clear1Action humanitaire pour les enfants 2012 UNICEF
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INTRODUCTION

© UNICEF/NYHQ2011-1379/Page

Des femmes vont chercher de l'eau lors de la seconde année de fortes inondations au Pakistan. Les catastrophes climatiques, conjuguées aux chocs politiques et économiques, exposent les enfants, déjà vulnérables, à des crises à répétition.

Le rapport 2012 Action humanitaire de l'UNICEF pour les enfants décrit la situation que vivent quotidiennement certains des enfants et des femmes les plus vulnérables du monde dans plus de 25 pays et territoires où sévissent des crises ou des situations d'urgence. Les chapitres qui suivent comprennent des résumés des principaux défis humanitaires et des résultats des interventions de l'organisation en 2011, ainsi que les plans et les demandes de financement associées concernant l'année à venir. Le présent document expose également le soutien vital apporté aux opérations menées dans les différents pays par les sept bureaux régionaux de l'UNICEF; y figurent également les contributions exceptionnelles obtenues grâce aux efforts que l'UNICEF déploie à l'échelle mondiale pour coordonner l'aide d'urgence et les besoins de financement qu'ils entraînent

L'action humanitaire de l'UNICEF en 2011

La capacité de l'UNICEF de répondre aux besoins urgents des enfants et de leurs familles a été mise à l'épreuve dès les premiers jours de 2011, quand la violence liée aux élections de novembre 2010 en Côte d'Ivoire a provoqué le déplacement de près d'un million de personnes. Les dégâts subis par les infrastructures du pays et la dégradation des établissements scolaires ont rendu encore plus d'enfants vulnérables à la faillite des dispositifs de protection2.

La séparation, planifiée depuis longtemps, du Soudan du Sud de la République du Soudan a obligé le nouveau pays à faire face à un conflit le long de la frontière commune, au déplacement de 300 000 personnes et au retour de près de 350 000 Soudanais originaires du Sud3.

À la mi-2011, une famine exceptionnelle ravageait la Corne de l'Afrique, touchant plus de 13 millions de personnes et tuant des dizaines de milliers d'enfants en Somalie4. En octobre 2011, 750 000 autres enfants étaient menacés d'une mort imminente5.

Au Pakistan, les provinces de Sindh et du Baloutchistan ont subi de graves inondations en août 2011 ; elles ont affecté plus de 5 millions de personnes6, forçant une grande partie d'entre elles à fuir leurs maisons et provoquant une profonde crise de sécurité alimentaire dans les zones inondées7.

La vague de tumulte et de changement politiques qui a déferlé sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord en 2011 a provoqué des violences généralisées à travers la Libye et le Yémen et fait naître des besoins humanitaires urgents. Dans la première moitié de 2011, plus de 900 000 personnes ont fui la Libye, principalement pour l'Égypte et la Tunisie8.

Partout dans le monde, des millions d'enfants vivent dans des situations de crise qui persistent pendant des années. Si certaines de ces situations d'urgence suscitent un intérêt médiatique et politique, d'autres ne parviennent jamais à retenir l'attention au niveau international et un grand nombre deviennent ces « urgences silencieuses » dont les énormes besoins humanitaires, loin des yeux du public, sont trop facilement et trop rapidement négligés9. Des crises multiples et prolongées ont un effet cumulatif sur des populations déjà vulnérables, et au fil du temps, ces chocs répétés et continus minent les capacités de résistance des enfants. Un grand nombre des pays mentionnés dans le présent rapport font état de facteurs de risque multiples - y compris chocs économiques, insécurité alimentaire, catastrophes naturelles comme la sécheresse et les inondations - qui sont aggravés par des problèmes de sécurité et de protection nés de conflits, de troubles intérieurs, d'une violence sexuelle largement répandue ou encore de munitions non explosées. Privées d'un filet de protection sociale solide, ou sans le temps et les moyens de se relever et de reconstruire, de nombreuses communautés ainsi que les enfants et les familles qui en font partie souffrent de crises à répétition qui aggravent leur pauvreté, attisent les tensions sociales et compromettent leur bien-être10. Dans de nombreuses situations de crise de longue durée, la crise devient la norme - mais s'habituer à de telles conditions ne les rend pas moins difficiles pour les enfants et leurs familles. L'UNICEF s'engage par son action humanitaire à obtenir la réalisation maximale des droits de tous les enfants dans toutes les situations d'urgence.

En 2011, les interventions humanitaires de l'UNICEF ont concerné la vaccination, la distribution de produits vermifuges et de suppléments de vitamine A à plus de 36 millions d'enfants. Au moins 1,2 million d'enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été traités, et plus de 19 millions de femmes et d'enfants ont reçu un soutien nutritionnel ciblé. Plus de 16 millions de personnes ont obtenu un accès à des installations d'assainissement et d'hygiène adéquates et à un approvisionnement en eau potable. Des abris et des articles non alimentaires ont été distribués à près de 2,3 millions de ménages. Environ 4 millions d'enfants ont bénéficié d'une éducation d'urgence et plus de 920 000 de services de protection de l'enfance11. Travaillant avec de multiples partenaires, chef de file ou co-chef de file de divers secteurs dans la plupart des pays mentionnés dans l'appel de 2011, l'UNICEF a continué à coordonner des opérations humanitaires de grande ampleur dans les domaines de l'eau, l'assainissement et l'hygiène; la nutrition; l'éducation; la protection de l'enfance et la violence sexiste.

L'ampleur et la gravité des besoins nutritionnels et des besoins découlant de la sécheresse qui sévit dans la Corne de l'Afrique ont obligé l'UNICEF à activer son plus haut niveau d'intervention d'urgence et à mobiliser rapidement l'ensemble de l'organisation pour canaliser vers Djibouti, le Kenya et la Somalie et l'Éthiopie les ressources humaines et financières nécessaires. Sur la seule période de juillet à octobre 2011, 108 000 enfants ont été traités pour malnutrition aiguë sévère12. L'aide est parvenue aux communautés touchées par la sécheresse et aux personnes déplacées des camps et des zones voisines. Au moins 1,2 million d'enfants ont été vaccinés contre la rougeole et 2,2 millions de personnes ont obtenu un accès à une eau salubre. Près de 50 000 enfants ont eu la possibilité de profiter d'espaces amis des enfants ou d'autres environnements sécurisés13.

Au Pakistan, une deuxième année d'inondations exceptionnelles - s'ajoutant aux conflits en cours - a nécessité une intervention continue, complexe et de grande ampleur. Dans les zones touchées par les inondations, les installations sanitaires ont été améliorées au bénéfice de près de 3 millions de personnes et environ 2 millions ont été approvisionnés en eau potable. On a vacciné plus de 6 millions d'enfants contre la polio et des millions d'autres ont été vaccinés contre la rougeole. Environ 520 000 enfants ont été traités pour malnutrition aiguë sévère dans les régions touchées par les inondations et les conflits.

Pour intervenir face à l'insécurité alimentaire et aux niveaux élevés de dénutrition en République démocratique populaire de Corée, l'UNICEF a élargi l'application de son  programme de gestion communautaire de la malnutrition aiguë, de 4 à 29 comtés en situation d'urgence. Environ 3 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été traités. L'UNICEF a aussi procédé aux vaccinations de routine de 350 000 nourrissons et de 339 400 femmes enceintes.

An Yémen, les troubles politiques ont exacerbé des conditions déjà difficiles pour les enfants et les femmes qui s'efforcent de survivre dans une situation de profonde pauvreté et d'instabilité politique. L'UNICEF a apporté son soutien à des programmes communautaires pour le traitement de 36 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée et a fourni des approvisionnements alimentaires à 37 000 autres touchés par la malnutrition aiguë sévère, a aidé à vacciner près de 54 000 enfants contre la rougeole et apporté des suppléments de vitamine A à plus de 100 000 d'entre eux. Des services communautaires et scolaires ont aidé à améliorer le bien-être psychosocial de 102 000 autres enfants.

Les conflits qui se poursuivent dans l'est et le nord-est de la République démocratique du Congo et qui se déroulent dans un contexte où services sociaux et infrastructures sont réduits au minimum ou même inexistants, ont depuis des années des conséquences dramatiques sur des millions de personnes. À la date de juin 2011, plus de 1,5 million de personnes - dont la moitié d'enfants - étaient déplacées, un chiffre légèrement inférieur à celui du début de l'année14. Dans ces zones de conflit, des millions d'enfants ne vont plus à l'école, les attaques accompagnées de violences sexuelles à vaste échelle sont courantes dans certaines provinces15, et des épidémies de rougeole et de choléra menace la vie de plusieurs millions d'enfants16. En 2011, l'UNICEF a fourni des équipements d'approvisionnement en eau, d'assainissement et d'hygiène nécessaires à 630 000 personnes. Plus de 95 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été traités grâce à des approvisionnements fournis par l'UNICEF et 5,6 millions d'enfants ont été vaccinés, ont reçu des produits vermifuges ou des suppléments de vitamine A. Au cours des trois premiers trimestres de l'année, plus de 15 000 victimes de violence sexuelle et sexiste (dont la moitié était des enfants) ont bénéficié de services d'assistance.

Dans le contexte d'une épidémie de choléra continue en Haïti, 325 000 habitants de zones marginalisées ont obtenu un accès à l'eau potable, et 2,2 millions ont bénéficié de campagne sur la santé et l'hygiène conçues pour prévenir la propagation des maladies d'origine hydrique. Longtemps après que les feux de l'actualité se furent détournés d'une des situations d'urgence les plus dramatiques de 2011, les nombreux besoins nés du séisme catastrophique comme du passé de pauvreté du pays sont restés insatisfaits. L'UNICEF et de nombreuses organisations partenaires ont continué à venir en aide aux rescapés du tremblement de terre et ont pris de nouvelles mesures pour accroître la capacité de résilience des Haïtiens les plus vulnérables. En 2011, l'UNICEF a contribué à réunir avec leur famille 2500 enfants qui en avaient été séparés et organisé 160 écoles temporaires pour accueillir près de 86 000 enfants.

Pour compléter l'intervention humanitaire immédiate, des mesures ont également été prises pour renforcer la résilience des partenaires et des communautés afin de les aider à mieux gérer l'incertitude et le risque - en s'inspirant du rapport 2011 Action humanitaire pour les enfants : renforcer la résilience. L'application de la Charte pour les enfants et par les enfants, pour la réduction des risques de catastrophe, promue par l'UNICEF et des organisations non gouvernementales, a progressé dans plus de 20 pays. Dans six régions, des programmes d'éducation ont été utilisés pour promouvoir des mesures de réduction des risques. Dans certains pays- par exemple le Soudan du Sud et le Sri Lanka - les programmes de relèvement comprenaient des initiatives de consolidation de la paix. Dans la Corne de l'Afrique, l'approche programmatique sur la réduction des risques de catastrophe constitue le socle d'une initiative destinée à renforcer sur le long terme une résilience qui permettra d'atténuer les effets des chocs futurs. Une démarche de ce type implique une planification intersectorielle, une évaluation des risques, des partenariats, le développement des capacités. Il faudra également  mettre l'accent sur la mise en place de liens entre la planification au niveau national et au niveau local.

Les nombreux résultats positifs obtenus en 2011 par l'UNICEF dans des contextes de situation d'urgence reflètent les principes stricts qui président à sa gestion des fonds reçus pour l'année - cela malgré le fait que les besoins décrits dans 2011 Action humanitaire pour les enfants n'étaient financés qu'à la hauteur de 48 pour cent au 31 octobre 2011. De nombreuses interventions sont toujours sous-financées et des besoins continuent d'être insatisfaits. Aux Philippines, par exemple, seulement 18 pour cent des fonds sollicités ont été fournis, si bien que seulement 22 000 enfants sur les 75 000 prévus ont pu recevoir de nouvelles fournitures scolaires pour remplacer celles perdues ou endommagées dans les inondations. Au Soudan du Sud, un financement de 36 pour cent des besoins a permis de fournir à 370 000 des 500 000 personnes prévues un approvisionnement en eau salubre; compte tenu des ressources véritablement obtenues, de nombreux systèmes d'adduction d'eau n'ont pas pu être soit installés, soit réparés17. L'UNICEF a besoin d'un financement adéquat pour pouvoir remplir ses engagements envers les enfants.

Les tendances globales du financement en 2011

En 2011, les besoins de financement de l'action humanitaire de l'UNICEF se montaient au total à 1,6 milliard de dollars. Ce chiffre inclut le 1,5 milliard de dollars mentionnés dans les chapitres de 2011 Action humanitaire pour les enfants et concernant les activités aux niveaux mondial, régional et national dans 38 pays, auxquels s'ajoutent six appels éclair et quatre autres appels.18

À la date du 31 octobre 2011, l'UNICEF avait reçu 854,7 millions de dollars pour la totalité de ses activités humanitaires. Ce montant représente une augmentation de 3 pour cent sur le niveau de financement humanitaire de 2010 qui se montait à 830,9 millions de dollars au 31 octobre 2010. Plus de 372 millions de dollars (44 pour cent) du financement humanitaire 2011 ont été déboursés dans le cadre de l'intervention dans la Corne de l'Afrique, les 482,6 millions restants (56 pour cent) étant consacrés aux autres opérations d'urgence de l'UNICEF.


Le rapport 2011 Action humanitaire pour les enfants présentait un budget initial de 1,4 milliard de dollars qui a été révisé à la mi-année pour atteindre 1,5 milliard. Le budget révisé était financé à 48 pour cent à la date du 31 octobre 2010 (744 millions de dollars reçus), à comparer aux 39 pour cent pour la même période de 2010. Le pourcentage plus élevé de fonds obtenus en 2011 peut être largement attribué au financement reçu pour la Corne de l'Afrique.

Comme indiqué par le graphique ci-dessous , seuls le Yémen et le Bureau régional Afrique de l'Ouest et Afrique centrale ont reçu la totalité du financement prévu en 2011. La plupart des pays ont connu un déficit de financement. Les bureaux de pays de l'UNICEF du Congo, d'Iraq, de Madagascar, du Tadjikistan et d'Ouganda ont reçu moins de 10 pour cent de leurs besoins de financement humanitaire.

L'UNICEF salue les contributions de ses donateurs des secteurs public et privé pour soutenir les enfants et les populations vulnérables victimes de crises humanitaires à travers le monde. La plus grande proportion du financement humanitaire a été reçue des gouvernements donateurs (49 pour cent); le financement fourni par les gouvernements par le biais des Fonds d'affectation spéciale multi-donateurs comme le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires, les Fonds humanitaires communs et les Fonds d'intervention pour les urgences humanitaires a représenté 18 pour cent du total des contributions humanitaires. Les partenaires des comités nationaux de l'UNICEF ont apporté 18,6 pour cent de ce financement et les organisations intergouvernementales comme la Commission européenne 13,6 pour cent. Les campagnes locales de financement organisées par les antennes de l'UNICEF ont couvert les 0,7 pour cent restant du total du financement reçu.19

À la fin octobre 2011, la Commission européenne était devenue la source la plus importante de financement humanitaire avec une contribution totale de 115,8 millions de dollars É.-U. Le Gouvernement des États-Unis a été la seconde source de fonds, avec 98,2 millions de dollars. La contribution de 97,4 millions de dollars du Japon le place au troisième rang des sources de financement humanitaire. Fin octobre, les dix plus importants donateurs pour l'aide humanitaire (indiqués par le graphique ci-dessous) représentaient approximativement 74 pour cent des contributions reçues par l'UNICEF pour ses opérations d'urgence.

Les Fonds humanitaires thématiques en 2011

Afin de pouvoir anticiper la mise en ouvre en temps utile des programmes et des activités opérationnelles nécessaires à son action humanitaire, l'UNICEF a besoin de ressources utilisables de manière souple; cependant, seulement 17,8 pour cent des contributions des donateurs destinées à l'action humanitaire reçues fin octobre (soit 152 millions de dollars sur un total de 854,7 millions) avaient été fournies sous forme de financement humanitaire thématique.

Les Fonds humanitaires thématiques permettent à l'UNICEF de répondre de manière plus souple aux crises humanitaires ; ceci est particulièrement crucial dans les cas de situations d'urgence de grande ampleur qui exigent un financement continu sur une période de temps assez longue -comme pour l'intervention dans la Corne de l'Afrique - ainsi que pour les situations d'urgence « silencieuses » qui sont constamment sous-financées. Les fonds thématiques donnent la souplesse nécessaire pour financer les démarches de relèvement rapide intégré, et ils aident aussi l'UNICEF à répondre à ses engagements de réforme de l'action humanitaire, en particulier en lui permettant d'assumer les responsabilités qu'implique son rôle de chef de file dans le dispositif de travail sectoriel.

Le financement des Fonds humanitaires thématiques a été en 2011 inférieur en termes de dollars à celui de 2010, année où ces Fonds thématiques ont atteint un montant de 278,5 millions de dollars; cependant, plus de 90 pour cent des fonds thématiques de 2010 ont été fournis pour financer les interventions suite au séisme d'Haïti et aux inondations au Pakistan, ne laissant que 27,6 millions de dollars pour les autres pays. En 2011, deux tiers (100,5 millions de dollars) des Fonds thématiques ont été reçus au titre des opérations dans la Corne de l'Afrique, les 51,5 millions de dollars restants étant consacrés aux autres situations d'urgence.

Étant donné le niveau relativement élevé des contributions thématiques apportées pour les interventions suite au séisme d'Haïti et aux inondations du Pakistan en 2010 ainsi que pour la crise actuelle dans la Corne de l'Afrique, il est évident que les donateurs reconnaissent les avantages que présentent un financement souple dans les situations d'urgence de très grande ampleur. L'UNICEF désire encourager les donateurs à envisager de contribuer à des Fonds thématiques dans toutes les situations d'urgence afin d'apporter à l'action humanitaire la souplesse indispensable pour son succès.

En 2011, les plus importantes contributions aux fonds thématiques ont été apportées par le Comité allemand pour l'UNICEF suivi du Comité des États-Unis pour l'UNICEF et du Comité français pour l'UNICEF. L'UNICEF souhaite remercier tous les donateurs qui ont alimenté le financement thématique - et particulièrement ses partenaires des comités nationaux qui ont fourni 86 pour cent du total des Fonds thématiques reçus en 2011.

L'UNICEF continue à encourager ses donateurs à fournir un financement humanitaire souple pour tous les pays, particulièrement au niveau global. Après ses ressources ordinaires, les Fonds humanitaires thématiques mondiaux sont la modalité de financement que l'UNICEF préfère. Le montant reçu sous cette forme fin octobre (2,4 millions de dollars) ne représente que 2 pour cent du total des Fonds humanitaires thématiques obtenus en 2011. Les Fonds humanitaires thématiques à l'échelle globale permettent à l'organisation de définir les priorités qu'imposent les besoins des enfants à travers le monde et d'élaborer une stratégie pour y répondre. Par l'utilisation de ces fonds, l'UNICEF peut investir efficacement dans de nouvelles initiatives; remplir ses engagements sur la réforme de l'action humanitaire, particulièrement en ce qui concerne ses responsabilités de chef de file sectoriel; accorder la priorité aux crises sous-financées ; renforcer ses capacités. Ces mesures permettent à l'UNICEF de recentrer sa programmation, passant d'une programmation orientée sur les intrants et les activités à une programmation orientée sur les réalisations et aux résultats durables pour les enfants.

L'action humanitaire de l'UNICEF prévue pour 2012 et ses besoins de financement

En 2012, L'UNICEF prévoit d'aider environ 97 millions de personnes dans les divers pays et territoires présentés dans 2012 Action humanitaire de l'UNICEF pour les enfants20. Pour pouvoir mener l'action prévue, l'organisation aura besoin de 1,28 milliard de dollars. Comparé avec l'appel de 2011, lancé en février 2011, la somme sollicitée est en baisse de 9 pour cent, et le nombre d'appels lancés pour certains pays spécifiques a diminué, passant de 32 à 2521. Le financement intégral de ce montant est nécessaire en 2012 pour répondre aux besoins des enfants et des femmes vulnérables et pour concrétiser leur droit à la santé, à la survie et au développement.

Sur la base des plans de programme actuels pour tous les pays inclus dans cet appel, 30 pour cent des demandes de 2012 concernent le soutien nutritionnel. Chacun des pays concernés a besoin à un degré ou à un autre de soutien nutritionnel d'urgence pour les enfants (voir Figure 1.5). Environ 20 pour cent du montant nécessaire est destiné à des interventions d'urgence dans le domaine de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène, 13 pour cent aux interventions d'urgence sur la santé et 14 pour cent à l'éducation22. La protection de l'enfance représente 8 pour cent du budget 2012; 6 pour cent sera consacré à des abris, des articles non alimentaires et à des programmes de transferts monétaires en espèces et 6 pour cent est destiné à la préparation aux situations d'urgence et à la réduction des risques de catastrophe. Le coût de la coordination sectorielle se monte à 3 pour cent du budget global et 1 pour cent est consacré à la prévention et au traitement du VIH/SIDA.23

Bien que la répartition du financement requis entre les divers secteurs ait été assez constante au cours des cinq dernières années, les fonds destinés en 2012 à la nutrition ont été augmentés de 47 pour cent, et représentent aujourd'hui 30 pour cent du total de ces besoins par comparaison à 19 pour cent en 2011. Ceci peut être largement attribué à la réponse apportée par l'UNICEF aux taux élevés de malnutrition sévère dans des pays touchés par des sécheresses prolongées et consécutives dans la Corne de l'Afrique, la ceinture sahélienne et l'Asie du Sud.

L'organisation prolongera son effort de grande ampleur actuel dans la Corne de l'Afrique où la sous-nutrition continue à menacer des centaines de milliers d'enfants. Près d'un quart des fonds requis pour 2012 sont destinés à la Somalie, reflétant la situation désastreuse dans ce pays. Approximativement 33 pour cent du total des fonds requis sont prévus pour venir en aide à quatre pays de la Corne de l'Afrique qui subissent les effets combinés de la sécheresse, de la hausse des prix alimentaires et d'importants mouvements de populations : Djibouti, Éthiopie, Kenya et Somalie; 48 pour cent des fonds assignés à ces quatre pays vont au soutien nutritionnel.24 En deuxième position vient la demande de financement de l'aide humanitaire en République démocratique du Congo,  qui représente 11 pour cent du total demandé. Puis viennent la République du Soudan et le Pakistan qui demandent respectivement 8 et 7 pour cent du total.

Par région, les plus importantes augmentations de financement (ainsi que les montants les plus élevés) seront attribuées focalisation programmatique à la région Afrique de l'Est et Afrique australe -en raison de la crise dans la Corne de l'Afrique. On demande également davantage de fonds pour la région Afrique de l'Ouest et  Afrique centrale, principalement en raison de besoins accrus en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo et au Libéria. Les fonds requis pour l'Asie du Sud ainsi que pour l'Amérique latine et les Caraïbes ont baissé, surtout en raison de la diminution des besoins de financement du Pakistan et d'Haïti.

La capacité de l'UNICEF d'apporter une aide humanitaire dépend entièrement du financement que l'organisation obtient auprès de ses donateurs. L'UNICEF exprime sa gratitude pour l'aide importante que lui ont apportée en 2011 ses donateurs et invite ceux qui soutiennent l'organisation à renouveler ou à augmenter leurs engagements pour lui permettre de répondre au cours de l'année 2012 aux besoins humanitaires des enfants et des femmes en situation d'urgence.

1 Les Bureaux régionaux fournissent un soutien technique et gèrent également les fonds pour  les besoins humanitaires résiduels, saisonniers ou maîtrisés dans 22 pays. 
2 Bureau pour la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) Emergency Humanitarian Action Plan: Côte d'Ivoire and neighbouring countries - Revision, 08 April 2011, OCHA, New York et Genève, 8 avril 2011, pp. 1-2, http://ochaonline.un.org/humanitarianappeal/webpage.asp?Page=1948, consulté le 5 décembre 2011.
3 Bureau pour la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), Weekly Humanitarian Bulletin: 21-27 October 2011, OCHA Soudan, 2011, p. 3
4 Fonds des Nations Unies pour l'enfance, UNICEF and partners race to prevent a second wave of death in the Horn of Africa, communiqué de presse, UNICEF, Nairobi et Genève, 28 octobre 2011, www.unicef.org/media/media_60288.html, consulté le 5 décembre 2011.
5 Bureau régional de l'UNICEF pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe, Response to the Horn of Africa Emergency: A crisis affecting life, livelihoods and ways of life - Regional three-month progress report, UNICEF, octobre 2011, p. 4, www.unicef.org/esaro/HOA_3_month_2011_Report__Final.pdf, consulté le 6 décembre 2011.
6 Nations Unies, Multi-sector Needs Assessment 2011-Pakistan, présentation, ONU, 30 novembre 2011, p. 10, http://pakresponse.info/LinkClick.aspx?fileticket=CraH1C3PyWQ%3d&tabid=41&mid=597, consulté le 6 décembre 2011.
7 Ibid., p. 4.
8 Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), Global Appeal 2012-2013, UNHCR, Genève, 1er décembre 2011, p. 132, http://www.unhcr.org/4ec23100b.html, consulté le 6 décembre 2011.
9 Fonds des Nations Unies pour l'enfance, Global Investment Case on Silent Emergencies, UNICEF, Genève, 30 juin 2011, p. 2.
10 Ibid.
11Les exemples présentés dans ce rapport  sont fondés sur des informations fournies par les bureaux de pays et les bureaux régionaux de l'UNICEF et ne sont pas de nature exhaustive.
12 Response to the Horn of Africa Emergency, p. 5.
13 Ibid.
14 Bureau pour la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, Mouvements de populations avril-juin 2011, OCHA, Kinshasa, juillet 2011, p. 1.
15 Schmitt, Céline, « Des victimes congolaises de la violence sexuelle appellent la communauté internationale à l'aide », articles d'actualité, 16 mars 2011, http://rdc-humanitaire.net/attachments/article/744/HCR%20-%20Articles%20d'actualite%2016%20mars%202011%20-%20Des%20victimes%20congolaises%20de%20la%20violenc, Schmitt, Céline, « Des victimes congolaises de la violence sexuelle appellent la communauté internationale à l'aide », articles d'actualité, 16 mars 2011, www.washingtontimes.com/news/2011/jul/6/us-condemns-congo-sexual-violence-after-soldiers-r/, consulté le 6 décembre 2011 ; Médecins Sans Frontières, « Mass Rape Expands Range and Depth of Violence against Villagers in DRC, 4 juillet 2011 »www.msf.org/msf/articles/2011/07/mass-rape-expands-the-range-and-depth-of-violence-against-villagers-in-drc.cfm, consulté le 6 décembre 2011. 
16Fonds des Nations Unies pour l'enfance, Organisation mondiale de la Santé et Ministère de la santé publique de la République démocratique du  Congo, « Déclaration de l'épidémie de rougeole en RDC par le ministre de la Santé publique », communiqué de presse, Kinshasa, 2 avril 2011, www.who.int/hac/crises/cod/releases/rdc_communique_de_press_conjoint_2avril2011.pdf, consulté le 6 décembre 2011 ; Organisation mondiale de la Santé, « Situation de l'épidémie de choléra le long du fleuve Congo, en République démocratique du Congo (RDC), au 30 août 2011 », OMS, Kinshasa, 30 août 2011, www.who.int/hac/crises/cod/rdc_rapport_de_situation_30aout2011.pdf , consulté le 6 décembre 2011.
17 Les exemples présentés dans ce rapport  sont fondés sur des informations fournies par les bureaux de pays et les bureaux régionaux de l'UNICEF et ne sont pas de nature exhaustive.
18 Les autres appels de financement comprennent  les Documents sur les besoins immédiats et le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires dont les fonds sont obtenus par les pays concernés sans recours à des appels inter-institutions. Les six appels éclairs ont été lancés pour El Salvador, la Libye, la Namibie, le Nicaragua, le Pakistan (inondations) et le Sri Lanka.
19 Toutes les données de financement sont indicatives ; la liste complète des donateurs sera publiée en mars 2012 donnant leur classement complet par montant de contributions pour l'année 2011.  
20 Sur la base des informations fournies par les bureaux de pays de l'UNICEF dans les textes inclus dans le présent document. Ce chiffre comprend 50 millions d'enfants qui ont bénéficié d'une vaccination; il ne comprend pas d'autres bénéficiaires ayant reçu l'aide des bureaux régionaux.
21 Le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, le Congo, le Guatemala, le Kirghizistan, le Myanmar, le Népal, le Tadjikistan et l'Ouganda avaient des chapitres séparés dans 2011 Action humanitaire de l'UNICEF pour les enfants. En 2012, tous les fonds qui restent nécessaires pour permettre à ces pays de répondre à des situations d'urgence d'ampleur limitée et pour contribuer au renforcement de leurs capacités et à un relèvement rapide ont été intégrés dans les appels régionaux de 2012. Un chapitre séparé a été inclus pour le Libéria à la mi-2011. Cette année, Action humanitaire de l'UNICEF pour les enfants comprend des chapitres séparés pour le Soudan et le Soudan du Sud

22 Document sur les besoins de financement d'Action humanitaire de l'UNICEF pour les enfants daté du 12 décembre et sur la base des informations fournies par les bureaux de pays de l'UNICEF. Étant donné que les chiffres ont été arrondis, les totaux peuvent ne pas donner exactement 100 pour cent. 
23 Dans certains pays, la prévention et le traitement du VIH/SIDA sont intégrés dans d'autres secteurs de programmation 
24 Basé sur l'analyse des demandes de financement, par pays et par secteur, pour les pays mentionnés dans 2012 Action humanitaire de l'UNICEF pour les enfants.