clear1Action humanitaire pour les enfants 2012 UNICEF
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APPUI MONDIAL DE L'UNICEF

© UNICEF/NYHQ2010-1310/Ramoneda

À Port-au-Prince, Haïti, des filles affectées par le séisme fréquentent une école provisoire appuyée par l'UNICEF. La réponse de l'UNICEF à plus de 250 crises par an dépend entre autres d'une bonne coordination et du renfort des capacités d'intervention.

Le financement humanitaire en action

L'UNICEF intervient chaque année en moyenne dans 250 situations de crise humanitaire. Pour apporter en temps voulu un appui efficace et prévisible dans le respect des principaux engagements pour les enfants dans l'action humanitaire1, l'UNICEF soutient les bureaux de pays et bureaux régionaux  faisant face à des situations d'urgence en renforçant les grandes orientations, l'assistance technique et l'appui logistique afin que les collègues et partenaires oeuvrant sur le terrain puissent intensifier et améliorer l'assistance humanitaire bénéficiant à des millions d'enfants en situation de crise.

Des systèmes renforcés pour des interventions d'urgence efficaces

En mars 2011, l'UNICEF a adopté la Procédure d'activation d'urgence commune2, qui renforce ses interventions en situation d'urgence, en établissant une procédure précise à suivre en cas de situation d'urgence de grande envergure (de niveau 3). Dans les 24 heures suivant l'apparition d'une situation d'urgence de grande envergure, le Directeur général de l'UNICEF peut maintenant activer cette procédure, qui simplifie la structure hiérarchique à suivre pour apporter un appui et mener une intervention internationale et déclenche des procédures opérationnelles standardisées. La Procédure active également le déploiement d'une équipe d'intervention immédiate de l'UNICEF, composée d'experts de programmes et secteurs opérationnels clés, ainsi que de chefs d'équipe expérimentés qui ont suivi une formation commune et sont prêts à être déployés dans un délai de 48 heures;  hiérarchise les renforts de capacités à apporter; et veille à la mise en oeuvre des systèmes de suivi de l'action humanitaire. Le 21 juillet 2011, la Procédure d'activation  de niveau 3 a été déclenchée pour la première fois, dans le contexte de la sécheresse et de la crise nutritionnelle de la Corne de l'Afrique. Grâce à une structure hiérarchique clairement définie, le siège, les bureaux régionaux et bureaux de pays de l'UNICEF ont pu mobiliser rapidement du personnel et des ressources en vue de répondre aux besoins humanitaires à Djibouti, en Éthiopie, au Kenya et en Somalie.

Un déploiement rapide pour appuyer l'action humanitaire

En 2011, l'UNICEF a déployé plus de 400 membres de son personnel dans des situations d'urgence, notamment en Côte d'Ivoire, dans la Corne de l'Afrique et en Libye. Les membres de l'équipe d'intervention d'urgence de l'UNICEF, une équipe de professionnels gérée par le Bureau des programmes d'urgence et chargée d'apporter son appui aux situations d'urgence sur le terrain, a mené 14 missions d'action humanitaire. L'UNICEF a développé les projets visant à renforcer ses propres capacités techniques d'intervention, en apportant une assistance technique dans le domaine de la protection de l'enfance et de la lutte contre la violence sexiste en Côte d'Ivoire, au Tchad, dans la Corne de l'Afrique, au Pakistan, aux Philippines, en République du Sud-Soudan, en Thaïlande, en Tunisie et en Ouganda; dans le domaine de l'éducation en Afghanistan, au Libéria et dans le Territoire palestinien occupé; dans le domaine de la santé dans la Corne de l'Afrique; de la lutte contre le VIH/SIDA en Haïti; de la nutrition dans la Corne de l'Afrique et au Pakistan; et de l'eau et de l'assainissement dans la Corne de l'Afrique et aux Philippines. Le siège a apporté un appui dans les domaines de la réduction des risques de catastrophe, de la consolidation de la paix et de la sensibilisation aux conflits en Côte d'Ivoire, en Guinée, dans la Corne de l'Afrique, au Kazakhstan, au Kirghizistan, en Libye, au Mozambique, au Népal et en République du Sud-Soudan.

Fort de l'expérience acquise en 2010, l'UNICEF a amélioré ses interventions et considérablement réduit les délais de déploiement en rétablissant son Groupe des ressources humaines en situation d'urgence. Les procédures opérationnelles standardisées et simplifiées adoptées en 2010 pour la gestion des ressources humaines en situation d'urgence permettent d'accélérer les recrutements et déploiements. Ces améliorations ont déjà permis d'intervenir plus efficacement dans la Corne de l'Afrique car l'ensemble de l'organisation agit dans des délais serrés selon un ensemble de procédures préalablement fixées. L'UNICEF constitue actuellement un fichier de retraités pouvant intervenir en situation d'urgence, et des fichiers régionaux sont également mis en place. Il importe de noter que dans la Corne de l'Afrique, la plus grande partie des déploiements rapides ont été effectués depuis la région et gérés à l'échelle régionale, d'où une plus grande efficacité.

En 2011, l'UNICEF a également poursuivi sa collaboration avec des partenaires en attente. En tout, 130 membres du personnel en attente ont été déployés en appui de l'action humanitaire et chargés de missions allant de plusieurs semaines à six mois. Dans la seule Corne de l'Afrique, 35 partenaires en attente ont été déployés dans quatre bureaux (Djibouti, Éthiopie, Kenya et Somalie). Parmi les autres bureaux ayant bénéficié de l'appui de partenaires en attente figurent la Côte d'Ivoire, le Libéria, le Pakistan, le Soudan et le Yémen. Dans le prolongement d'une collaboration réussie dans le secteur de l'eau et de l'assainissement, l'UNICEF s'est associé avec le Conseil danois pour les réfugiés, le Conseil norvégien pour les réfugiés et Save the Children Suède pour constituer une équipe d'intervention rapide chargée d'appuyer la coordination des activités de protection de l'enfance au tout début d'une situation d'urgence.

Direction sectorielle

L'UNICEF est résolu à être un chef de file et partenaire stable et fiable de l'action humanitaire. Les postes de coordinateurs sectoriels à l'échelle mondiale de la protection de l'enfance, de l'éducation, de la nutrition et de l'eau et de l'assainissement seront désormais financés au moyen du budget ordinaire de l'UNICEF afin de rationaliser les coûts de coordination à l'échelle mondiale. Afin d'aider l'UNICEF à mieux gérer ses responsabilités en matière de coordination sectorielle mondiale3, ces fonctions seront regroupées et basées à Genève. Grâce à ce changement, l'organisation continuera à renforcer ses relations avec les partenaires du Comité permanent interorganisations (CPI) et à promouvoir une plus grande efficacité et intégration de la coordination mondiale des groupes sectoriels. Le personnel sera encadré par le Directeur adjoint du Bureau des opérations d'urgence, la structure hiérarchique étant ainsi clairement définie et l'équipe de direction accessible quand besoin est. La nouvelle équipe mondiale de coordination sectorielle dirigera les groupes sectoriels plus efficacement. Cela permettra, avec les efforts accrus déployés en vue de sensibiliser les dirigeants et membres du personnel des bureaux de pays, d'assurer une application systématique de l'approche sectorielle en situation d'urgence. L'appui aux projets intersectoriels apporté par l'intermédiaire du Comité permanent interorganisations sera également renforcé.

Outils et directives perfectionnés pour renforcer l'action humanitaire et les capacités d'adaptation

Cette année, des progrès ont été faits pour remédier aux insuffisances des outils et directives dont ont besoin les bureaux de pays pour appuyer les programmes et partenariats humanitaires. Des conseillers déployés en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, au Mozambique, dans le Territoire palestinien occupé et au Yémen ont aidé à renforcer les capacités techniques du personnel et des partenaires sectoriels dans le domaine des services en faveur de l'égalité des sexes. L'organisation a également mis au point un ensemble d'outils d'évaluation rapide pour la protection de l'enfance, un ensemble d'outils de soins alternatifs en situation d'urgence et des normes minimales de protection de l'enfance en situation d'urgence.

L'UNICEF continue de former et familiariser ses partenaires à ses programmes et services, en veillant à ce qu'il y ait davantage de capacités prêtes à être massivement déployées sur le terrain quand cela est nécessaire. En 2011, l'UNICEF a apporté son appui à des formations au siège portant sur les initiatives menées dans les domaines de la protection de l'enfance, de l'éducation, de la violence sexiste et de l'eau et l'assainissement. Une formation actualisée sur la préparation et les interventions en situation d'urgence, qui sera dispensée l'an prochain, prône l'intégration de l'action humanitaire avec les programmes ordinaires menés dans tous les secteurs.

En 2012, l'UNICEF accordera la priorité à l'identification des principales causes de privation, de vulnérabilité et de risques des enfants. Conformément au rapport de 2011 Action humanitaire de l'UNICEF pour les enfants : renforcer la résilience, l'UNICEF continue de renforcer l'appui apporté à ses programmes humanitaires afin qu'ils accroissent les capacités d'adaptation des communautés en situation de crise. Les directives de l'UNICEF ont été révisées de façon à ce que les risques auxquels font face les enfants soient pris en compte à tous les stades de la planification et que les programmes comprennent ainsi des mesures de réduction des risques de catastrophe et des interventions adaptées aux conflits dans les pays à haut risque, ainsi qu'aux premiers stades des secours. Plus de 70 bureaux de pays ont ainsi intégré à leurs programmes des mesures de réduction des risques de catastrophe. Formation et appui continueront d'être apportés dans ces domaines en 2012.

L'UNICEF a réaffirmé son objectif qui consistait à renforcer les capacités à l'échelle nationale, communautaire et des districts afin d'obtenir des résultats en faveur des enfants conformément aux principaux engagements pour les enfants dans l'action humanitaire. La formation technique visant à renforcer les capacités d'intervention humanitaire se poursuivra à l'UNICEF et auprès des partenaires sur le terrain, ainsi que des partenaires en attente. Reconnaissant le rôle vital que joue le personnel de santé local à tous les stades de la gestion des situations de crise, l'UNICEF continuera en 2012 à apporter son appui aux gouvernements et autres partenaires s'efforçant de renforcer les systèmes de santé et de fournir des ressources permettant de réduire les risques sanitaires et de gérer les situations d'urgence. Le siège a également apporté un appui direct aux missions en matière de planification du renforcement de capacités. Depuis 2010, cinq pays ont bénéficié d'un appui, dans les domaines de l'approvisionnement et de la logistique (Ouganda), de l'éducation à l'adaptation aux situations d'urgence (Burundi et République du Sud-Soudan), de la protection de l'enfance (Liban) et de l'eau (Kenya). L'UNICEF continuera également à diriger une initiative interinstitutions visant à promouvoir le renforcement cohérent et concerté des capacités d'acteurs nationaux et locaux.

L'UNICEF a révisé les politiques en matière de sécurité afin d'améliorer l'acheminement d'aide humanitaire aux femmes et enfants dans des contextes d'instabilité. En 2012, une nouvelle méthodologie adoptée dans l'ensemble du système des Nations Unies sera utilisée dans 12 bureaux de pays en vue d'évaluer la nécessité d'apporter une aide par rapport aux risques acceptables pesant sur le personnel en matière de sécurité, un degré de risque plus élevé étant autorisé quand la vie d'un grand nombre d'enfants et de femmes est en danger. Cela améliorera considérablement l'action que mène l'UNICEF en direction des femmes et des enfants dans les zones à haut risque. En 2011, le siège de l'UNICEF a apporté un appui technique à des programmes menés en  Afghanistan, au Kenya et au Pakistan. L'appui de la communauté internationale aux bureaux de pays opérant dans des contextes dangereux devrait s'accroître en 2012. L'UNICEF mettra à la disposition des bureaux de pays des exercices visant à concilier les risques en matière de sécurité et le degré de nécessité des programmes et créera un outil en ligne afin que ces exercices se poursuivent à l'avenir avec peu ou pas d'appui externe.

Pour renforcer encore plus la capacité des bureaux de pays de l'UNICEF à mener à bien des programmes dans des situations complexes, le siège continuera à fournir un appui sur demande dans les domaines du droit international humanitaire et de la coopération avec des entités non étatiques. Les innovations et l'expérience acquise dans le cadre de programmes menés dans des régions éloignées seront consignées par écrit pour que les pays et autres acteurs intervenant sur le terrain puissent en bénéficier. L'apport d'assistance sous forme de dons d'argent se développe à l'UNICEF et donne lieu à de nouvelles façons d'améliorer la situation des femmes et des enfants sur le plan humanitaire. Par exemple, en Somalie, en 2011, environ 13 000 foyers ont reçu des sommes d'argent ou des bons alimentaires et il est prévu en 2012 d'en distribuer à 50 000 foyers vulnérables pour qu'ils se procurent des produits ou services de première nécessité, comme des vivres, de l'eau et des soins de santé.

Suivi des performances

La mise en oeuvre de la version révisée des principaux engagements pour les enfants dans l'action humanitaire se poursuit. L'UNICEF renforce à cette fin le suivi des performances axé sur les résultats, conformément au cadre des principaux engagements. Un système de suivi des performances humanitaires a été mis au point pour aider les bureaux de pays à suivre les performances par rapport aux objectifs définis conformément aux principaux engagements. Ce système vise à renforcer les données sur les performances, afin de permettre aux bureaux de pays de mieux gérer les interventions de l'UNICEF et de contribuer à la gestion des groupes sectoriels et des performances des équipes de pays humanitaires. Il donne des indications concrètes sur les performances, qui permettent de rendre compte de l'action menée par l'organisation et de répondre aux besoins externes en matière d'information. Les informations ainsi collectées seront prises en compte dans les processus d'évaluation et de gestion des connaissances afin de tirer les enseignements de l'expérience acquise et d'améliorer les résultats obtenus sur le terrain. Ce système permet également de suivre le degré de préparation aux situations d'urgence par l'intermédiaire du système Alerte rapide, action rapide. Il est ressorti d'une évaluation de ce système menée en octobre 2011 que le degré de préparation aux situations d'urgence était élevé dans 58 pour cent des bureaux de pays de l'UNICEF, moyen dans 17 pour cent des bureaux et faible dans les 25 pour cent restants.

Le suivi des performances qui permet de mesurer les résultats de l'UNICEF par rapport aux critères des principaux engagements sera effectué dans toutes les nouvelles situations d'urgence ainsi que dans les situations de crise humanitaire de longue durée les plus graves. Le suivi des performances en matière de préparation continuera à porter sur l'ensemble des bureaux de pays de l'UNICEF, une importance accrue étant accordée à la qualité de la collaboration avec les bureaux régionaux. À cette fin, de simples solutions technologiques sont en cours d'élaboration pour améliorer l'accessibilité des données et leur transfert sur le terrain et parvenir à une meilleure intégration avec les indicateurs internes de gestion des performances, y compris les composantes des rapports de situation obtenues par voie électronique.

Besoins de financement

Pour répondre efficacement et de manière intégrée aux situations actuelles de crise humanitaire de par le monde, l'UNICEF a besoin pour 2012 de 41,1 millions de dollars des États-Unis. Sur ce montant, l'UNICEF cherche à obtenir 21,9 millions de dollars, qui viendront compléter les 19,2 millions4 provenant du budget ordinaire de l'UNICEF et de contributions généreuses de donateurs déjà affectés à cette fin.

L'UNICEF continuera à renforcer sa capacité à répondre rapidement et efficacement à des situations d'urgence humanitaire de grande envergure, à veiller à la mise en oeuvre d'approches stratégiques, à coopérer avec les gouvernements, à apporter un appui technique et à renforcer une action humanitaire prévisible et efficace par l'intermédiaire des groupes sectoriels.

Pour s'acquitter des responsabilités qui lui incombent à l'égard des enfants et des familles en situation de crise et apporter un appui durable aux bureaux régionaux et bureaux de pays de par le monde, l'UNICEF cherche à obtenir des financements sûrs et prévisibles qui lui permettront de mener l'action présentée ici.

1 Fonds des Nations Unies pour l'enfance, Principaux engagements pour les enfants dans l'action humanitaire, UNICEF, New York, mai 2010.
2 Procédure d'activation d'urgence commune de l'UNICEF, CF/EXD/2011-001, 21 mars 2011. Cette procédure classe les interventions humanitaires de l'UNICEF en trois grandes catégories :
niveau 1 : un bureau de pays peut intervenir avec ses propres personnel, fonds, fournitures et ressources;
niveau 2 : un bureau de pays reçoit un soutien extérieur du siège, du bureau régional ou d'un autre bureau de pays; et
niveau 3 : une mobilisation institutionnelle est nécessaire. Le niveau 3 est défini en fonction de cinq critères : ampleur, urgence, complexité, capacité et risque sur le plan de la réputation.
3 L'UNICEF assume actuellement la direction mondiale du groupe de l'eau et de l'assainissement et de la nutrition, ainsi que du domaine de responsabilité de la protection de l'enfance (qui dépend du groupe mondial de la protection), la codirection du groupe éducation avec l'Alliance Internationale Save the Children Alliance, ainsi que la codirection du domaine de responsabilité de la violence sexiste (qui dépend du groupe mondial de la protection) avec le Fonds des Nations Unies pour la population. L'UNICEF contribue également au financement de la coprésidence au sein du Groupe de référence du CPI chargé de la santé mentale et du soutien psychosocial dans les situations d'urgence.  
4 Ce montant de 19,2 millions de dollars ne comprend ni une annonce de contribution du Gouvernement du Royaume-Uni pour 2012 (d'un montant de 4 millions de livres sterling) ni une contribution de la Norvège (de 15 millions de couronnes norvégiennes) reçue en décembre 2011.