants et femmes dans la crise

La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord est depuis longtemps marquée par une instabilité politique, des crises mettant en cause les droits de l'homme et des urgences humanitaires prolongées. Au cours de l'année 2011, la région a connu une série de transformations historiques, baptisées « Printemps arabe » et déclenchées par une multitude de causes profondes, parmi lesquelles les inégalités sociales et le sentiment d'une gouvernance inadaptée. Ces situations étaient aggravées par la corruption et une faible représentation politique, ainsi que par des niveaux record de chômage, l'explosion des prix des denrées alimentaires et du carburant, des pénuries d'eau importantes et un contexte politique et sécuritaire très instable.

La première étincelle a eu lieu en Tunisie entre décembre 2010 et janvier 2011, avec le début d'une vague de changement sociopolitique sans précédent qui a déferlé sur l'Égypte, la Libye, la République arabe syrienne et le Yémen. L'Égypte et la Tunisie ont dû faire face à des crises liées aux réfugiés le long de leurs frontières suite au déplacement de 930 000 personnes en Libye1. Dans l'ensemble de la région, les enfants ont été exposés directement ou indirectement à des scènes de violence.

Au Yémen, une contestation populaire, une impasse politique et une escalade de la violence de même ampleur ont contribué à détériorer encore davantage la situation humanitaire au sein du pays. La désintégration des services de base, la sécheresse ayant frappé la région, les niveaux alarmants de malnutrition et l'absence d'autorité gouvernementale pour résoudre ces problèmes sont autant de facteurs aggravants pour une population déjà affaiblie. Il existe un vrai risque que le Yémen ne plonge dans une crise humanitaire sous-régionale, si la crise politique actuelle ne trouve pas d'issue.

Bien que le pays n'ait pas été directement touché par le Printemps arabe, la situation des enfants du Soudan reste un sujet d'inquiétude extrême. En juillet 2011, le Sud-Soudan a fait sécession avec le Soudan de façon relativement paisible. Cependant, fin 2011, les crises prolongées au Soudan compromettaient toujours gravement le droit des enfants à vivre et à bénéficier de services de base, tout en entravant considérablement l'accès humanitaire et de l'UNICEF aux enfants dans le besoin dans la région d'Abyei, au Nil bleu, au Darfour et au Kordofan du Sud. On a notamment observé, dans les « États frontaliers » d'Abyei, du Nil bleu et du Kordofan du Sud, des déplacements forcés de civils et des interruptions de l'aide humanitaire. Pendant ce temps, la malnutrition sévère s'est beaucoup aggravée au Soudan : les niveaux de malnutrition aiguë (16,4 pour cent), sont supérieurs au seuil d'urgence de 15 pour cent reconnu au niveau international et incluent 5,3 pour cent d'enfants souffrant de malnutrition sévère aiguë2.

Dans l'ensemble de la région, de très nombreuses personnes déplacées à l'intérieur de leur pays (dont le nombre est estimé à plusieurs millions) restent très vulnérables et ont besoin d'une assistance humanitaire urgente, en raison de conflits prolongés, associés aux risques naturels, au changement climatique, à une urbanisation galopante et à un épuisement rapide des nappes phréatiques. La sécheresse et la famine continuent de mettre des vies en péril dans toute la corne de l'Afrique et ont pour conséquences des niveaux élevés de malnutrition et une grande insécurité alimentaire à Djibouti.

L'impact de la crise financière mondiale actuelle, combinée à des situations d'urgence prolongées à Djibouti, en Territoire palestinien occupé, au Soudan et au Yémen, et à des situations extrêmement fragiles au Liban, en Libye et en République arabe syrienne, nécessitent un financement humanitaire durable et conséquent pour répondre aux besoins essentiels des femmes et des enfants en 2012.

Répondre aux besoins urgents en 2012

L'UNICEF prévoit de renforcer le niveau de préparation aux catastrophes et de réduction des risques qui leur sont associés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, en apportant une aide aux bureaux de pays, grâce à une assistance technique et à la mobilisation des ressources. Le bureau régional continuera de fournir des capacités d'intervention d'urgence et à exercer un rôle de direction et de surveillance  afin de soutenir les efforts de l'UNICEF dans les pays en crise, conformément aux dispositifs du groupe de coordination inter-institutions et afin de répondre aux engagements de l'UNICEF en tant que chef de file du groupe sectoriel dans les domaines de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène (WASH), de la nutrition, de l'éducation et de la protection de l'enfance.

Le financement humanitaire en action : faits marquants de 2011

Fin octobre 2011, l'UNICEF avait reçu 700 394 dollars É.-U. (28 pour cent) sur les 2 540 000 dollars É.-U. sollicités pour mener à bien son action humanitaire dans la région. Quelque 10 351 965 dollars É.-U. supplémentaires ont été reçus en réponse à l'appel éclair lancé en faveur de la Libye à hauteur de 20 540 000 dollars É.-U.
Le bureau régional a déployé du personnel d'urgence et d'assistance technique à Djibouti, en Égypte, en Libye, au Soudan et en Tunisie. La crise prolongée en Libye a mobilisé la majeure partie de l'attention et nécessité une supervision et une gestion des finances, une capacité d'intervention d'urgence et un appui programmatique.
Le bureau régional a également orienté l'action des bureaux de pays et fourni un appui technique  par le biais de la planification de mesures d'urgence, d'exercices de simulation et réflexion stratégique avant et pendant la sécession du Soudan du Sud.
Au Yémen, un soutien aux missions de terrain et un appui stratégique ont été apportés dès le début de la crise de Saada et tout au long de cette impasse politique prolongée.
La mise en place d'une capacité d'approvisionnement et d'achat au niveau sous-régional a connu des progrès significatifs, grâce à la signature d'accords à long terme avec des fournisseurs en Jordanie, au Liban et en République arabe syrienne, dans le but de faciliter les interventions d'urgence rapides dans la région.
En réaction à la crise alimentaire de la Corne de l'Afrique, des conseillers pour les situations d'urgence ont travaillé avec le bureau régional de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe et l'équipe de l'UNICEF Djibouti pour renforcer la communication ainsi que les interventions sanitaires et alimentaires.

Besoins de financement pour 2012

L'UNICEF demande 1 600 000 de dollars É.-U. afin de poursuivre son action d'anticipation des risques pour les femmes et les enfants de la région. Il est important de souligner que l'UNICEF, ainsi que l'ensemble du système des Nations Unies, doit faire face à des défis de taille au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, en raison de la multitude de crises humanitaires prolongées ou nouvelles dans un contexte de diminution des ressources financières. L'obtention de l'intégralité du financement est donc indispensable.

Pour toute information supplémentaire sur l'action humanitaire prévue en 2012, veuillez consulter le site www.unicef.org/french/hac2012.

1 « Actualisation des opérations du HCR au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) - 2011 », Comité exécutif du Programme du Haut-Commissariat : soixante-deuxième session, UNCHR, Genève, 3-7 octobre 2011, p. 1.
2 « Sudan Household Survey 2010 », analysée selon les normes de croissance de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).